Edward Nor­ton, dans Ame­ri­can His­to­ry X, de Tony Kaye (1998)

En sep­tembre der­nier, sur Twit­ter, un type che­ve­lu, tatoué, gui­ta­riste et m’écrit pour me dire qu’il compte reprendre des études en lien avec la pen­sée cri­tique.

De fil en aiguille, on en vient à cau­ser de NSBM, le Natio­nal-Socia­list Black Metal, musique metal nazi. Et Tho­mas – c’est son nom – me glisse : « j’ai encore des disques de NSBM, tirés de mon pas­sé, je veux m’en débar­ras­ser ». Moi, ni une ni deux, je lui réponds « envoie ! » Et me voi­ci en train d’écrire ces lignes avec en fond musi­cal les CD de Peste noire (sic), un autre de Baise ma hache (tout un pro­gramme), et puis ceux des polo­nais Mgła, des Nor­vé­giens Taake, pour finir sur un concert du groupe belge Ancient Rites. Autant dire que c’est… sai­sis­sant. Même mes gen­cives ont sai­gné.
Alors je com­prends que Tho­mas est reve­nu des limbes à coups de head-ban­ging. Je lui ai deman­dé à Tho­mas s’il était prêt à racon­ter l’histoire de sa décon­ver­sion. Là où d’habitude les gens, en mûris­sant, passent de gauche à droite, de pro­gres­siste à conser­va­teur, du Solex® à la Rolex®, lui a fait le che­min inverse, comme Vic­tor Hugo, d’ailleurs, comme Clé­ment, du col­lec­tif L’extracteur, et dans une moindre mesure comme moi, qui suis né dans un milieu pour le moins gaul­liste et mili­ta­riste.

C’est cette his­toire qui est nar­rée ci-des­sous, par Tho­mas lui-même. Je suis très tou­ché, en la lisant et la reli­sant.

NdRi­chard : metal, ça s’é­crit sans accent, je viens de l’ap­prendre.
NB : en vert, des ajouts et modi­fi­ca­tions qui ont sui­vi l’a­bon­dant cour­rier reçu.

Contexte

Ori­gi­naire d’un petit vil­lage dans l’Est de la France, j’ai vécu les treize pre­mières années de ma vie dans un vil­lage enga­gé poli­ti­que­ment à droite et/ou extrême-droite.

Cepen­dant, dans la sphère fami­liale dans laquelle j’étais, le dis­cours de mes parents était plu­tôt de gauche. À la mai­son, on disait clai­re­ment que le racisme ce n’était pas bien. Pour­tant, on rigo­lait de blagues racistes, homo­phobes, etc. Je ne sais pas si je peux dire que mes parents étaient plu­tôt des anti­ra­cistes « pas­sifs ».

Affiche du film Lords Of Chaos de Jonas Aker­lund, 2018. Adap­ta­tion du livre qui retrace la vie du Black Metal Nor­vé­gien.

À l’âge de 13 ans, j’ai démé­na­gé chez mes grands-parents. Encore une fois dans un petit vil­lage de l’Est de la France mais avec une orien­ta­tion poli­tique plu­tôt à gauche (Une grand-mère enga­gée Lutte Ouvrière sou­vent en manif et un grand-père droi­tard pas­sif, lui il vou­lait être tran­quille devant les matchs de ten­nis).

Il me parais­sait néces­saire de situer le contexte poli­tique dans lequel j’ai gran­di avant de retra­cer chro­no­lo­gi­que­ment mon par­cours.

Je vais essayer d’expliquer la façon dont je me suis lais­sé hap­per par des idéo­lo­gies d’extrême-droite dès l’âge de dix ans sous les yeux de ma famille. Cette façon de pen­ser, je l’ai construite en grande par­tie à cause de la musique que j’écoutais et que j’écoute tou­jours : le Black Metal, et plus par­ti­cu­liè­re­ment la branche Natio­nal Socia­list Black Metal (NSBM) et toutes les formes de sym­pa­thie à l’égard de toutes les formes d’extrême-droite [1].

Je conçois par­fai­te­ment que beau­coup de per­sonnes attendent de la nuance pour clas­ser cer­tains groupes. J’ai tou­jours défi­ni le NSBM de la façon sui­vante :

[Le Natio­nal Socia­list Black Metal (abré­gé NS Black Metal ou NSBM) qui se tra­duit par « black metal natio­nal-socia­liste » est une éti­quette don­née à cer­tains groupes de black metal fai­sant réfé­rence (expli­ci­te­ment ou non) au natio­nal-socia­lisme alle­mand, ou à des thèmes for­te­ment liés comme le fas­cisme, le racisme, l’an­ti­sé­mi­tisme, l’a­rya­nisme, le supré­ma­cisme blanc, le mys­ti­cisme nazi et plus lar­ge­ment le paga­nisme ou le natio­na­lisme.]

