J’ai écrit cet album illustré « Ça pousse où le jambon ? » sur la base de mes causettes avec mes mômes.
Il a été dessinée par mon copain David Engelibert alias GRA, préfacé par Guilllaume Meurice et édité par une petite maison d’édition chouette et vénère, Les 3 canards.
Et il est trop beau !
Il est vendu 10 balles. Je ne toucherai pas de droits d’auteur dessus, et je verserai la marge à une cause animaliste.
Le PDF du livre est disponible gratuitement, parce que voilà.
J’en aurai un dépôt chez moi à Grenoble, mais si jamais, pour soutenir l’édition, les commandes sont ouvertes ici : https://lestroiscanards.ouvaton.org/ca-pousse-ou-le-jambon/
Ci-dessous, 5 bonnes raisons de commander, en dessin.




Allez, je commande, bien que je soupçonne que si c’est ça le jambon, ce sera sans moi !
Salut,
Où se trouve le pdf stp ?
Merci beaucoup,
Sylvain
Bonjour, je ne vois que maintenant vos messages. Mais le pdf est là où c’est indiqué
https://www.monvoisin.xyz/album-illustre-pour-enfants-ca-pousse-ou-le-jambon/
A vous
Bonjour,
Où puis-je trouver le pdf mentionné ?
Et le lien vers la boutique ne fonctionne pas.
Bonne journée
Merci pour ce superbe partage et cette création si généreuse ! Mille voeux de bonnes vibes et d’amour pour 2026.
de rien ! Ca fait plaisir, merci
Merci d’avoir mis ce document en diffusion libre.
Une question me vient après l’avoir lu. Je suis enseignant en élémentaire, j’ai une fille de 8 ans. Son beau père est végétarien. Deux de mes collègues en élémentaires sont végétariennes, pour raisons politiques. De mon côté je ne le suis pas, pour des raisons également politiques (étant engagé dans l’antifascisme, l’antispécisme est une valeur que je partage et discute très régulièrement auprès de camarades vegan, sans en partager la demande de l’arrêt de consommation carnée, et sans aucune hypocrisie de goût).
Concrètement, les 3 végétariens ont adoré le livre, les enfants aussi.
Moi pas. Je ne refais pas ici le débat sans fin du pour ou contre l’élevage paysan. Ce qui me questionne est la teneur : je le trouve complètement manipulateur pour les enfants, et avec un biais de confirmation énorme pour les adultes. Les végé sont heureux de découvrir un livre jeunesse qui défend le végétarisme. Biais de confirmation. Pourtant le livre n’apporte pas grand chose : on y découvre les questionnements d’un enfant étonnement malin, ou bien déjà formé au questionnement par quelqu’un d’autre. On y découvre également les réponses volontairements idiotes d’un adulte qui s’enfonce tout seul. Soit, c’est possible, mais il y a 1000 autres façons d’orienter un enfant vers une direction carne avec des réponses moins idiotes. Et surtout 1000 autres façons d’orienter la pensée des enfants de façon moins criante, ou de ne pas l’orienter du tout (cf « le jour où les ogres ont cessé de manger les enfants »)
Cette manipulation, quand bien même elle serait liée à un sujet de progrès social, me semble dangereuse d’une part dans sa verticalité de pensée (on apprend pas à penser, on pense pour), et d’autre part dans le fait que d’autres points de vue progressistes et même antispécistes existes. A commencer par ne pas hierarchiser la protection des espèces selon le seul critère humano-centré de la sensibilité. J’en ai été étonné de la part d’un zététicien chevronné !
Bonjour Sylvain, je suis navré je suis en transit je ne peux pas répondre maintenant. Mais votre lecture est intéressante, je publie votre com, et (si je n’oublie pas) je reviens argumenter – car je vais argumenter, en tout cas essayer. Ce sera semaine prochaine. Sonnez-moi les cloches si ça n’arrive pas
Amicalement
Ca marche, merci 🙂
Je me rends compte à la relecture que je n’ai pas mis de formes à mon commentaire, ce qui donne un ton aggressif que je n’ai pas voulu lui donner, et que certains mots sont un peu forts de café (le livre ne me paraît bien sur pas dangereux en lui même, je questionne le procédé 😉 )
J’ajoute pour édulcorer encore que j’ai beaucoup appris en vous lisant et en vous écoutant 🙂
Salut Sylvain,
Ici GRA, le dessinateur du bouquin ! Merci pour ta critique, on en reçoit peu, certainement parce que les gens qui en ont préfèrent ne pas me les donner. Mais comment réfléchir sans critiques ?
