C’est sou­vent le pro­blème avec les pod­casts sur l’é­trange et le para­nor­mal : c’est par­fois bien, par­fois com­plè­te­ment naze, et sou­vent ambi­gu.

J’ai déjà par­lé de « l’u­ni­vers para­nor­mal », du qué­be­cois Chris­tian Page, que j’é­coute régu­liè­re­ment, et c’est sou­vent assez bien fait. Mais j’ai eu une belle décep­tion ce matin.
L’é­pi­sode du 20 mai 2026 por­tait sur des pluies de cailloux inex­pli­quées sur les patient·es d’une cli­nique ortho­pé­dique d’Ar­ca­chon appar­te­nant au doc­teur Alain Cue­not, de mai à .

Que l’en­voyé de l’ins­ti­tut méta­psy­chique inter­na­tio­nal, le doc­teur Robert Toc­quet, valide l’hy­po­thèse d’un « pol­ter­geist » en lien avec l’es­prit déran­gé d’une patiente (tou­jours les filles :-() n’est pas éton­nant, c’est son job (mais je n’ai

Robert Toc­quet

pas retrou­vé son rap­port – est ce dans son livre « Médiums et fan­tômes » de 1970, que je n’ai pas ? J’ai éplu­ché trois autres livres de lui sans suc­cès). Sa conclu­sion valide l’hy­po­thèse, bien que les phé­no­mènes eurent ces­sé dès que la jeune fille en ques­tion fut trans­fé­rée dans une autre cli­nique. Ce qui me gène, c’est que C. Page fait une sorte d’ef­fet bof, s’as­seyant sur le prin­cipe de par­ci­mo­nie des hypo­thèses, en lais­sant en sus­pend toute conclu­sion, comme le fond les émis­sions grand public qui ne sou­haitent pas tuer la poule aux d’or que repré­sente l’at­trait pour le para­nor­mal.

Puis il ouvre d’autres dos­siers, sans réel­le­ment les trai­ter, comme l’af­faire du « pol­ter­geist » d’Arc-Wat­tri­pont, en Bel­gique en 1993, ou encore une autre affaire de ran­don­neurs qui auraient été « inex­pli­ca­ble­ment » lapi­dés dans un bois en 1843 vers Gre­noble ! J’i­ma­gine qu’il veut par­ler de l’af­faire de « pierres volantes » dans l’Oi­sans, à Livet-et-Gavet, au hameau de Cla­vaux, affaire rela­tée par Le Jour­nal de l’Ain, le 11 jan­vier 1843 (un cer­tain Lio­nel, de l’as­so­cia­tion Frey­ne­tique en a fait une ana­lyse ici en 2013 et 4 ans plus tard). À titre d’a­nec­dote, il y a eu éga­le­ment l’af­faire du « Bel­phé­gore » de Gre­noble, où des clous cava­liers plurent pen­dant plu­sieurs jours au 1 place Sainte-Claire, près de chez moi, en 1965. Il ne fau­dra pas long­temps pour que des gar­ne­ments se fassent épin­gler – l’un d’eux, Joël Maten­cio, devien­dra ensuite tris­te­ment célèbre pour une série de meurtres com­mis sous le nom de « groupe 666 » (on peut écou­ter à ce sujet le court épi­sode du 13 mai 2025 de Crimes et mys­tères en Dau­phi­né).

Puis Chris­tian Page enchaîne avec l’af­faire Eleo­no­ra Zugun, cette jeune fille rou­maine qui offrait la par­ti­cu­la­ri­té de se cou­vrir de marques « inex­pli­cables » prê­tées au diable, et… c’est la même soupe. Je ne m’ar­rête pas sur le fait qu’il pro­nonce mal le nom de la fille, mais sur le fait que j’ai fait bos­ser pas moins de 8 groupes d’étudiant·es sur le sujet ! Tout est ici : https://www.monvoisin.xyz/precaution-testamentaire-tous-les-dossiers-etudiants/, mot de passe Z. Et outre l’hypothèse du diable et celle du pol­ter­geist, il y a au moins deux pistes pos­sibles : des mala­dies spé­ci­fiques du col­la­gène de la peau, type Ehler-Dan­los, et le syn­drome d’hypercorticisme de Cushing. Ce n’é­tait pas dur à trou­ver, j’ai fait un appel sur le sujet en 2022 (ici) et on tombe des­sus faci­le­ment en cher­chant sur un moteur.

Ce n’est pas parce qu’on parle de choses mys­té­rieuses qu’il faut les trai­ter par des­sus la jambe !

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