Je tiens éga­le­ment à pré­ci­ser que je ne suis pas très à l’aise avec l’idée de nuan­cer par peur de rendre plus ou moins tolé­rables des com­por­te­ments et pro­pos nau­séa­bonds.

Aujourd’hui, j’ai 27 ans et mes opi­nions ont radi­ca­le­ment chan­gé. C’était loin d’être gagné…

Pour illus­trer mes pro­pos, j’utiliserai le terme « nous » pour dési­gner mon groupe d’ami·es de l’époque composé·e d’une petite dizaine de per­sonnes.

Il est impor­tant de pré­ci­ser que nous n’avions pas d’ami·e non-blanc·he et qu’au début, la ques­tion du racisme (et de l’antiracisme) ne se posait pas pour nous. Les parents de certain·es étaient plu­tôt décom­plexés face au racisme (por­trait de Jean-Marie Le Pen au mur de la chambre ou pro­pos racistes en public sans réponse en face par exemple).

Dans le vil­lage où l’on habi­tait, un camp de Roms était ins­tal­lé et au moindre pro­blème, ils étaient accu­sés sans preuve par la plu­part des habitant·es…

L’arrivée du NSBM

Vers l’âge de dix ans, donc, on s’est mis à écou­ter de la musique avec inté­rêt et plus par­ti­cu­liè­re­ment du Metal. Ça allait des clas­siques de nos parents jusqu’aux disques de nos grands frères et grandes sœurs : de AC/DC à Ramm­stein en pas­sant par Korn et Iron Mai­den.

On est en 2003 et Inter­net arrive dans notre petit vil­lage.

Photo du groupe finlandais Satanic Warmaster

Pho­to du groupe fin­lan­dais Sata­nic War­mas­ter.On aura vu plus sub­til, non ?

C’est le tout début ; modem 56k, plu­sieurs heures pour télé­char­ger une musique… Aucun des parents n’était sen­si­bi­li­sé et n’avait mesu­ré la por­tée que pou­vait avoir cet outil. En moins d’un ou deux ans, on s’est tou·tes plus ou moins radicalisé·es sans se poser de ques­tions et sans que per­sonne de notre entou­rage ne s’en rende compte.

C’est en quelque sorte pour nous éman­ci­per de nos proches qu’on a vou­lu décou­vrir des groupes par nous-mêmes, avoir nos propres réfé­rences. Grâce à Inter­net et à des maga­zines bien spé­ci­fiques comme Metal­lian et HardN­Hea­vy on a pu décou­vrir du Metal plus extrême.

« Les gars, Varg Vikernes vient de sortir de tôle pour assassinat. Et c’est aussi un neo-nazi n’oublions pas ! On le met en couverture du prochain numéro ? »

« Varg Vikernes vient de sor­tir de tôle pour assas­si­nat. Et c’est aus­si un néo-nazi n’oublions pas ! On le met en cou­ver­ture du pro­chain numé­ro ? »

Nos parents n’aimaient pas ce genre de musique et trou­vaient ça « trop violent ». C’était un bon point pour nous. On appre­nait à aimer un style de musique que nos parents ne com­pre­naient pas et n’aimaient pas. On avait notre truc à nous, avec nos codes.

Pochette de l'album Butchered At Birth du groupe Americain Cannibal Corpse

C’était « trop violent » ? Je ne vois pas ce que vous vou­lez dire ! Pochette de l’album But­che­red At Birth du groupe de Death Metal Can­ni­bal Corpse. 1991. Atten­tion ! Can­ni­bal corpse n’a rien de nazi, c’est juste pour illus­trer ce que nous repro­chait nos parents : de la musique vio­lente à l’imagerie vio­lente.

Cer­tains ont décou­vert le Death Metal [2] avec Can­ni­bal Corpse ou Mor­bid Angel, d’autres ont décou­vert la nou­velle vague amé­ri­caine [3] avec Chi­mai­ra ou Devil­dri­ver.
Et moi je décou­vrais le Black Metal [4] avec Bur­zum et Absurd ( et si certain·es ont plus de sources, des envies d’enquêtes ou même de recherches uni­ver­si­taires pour appro­fon­dir encore plus ce sujet : le sexisme dans les art­works gores, faites-le nous savoir).