Voilà à quoi j’ai pensé en te lisant :
- C’est quoi tes raisons politiques de manger des animaux ?
– Le biais de confirmation, carrément d’accord, mais comment l’éviter ? Quel que soit le livre qu’on édite, il y aura toujours un groupe de gens contents de le trouver en rayon, non ?
– « l’enfant formé au questionnement par quelqu’un d’autre » : c’est le principe de l’éducation, non ?
– Ta phrase à la fin ma questionne un peu, puisque tu parles d’antispécisme, sauf que ce courant de pensée ne parle jamais de « protéger les espèces », ni de les hiérarchiser, ni de sensibilité (le critère de sentience paraît plus pertinent).
– Quant au caractère manipulateur, je veux bien que tu étayes. Je pense être d’accord sur le fait que la mise en scène manipule, puisque le point de vue antispé se révèle plus malin que le point de vue spéciste. Mais je me questionne sur le déséquilibre du débat : dans un monde où l’opinion antispé est très minoritaire, et quasi-absente du débat public, ça ne me dérange pas que les défenseurs de l’antispécisme manquent parfois de nuance, affirment leurs opinions, prétendent avoir raison. Le reste du monde majoritaire se chargera bien vite de donner la contradiction, de faire réfléchir dans l’autre sens. Même chez nos camarades les plus proches dans le spectre politique : beaucoup d’anars et d’écolos radicaux défendent le fait de tuer des animaux pour les manger.
Donc ça m’intéresse que tu développes sur la manipulation.
Réponds si tu as le temps hein, c’est surtout Richard et moi que ça intéresse !
Merci Gra ! Je glisse aussi cet argument que la manipulation n’apparait que si on trompe le lectorat sur le but. Ici à la rigueur on peut parler d’influence, et encore, puisque pour l’instant, la philosphie morale antispé me semble être concrètement la plus solide.
Merci de vos réponses 🙂
Alors concernant la manipulation, j’utilise ce mot uniquement parce-que le livre paraît s’adresser à des enfants, et parce-qu’il vient de Richard que j’ai pas mal suivi autour de la question de l’éducation à la pensée critique ! Et que j’ai pu observer l’impact qu’il a sur les enfants. Du moins sur une classe de CM2. Evidemment, ils s’identifient à l’enfant. Evidemment, ils partagent le raisonnement : tuer, c’est mal, faire souffrir, c’est mal. Donc manger de la viande, c’est mal. Je ne sais pas où Guillaume Meurice a été chercher la mauvaise foi du lecteur qui s’attache à son entrecote. Mauvaise foi ou pas, je me contrefiche de mon entrecote, et je ne suis pourtant pas d’accord. D’ailleurs, j’ai la vague impression que la BD jeunesse qu’il publie actuellement, dont je partage pourtant plus le contenu (surpêche et destruction de l’océan), suit le même procédé. On sert la patée dans la bouche de nos bambins en espérant qu’ils deviennent des citoyens sains. Pourquoi pas, mais je ne suis pas certain que ça fonctionne vraiment, d’une part, et d’autre part ça manque cruellement de complexité et de poésie, et même d’abstrait, essentiels selon moi à l’éveil de la pensée. Mettre ces livres dans les mains d’enfants, c’est plus que de l’influence. J’ai cité dans mon premier message un conte poétique influençant subtilement et ouvrant une réflexion avec les enfants : « le jour où les ogres ont cessé de manger les enfants ». On lit, on voit ce qu’on a compris, on échange, on questionne. Dans votre livre il n’y a pas grand chose à comprendre, tout est simplifié et prépensé. Je n’ai pas dit aux enfants que je n’étais pas d’accord. Car ce n’est pas mon rôle, mais du coup il n’y a pas matière à en tirer réflexion. Peut-être que pour vous l’évidence est telle que les vieux sont réac dans leur non antispécisme, comme moi, et que les jeunes à venir seront différents.