 

En y réflé­chis­sant, il me semble évident que le NSBM n’est pas le seul fac­teur de cette adhé­sion, il est un des mul­tiples élé­ments de ce sac de nœuds. Cepen­dant, le NSBM m’a per­mis d’assimiler plus faci­le­ment les idées d’extrême-droite que prô­naient mes idoles et de me sen­tir inté­gré à des com­mu­nau­tés, notam­ment sur Inter­net.

Pochette de l'album Aske du groupe Norvegien Burzum

Pochette de l’al­bum Aske du groupe nor­vé­gien Bur­zum, 1993 (réa­li­sé juste avant l’in­car­cé­ra­tion du chan­teur pour meurtre. Il est soup­çon­né de l’in­cen­die de cette église pour prendre une pho­to et en faire la pochette du disque).

Pochette de l'album Factu Loquuntur du groupe Allemand Absurd

Album Fac­ta Loquun­tur du groupe alle­mand Absurd, 1996 (dont trois membres furent incar­cé­rés pour meurtre et séques­tra­tion)

 

On allait sur des blogs bien spé­ci­fiques à ce qu’on cher­chait. On ren­trait dans des chats pri­vés avec des per­sonnes qui nous don­naient des sites à visi­ter, des conseils sur les groupes à écou­ter ou évi­ter, leur avis sur la poli­tique du pays, etc. C’était un peu nos grands-frères du web sans jamais savoir qui étaient ces per­sonnes…

Je me sou­viens très bien d’un site appe­lé nsbm.org. Ce site par­lait

Capture d'écran d'une archive du site nsbm:org

Archive du site NSBM.org. Grosse ambiance sur le site !

de groupes que j’écoutais comme Bur­zum ou Gra­ve­land. Nsbm.org était un site à l’effigie du IIIème Reich avec des croix gam­mées qui fai­sait la pro­mo­tion des groupes de NSBM, affi­chait des liens vers d’autres sites de néo-nazis, pro­po­sait une bou­tique pour ache­ter des livres, dra­peaux, etc. J’étais jeune, je ne savais pas trop ce que ça impli­quait mais je me dou­tais

qu’il fal­lait que je planque ça à mes parents.

Je me sou­viens aus­si d’un blog fran­çais qui réfé­ren­çait des groupes de Metal. Ce blog existe tou­jours (ici) et sous un article à pro­pos de Bur­zum (et son lea­der et unique membre Varg Vikernes). On peut y lire encore des com­men­taires comme « Vive Varg et vive les nazis » ou « HAIL (sic) VARG VIKERNES ! ».

Radicalisation

À l’âge de 11–12 ans, j’étais ins­crit sur des sites qui mili­taient pour exter­mi­ner les Afri­cains afin d’avoir plus de place pour les Blancs, qui par­ta­geaient des musiques NSBM… J’étais éga­le­ment sur des sites pour s’armer afin de par­tir en croi­sade contre les Arabes.

En écri­vant ces lignes, ces faits me paraissent tel­le­ment hal­lu­ci­nants et graves…

C’était un peu à celui qui serait le plus sul­fu­reux de la bande. On était pris dans une esca­lade de haine entre nous. On n’avait pas peur d’affirmer en public la supé­rio­ri­té de la race blanche. On était presque infré­quen­tables et ça nous plai­sait. Par contre, on fai­sait tout ça en cachette de nos parents, on arri­vait presque tou­jours à ne pas se faire attra­per ou alors on arri­vait à remettre la faute sur les Roms du vil­lage. Évi­dem­ment on avait tou­jours rai­son face à eux…

À cette même période, on décou­vrait le groupe Supreme M.R.A.P. : un groupe fran­çais aux paroles xéno­phobes, homo­phobes, sexistes, pro-nazis, etc… (NdRich : voi­ci quelques titres de l’al­bum paru en 2000 sous le titre « Négro­lo­ka

Image de la décoration de la chambre de Derek Vinyard, American History X

Piaule de Derek Vinyard, dans Ame­ri­can His­to­ry X, de Tony Kaye. On rêvait tous d’avoir la même chambre…

ust » : Il est né le divin Adolph, Mau­rice, Chasse aux pédés, Adam et Eve, Bombe ato­mique sur l’A­frique… Même Sar­dou est cho­qué). On n’a jamais su si c’était paro­dique, mais on pre­nait ça au pre­mier degré, la ques­tion de la paro­die ne se posait même pas pour nous (à noter que les rumeurs sur l’identité du chan­teur le reliaient à la scène Black Metal fran­çaise. Elles étaient fon­dées : sous le nom de Rose Hreid­marr, il est à pré­sent dans le groupe de Haute-Savoie Baise ma hache, qu’il est pra­ti­que­ment le seul à ne pas vou­loir clas­ser comme NSBM).

On peut noter que l’extrême-droite éta­su­nienne aime se ser­vir de l’humour ultra-violent comme arme d’adhésion : « the unin­doc­tri­na­ted should not to be able to tell if we are joking or not », comme on peut le lire dans l’ar­ticle d’A­sh­ley Fein­berg,  « This Is The Dai­ly Stormer’s Play­book », sur le site du Huff­post (2017).

On était clai­re­ment dans une période de contes­ta­tion de toute auto­ri­té et on voyait que l’apologie du nazisme fonc­tion­nait bien et cette image nous plai­sait.

 

Notre cita­tion pré­fé­rée de l’époque c’était : « fous ta bouche sur le trot­toir, main­te­nant dis bon­soir » – en réfé­rence à une scène du film Ame­ri­can His­to­ry X de Tony Kaye (1998).

https://www.youtube.com/watch?v=ya10UH1UdTk

Avec le recul, je me rends compte qu’on ne com­pre­nait pas la morale de ce film, on s’identifiait juste aux Blancs du film sans aller plus loin.

Assaut du Capitole par Manuel Balce Ceneta:AP:SIPA

C’est drôle de pou­voir faire le rap­pro­che­ment avec ce per­son­nage (… en fait, non, pas du tout).

À l’âge de 13 ans je suis allez vivre chez mes grands-parents suite au décès de ma mère. Période com­plexe, de colère, de tris­tesse et de fra­gi­li­té pour moi. J’ai donc chan­gé de col­lège et me suis encore plus radi­ca­li­sé car je ne me suis pas trop fait de potes et cette fois j’avais un ordi­na­teur avec une connexion rapide dans ma chambre. Tou­jours sans aucun contrôle paren­tal, je pou­vais appro­fon­dir ma recherche de musique NSBM. Je décou­vrais les inter­views de groupe, leurs opi­nions, leurs reven­di­ca­tions. Cela m’a per­mis de m’identifier à eux et de les pla­cer au rang d’idoles, d’exemples à suivre. On m’expliquait aus­si le wota­nisme (idéo­lo­gie reli­gieuse et iden­ti­taire ger­ma­nique, raciste, anti­sé­mite et néo­na­zie), le néo-paga­nisme, les liens avec les nazis, l’importance des sym­boles et toutes les autres « sub­ti­li­tés » qui fina­le­ment relèvent plus de la pseu­do-his­toire, de l’appropriation natio­nale et de la culture de l’élu·e.

À l’âge de 14 ans j’avais une pho­to de Hit­ler dans mon por­te­feuille, des sym­boles nazis cachés dans ma chambre. Je me suis mis en couple avec une per­sonne blonde aux yeux bleus en lui expli­quant clai­re­ment que son appar­te­nance à la race aryenne me plai­sait beau­coup. Aujourd’hui nous sommes tou­jours en couple, cela fera 13 ans en juin, et c’est en grande par­tie grâce à elle que je suis sor­ti de tout ça.

Je réflé­chis­sais avec mes potes sur la manière de tuer des gens (devi­nez qui ?) et com­ment ne pas se faire prendre.

À ce moment-là, j’écoutais prin­ci­pa­le­ment des groupes comme Peste Noire, Nok­tur­nal Mor­tum, Gra­ve­land ou Goat­moon, tous très enga­gés dans des idéo­lo­gies natio­na­listes, tra­di­tio­na­listes, etc.

Mais il est peut-être inté­res­sant de noter aus­si, que dans le Black Metal (et même le Metal en géné­ral), les thèmes et l’imagerie sont par­fois liés au sata­nisme, à l’occultisme ou dif­fé­rentes formes de mys­ti­cismes tous azi­muts. C’est le genre d’imagerie très atti­rante pour un ado qui adore les films d’horreur, de guerre et les musiques extrêmes. C’était mon cas.