Personnellement je n’arrive pas à voir cette évidence. Je me dis depuis longtemps, en discutant avec les camarades vegan, que je me dirai peut-être plus tard que je m’étais trompé. Pourtant je n’arrive pas à voir. Je n’arrive pas à considérer que notre antispécisme nous pousse à vouloir nous sortir de la chaîne de la mort animale comme si nous étions une espèce supérieure. Je n’arrive pas à comprendre qu’on favorise l’existence de courants de pensée incapables de séparer l’élevage paysan de l’industrie capitaliste. Je n’arrive pas à accepter que l’industrie du végé, sans doute bien plus délétère en termes de destructions des environnements et de la faune sauvage que l’élevage paysan, fabrique de l’ersatz de viande à tout va, je n’arrive pas à comprendre la hierarchisation des espèces dans laquelle il sera toujours donné plus de poids à celle qui nous ressemble le plus ou qu’on rapproche par la science à nos critères humains d’observation. Que si une vie vaut vraiment une vie, je considère presque comme religieux, comme fantasme de s’affranchir de la mort et de la souffrance d’autrui pour vivre. J’ai vécu avec des copaines vegan, sur la zad de nddl notamment. J’y ai appris beaucoup à leurs côtés (à cuisiner par exemple). J’y ai aussi vu des personnes qui réflechissent à la fabrication concrète de l’utopie antispéciste sans passer par le capitalisme. Mais qui sont si minoritaires face au rouleau compresseur de la bien pensance végétarienne alimentée par le capitalisme et la fabrication de l’empathie tweet des asso animalistes qui préfère s’attaquer aux éleveurs plutôt qu’à l’industrie ! J’y aussi constaté que même dans un potager sans travail du sol, on tue pour faire pousser ses légumineuses. Certes, la mort est indirecte. Serions nous hypocrites à ce point ? Je suis perdu car les animaux sont une minorité opprimée qui ne peut s’exprimer en tant que telle. Qui s’exprime à sa façon, et avec notre interprétation humaine biaisante. Mais en réponses aux théories de la bd, je dirais que penser l’anthropophagie me choque moins que d’avoir vu des asso antispécistes faire la leçon à des éleveurs maliens, en des endroits où le pastoralisme est vital pour des peuples entiers. Et que je ne peux m’empêcher d’y voir une supériorité bourgeoise de classe.
Je n’ai pas de raison politique de manger des animaux, j’ai des raisons politiques d’empêcher l’industrie du végétarisme de prospérer, au profit de l’élevage paysan. Et compte tenu de ce que j’ai écrit ci-avant, je ne trouve pas de raisons politiques de ne pas en manger. Et ce n’est pas faute d’essayer ! Mais comme Richard l’a dit chez nova, on change parfois d’avis (j’ai pas trop capté non plus, d’ailleurs 🙂 ).
Enfin bon, j’avais dit que je ne voulais pas refaire le débat sans fin antispécisme vs élevage paysan et je l’ai rouvert une 25 millième fois. Ce qui m’importais surtout ici était le public de destination, jeunesse. Je vois énormément de livres qui les influence indirectement, sur les représentations sexistes du monde par exemple, mais pas tant que ça de livres aussi directs. Sauf chez nous les dits woke ; on en produit de plus en plus, sur l’écologie notamment, et ça me questionne sur leur apprentissage de la pensée autonome.
C’est désordonné, mais je ne suis pas un grand penseur 🙂 Et c’est à des gens comme vous que j’en dois le peu que j’ai !
merci ! Il y a trop de choses, je ne pourrai pas me pencher sur chaque point, mais oui, 3 X oui, la lutte conre l’industrie agroalim est prioritaire pour moi – et je n’irai emmerder les eleveurs/ses paysans que lorsqu’on aura coulé Nestlé et Unilever. Que la BD soit trop guidante, oui, c’est possible – l’objectif était de fournir des arguments à fourbir ensuite chez les gens chez qui tout ceci ne pose pas de questions. Il ne s’agit pas d’autre chose, et j’espère que d’autres ouvrages plus fins verront le jour. Et si l’industrie du végé pose des problèmes, elle en pose infiniment moins que l’industrie de la viande, donc ce nest pas un dilemme. Des raisons politiques de ne pas manger de viande ? ca ne manque pas (et ça ne m’arrange pas, moi qui aime le goût de la viande) : toutes les philosophies morales, conséquentialistes, arétistes, ou déontologistes convergent sur ce point, et c’est pas faute d’avoir cherché des failles. Une souffrance inutile et injustifiée, pour ma part, me suffit – sauf dans mes moments de faiblesse, ça m’arrive, je ne suis même pas vegan.
(Anecdote, l’éleveuse qui était mon invitée à la dernière était ma compagne pendant 15 ans, et la mère de mes enfants.)
je vous remercie pour cette causette !
Merci pour l’ouverture, je vais continuer à me creuser 🙂
Je viens de voir passer « en finir avec les idées reçues sur l’antispécisme » à la librairie, je vais y aller voir de plus près !
très bon choix. J’ai lu ce livre de Victor – et si vous voulez le joindre sur une question, c’est très faisable, il est adorable !