Vinyle d'une messe de l’Église de Satan

Vinyle d’une messe de l’Église de Satan

T-shirt du groupe finlandais Goatmoon

T‑shirt du groupe fin­lan­dais Goat­moon

Drapeau de la Wehrmacht, en 1938

Dra­peau de la Wehr­macht, en 1938

Blanc, rouge, noir et un logo dans un cercle. La charte gra­phique semble assez res­pec­tée dans le NSBM…

Je n’étais pas armé pour me plon­ger dans l’histoire de per­sonnes comme l’occultiste Aleis­ter Crow­ley ou Anton Szan­dor LaVey (fon­da­teur de l’Église de Satan). Ils fai­saient par­tie du pay­sage et leur véri­table impli­ca­tion ne m’a jamais ques­tion­né jusque-là (Mr. Crow­ley d’Ozzy Osbourne, l’album The­le­ma 6 de Behe­moth, Crown de Samael, The Des­truc­tion of rea­son by illu­mi­na­tion de Blut Aus Nord, etc…).

Je n’ai éga­le­ment pas cher­ché à savoir s’il exis­tait d’autres branches du sata­nismes, des phi­lo­so­phies propres à elles, des dérives sec­taires, etc. (à part l’Église de Satan et le Temple de Set ayant une dimen­sion assez vio­lente). Aleis­ter Crow­ley rend célèbre cette phrase « fais ce que tu vou­dras » dans son Livre de la loi paru en 1904. Crow­ley étant cité et célé­bré par de nom­breux groupes de Metal influents, cette pseu­do-phi­lo­so­phie m’a per­mis de jus­ti­fier cer­taines pen­sées extrêmes (Alors même que je n’ai jamais lu ce livre, c’est dire ! Je ne savais pas que Rabe­lais avait écrit cette phrase presque quatre siècles plus tôt, sur le fron­ton de l’Ab­baye de Thé­lème, dans Gar­gan­tua). Atten­tion Crow­ley et LaVey ne semblent donc pas liés direc­te­ment avec le nazisme quand on creuse leurs his­toires per­son­nelles, mais des liens peuvent être tis­sés (très) faci­le­ment.

Pre­nons un exemple concret avec Empe­ror, groupe emblé­ma­tique de la scène nor­vé­gienne. En 1993, un des membres est en pri­son pour l’assassinat d’une per­sonne homo­sexuelle, un autre pour incen­die cri­mi­nel et un der­nier sera mis à l’écart à cause d’une enquête poli­cière à son encontre. Ihsahn (chanteur/guitariste), le der­nier membre en liber­té répon­dra ceci lors d’une inter­view en 1995 :

Crois-tu en la phi­lo­so­phie – « le fort au-des­sus du faible » ou « la rai­son du plus fort » ? (Do you believe in the phi­lo­so­phy – Strong over the weak or Might is right ?)

Les deux. C’est la loi de la nature. Les forts sur­vivent. C’est fon­da­men­ta­le­ment la men­ta­li­té der­rière mon sata­nisme – l’in­di­vi­du. Fort, intel­li­gent et puis­sant.

Que pen­sez-vous de l’Église de Satan d’Anton LaVey ?

Anton LaVey est un homme très intel­li­gent. Avec son église, il est très bon pour ame­ner les gens dans le concept anti-chré­tien et sata­nique. Avoir ses idéo­lo­gies bien écrites aux gens pour que même la femme au foyer la plus simple puisse être d’ac­cord avec cela. Beau­coup de ses idées sont très bonnes, d’autres avec les­quelles je ne suis pas d’ac­cord. Mais un indi­vi­du doit pen­ser par lui-même. »

Inté­gra­li­té de l’interview ici

 

The might is right est un livre de Ragnard Red­beard (Arthur Des­mond de son vrai nom). Ce livre fait l’apologie du « dar­wi­nisme » social (qui n’a rien de dar­wi­nien) avec, notam­ment, des pas­sages anti­chré­tiens et anti­sé­mites. Ce livre sera, aux côtés de l’oeuvre de la libé­ra­trienne Ayn Rand ou de celle de l’a­nar­chiste de droite H. L. Men­cken une influence majeure pour Anton LaVey dans sa rédac­tion de la Bible sata­nique ou pour Kat­ja Lane, édi­trice et femme du supré­ma­ciste blanc David Lane (membres de la struc­ture Aryan Nations, du Ku Klux Klan ou encore de The Order, ils sont éga­le­ment les fon­da­teurs du Temple of Wotan).

Empe­ror n’est pas un cas iso­lé. Bur­zum a com­po­sé un titre appe­lé Domi­nus Satha­nas. May­hem sort l’album De Mys­te­riis Dom Satha­nas en 1994 (Hell­ham­mer, bat­teur de May­hem & Dim­mu Bor­gir déclare « I’ll put it this way, we don’t like black people here. Black metal is for white people.… I’m pret­ty convin­ced that there are dif­fe­rences bet­ween races as well as eve­ry­thing else ». Il s’affiche aus­si habillé en SS sur des pho­tos pro­mos). Goat­moon com­pose Quest for the goat en 2011. Peste Noire com­pose Le diable existe en 2015… Empe­ror, May­hem, Dim­mu Bor­gir, Ozzy Osbourne, Samael, Behe­moth et Blut Aus Nord ne sont pas iden­ti­fiés comme des artistes de NSBM ! Ils me servent d’exemples pour mon­trer la poro­si­té entre les thèmes comme le sata­nisme, l’occultisme et l’extrême droite dans le Metal. Un peu comme avec le paga­nisme.

Je ne sau­rais pas dire si l’image que je me fai­sais de l’occultisme à l’époque a joué un rôle pour ren­for­cer et conso­li­der mes pen­sées d’extrême droite ou non. On trou­vait un lien très fort entre le nazisme et l’occulstime avec d’autres élé­ments cultu­rels comme les jeux-vidéos avec Wol­fen­stein ou des block­bus­ters hol­ly­woo­diens comme Hell­boy de Guiller­mo Del Tor­ro ou Cap­tain Ame­ri­ca : First Aven­gers de Joe Johns­ton …

Je me rap­pelle aus­si avoir sali­vé devant le cata­logue de l’éditeur Camion noir. Je pos­sé­dais déjà les 2 pre­miers ouvrages Black Metal Sata­nique : les sei­gneurs du chaos de Michael Moy­ni­han et Didrik Søder­lind et La Bible Sata­nique d’Anton LaVey. Mais on y trouve des livres aux titres sui­vants :

  • La race à venir, celle qui nous exter­mi­ne­ra de Edward Bul­wer-Lyt­ton
  • Soleil noir, cultes aryens, nazisme éso­té­rique et poli­tique de l’identité de Nicho­las Goo­drick-Clarke
  • Hit­ler et la tra­di­tion cathare de Jean-Michel Ange­bert
  • Les nazis et l’occulte, les forces obs­cures libé­rées par le IIIe Reich de Paul Roland
  • Might is Right, la rai­son du plus fort de Ragnar Red­beard
  • Charles Man­son, Gou­rou du rock de Noël et Chris­tophe Lorentz

Je vous laisse admi­rer le cata­logue ici. De quoi ali­men­ter mon ima­gi­naire mêlé de diables et de races supé­rieures…

Aujourd’hui, avec le recul je repense à ce que ma grand-mère me disait « Oh ta musique, c’est un truc de nazi sata­niste » et elle n’avait pas si tort que ça, la mamie…

Le début de la fin

C’est à par­tir de l’âge de 15 ans que j’ai com­men­cé à décons­truire petit à petit ces idéo­lo­gies racistes, xéno­phobes… sans vrai­ment en avoir conscience.

Documentaire La Cravate, 2020

Docu­men­taire La cra­vate, 2020.

Mes pen­sées fonc­tion­naient bien avec mon groupe de potes mais en étant seul dans ce délire, la planche sur laquelle j’étais s’est mise à pour­rir. Mais aus­si parce que ma copine m’a conduit à modi­fier mon com­por­te­ment parce que ça ne lui plai­sait pas (et qu’est-ce qu’on ne ferait pas par amour hein ?!). Éga­le­ment parce qu’en gran­dis­sant notre groupe de potes a écla­té pro­gres­si­ve­ment et que j’ai fré­quen­té de plus en plus de per­sonnes loin de ces idées-là et de moins en moins de per­sonnes aux idées d’extrême-droite.

En 2015, âgé de 22 ans, je me suis retrou­vé dans une situa­tion pré­caire et j’ai trou­vé un tra­vail dans un milieu plu­tôt soli­daire. J’ai pris goût à la lec­ture, aux pod­casts, aux vidéos sur la socié­té et la poli­tique, et mer­ci l’autodéfense intel­lec­tuelle ! Plus je creu­sais (et creuse encore aujourd’hui), plus je me sen­tais convain­cu par les prin­cipes de soli­da­ri­té, d’égalité, de luttes anti­ra­cistes, etc…

Si ce chan­ge­ment de façon de pen­ser s’est fait pro­gres­si­ve­ment, mes réfé­rences biblio­gra­phiques et ciné­ma­to­gra­phiques ont éga­le­ment évo­lué au fur et à mesure que je décons­trui­sais mes idées bien ancrées. C’est pour cela que je ne peux pas citer un film ou livre en par­ti­cu­lier qui serait à l’origine même de ce chan­ge­ment. Cepen­dant, lorsque j’y réflé­chis cer­taines œuvres m’ont mar­qué. Les voi­ci.

Pour la dimension des luttes raciales

  • Le pod­cast Kiffe ta race de Rokhaya Dial­lo et Grace Ly sur Binge Audio.
  • Le film Tout sim­ple­ment noir, de Jean-Pas­cal Zadi (2020)
  • Le film Djan­go Unchai­ned, de Quen­tin Taran­ti­no (2012)
  • Le film Dis­trict 9, de Neill Blom­kamp (2009)

Pour la dimension politique

  • La chaîne vidéo de Patch­work
  • La chaine vidéo Poli­ti­kon
  • Le film La vague, de Den­nis Gan­sel (2008) – même si Richard a beau­coup de doutes sur l’existence réelle de cette soi-disant expé­rience de Ron Jones à l’école Cub­ber­lay, en 1967.

Pour la dimension Esprit Critique

Pour le rapport à « l’autre » (de manière générale)

  • Le rap­port de Bro­deck, de Phi­lippe Clau­del (2007, Stock)
  • Lec­tures de sciences sociales d’Usul et Modiiie

Pour les mouvements antiracistes

J’ai donc eu de la chance.

J’utilise le terme « chance » car, lorsque je vois Bas­tien, dans le film docu­men­taire La cra­vate (de Mathias Thé­ry et Étienne Chaillou, 2019), je ne peux pas m’empêcher de voir des simi­li­tudes de par­cours et d’imaginer que j’aurais pu être à la même place que lui avec les mêmes convic­tions aujourd’hui. Je me dis que lui n’a juste pas eu la chance de croi­ser les « bonnes » per­sonnes et d’arrêter de croi­ser les « mau­vaises ».[6]

Aujourd’hui, même si cer­tains groupes de NSBM sont inter­dits de dif­fu­sion ou de vente en France (et sûre­ment dans d’autres pays) pour non-res­pect des lois ou règle­ment d’utilisation des pla­te­forme (impos­sible d’acheter du Goat­moon sur Dis­cogs ou d’écouter Peste Noire sur Dee­zer), on en trouve encore offi­ciel­le­ment sur des pla­te­formes comme Dee­zer ou Spo­ti­fy (l’intégralité de la dis­co­gra­phie de Bur­zum, Gra­ve­land ou Tem­no­zor reste dis­po­nible).

Il est impor­tant de noter que cer­tains albums sont écou­tables sur You­Tube et néces­site un rap­port en masse des utilisateurs/rices pour faire les faire dis­pa­raître. Ceci s’explique par la poro­si­té des thèmes. Des groupes se servent de thèmes comme l’histoire, le paga­nisme ou le folk­lore natio­nal pour véhi­cu­ler leurs idéo­lo­gies. En voi­ci quelques exemples :

  • Bur­zum uti­lise l’odinisme pour affir­mer la supé­rio­ri­té de la race aryenne (on lira par exemple cette entre­vue).
  • Nok­tur­nal Mor­tum se sert des tra­di­tions slaves pour défendre le natio­na­lisme ukrai­nien.

D’autres groupes ne cachent aucune inten­tion dans leurs textes :

  • Sei­gneur Voland chante « Ai-je rêvé où l’é­toile jaune n’a pas assez brû­lé » dans Der­nier bas­tion blanc.
  • Peste Noire chante « J’aime ma race, j’aime ta race / Mais si tu veux diluer les deux, frère trace / Rentre chez toi, fais comme Kémi Séba » dans Tur­bo­fas­cisme.

Poster promotionnel de l'album Peste Noire Split Peste Noire de Peste Noire

Pos­ter pro­mo­tion­nel de l’al­bum Peste Noire – Split – Peste Noire, de Peste Noire

Poster du groupe Nokturnal Mortum

Pos­ter du groupe ukrai­nien Nok­tur­nal Mor­tum (avec des runes dans les angles)

  • Sata­nic War­mas­ter chante « Enthro­ned Aryan spi­rit the resur­rec­tion of our reich //
    Valour of pagan Europe » dans Strenght & Honour.

Il est donc très dif­fi­cile de déce­ler les groupes qui usent de cer­tains thèmes pour véhi­cu­ler leurs idées mer­diques. Il semble par­fois néces­saire de creu­ser dans les inter­views, les pho­tos de groupes ou voir les autres groupes et col­la­bo­ra­tions des musi­ciens.

Par exemple, même si le groupe polo­nais Mgła ne semble pas for­cé­ment lié à l’extrême-droite, l’un des musi­ciens arbore pour­tant un patch à l’effigie du groupe Peste Noire sur scène, et le groupe sort ses albums via le label Nor­thern Heri­tage, (label géré par Mik­ko Aspa, musi­cien recon­nu dans le milieu NSBM et acces­soi­re­ment fan de pédo­por­no­gra­phie – regar­dez le pro­jet Nicole 12, si vous en avez le coeur –, qui pos­sède un cata­logue bien four­ni en groupes natio­nal-socia­listes et sym­pa­thi­sants), sort un split avec Clan­des­tine Blaze (groupe anti­sé­mite fin­lan­dais) et les membres de Mgła seront même embau­chés pour jouer en live pour Clan­des­tine Blaze. Si on ne peut pas affir­mer que le groupe est ouver­te­ment d’extrême-droite avec ces élé­ments, on peut recon­naître un cer­tain copi­nage sus­pect (ici). De plus, l’existence du Temple Of Full­moon (cercle NSBM polo­nais assez influent) me fait me méfier des groupes de Black Metal polo­nais aux atti­tudes ambi­guës vis-à-vis de l’extrême-droite.Peut-être qu’un jour, je par­le­rai de « l’apolitisme » dans la musique. Ce sujet m’intéresse énor­mé­ment. Il faut que je creuse.

Jusqu’en 2020, j’assumais publi­que­ment les groupes que j’écoutais, je ne voyais aucun pro­blème à ça. Je pou­vais por­ter des habits à l’effigie de Peste Noire ou Baise Ma Hache par exemple en expli­quant que j’adorais ces groupes et que l’idéologie véhi­cu­lée fai­sait par­tie de l’essence même du genre, que ça repré­sen­tait leur sin­cé­ri­té, qu’il ne fal­lait pas s’arrêter à ça. Je ne com­pre­nais pas qu’on me reproche de faire la pro­mo­tion pour ces groupes…

À pré­sent, je me sépare de tout ce que j’ai en lien avec cette scène. Elle ne repré­sente plus rien de bon pour moi et même « écou­ter pour la musique » me ren­voie à des choses plu­tôt néga­tives de ma vie. Je ne sou­haite plus sou­te­nir ni ces artistes, ni les labels qui en font la pro­mo­tion et/ou la dif­fu­sion. J’accepte que mes amis proches puissent sépa­rer l’œuvre de l’artiste, mais per­son­nel­le­ment je ne veux plus le faire ni faire la pro­mo­tion de ces groupes et je pré­fère sou­te­nir d’autres pro­jets beau­coup plus en adé­qua­tion avec le moi d’aujourd’hui.

antifascist black metal par Branca Studio

Image offerte gra­cieu­se­ment à tous les groupes de Black Metal vou­lant estam­piller leurs albums de cette image. Par Bran­ca Stu­dio.

C’est à cause des groupes de NSBM (et des sym­pa­thi­sants d’ex­trême-droite) que j’ai embras­sé l’extrême-droite. Aujourd’hui, ça ne m’intéresse plus.

Désor­mais, j’essaie d’appliquer au mieux ce pro­ces­sus de décons­truc­tion à tous les autres rap­ports de domi­na­tion de nos socié­tés (luttes LGBTQIA+, éga­li­té femmes/hommes, luttes des classes, inter­sec­tion­na­li­té…).

Je ne regrette pas de m’éloigner de cette idéo­lo­gie.

Il est clair, que dans mon témoi­gnage des faits et détails his­to­riques sont erro­nés. La pseu­do-his­toire et l’imaginaire d’un ado pas assez curieux pour ouvrir un livre de plus de cin­quante pages mêlés à un esprit cri­tique non-aigui­sé (voire inexis­tant) m’a fait tis­ser des liens qui n’ont peut-être pas lieu d’être dans le réel. Et pour­tant…

Ne lais­sons pas l’esprit cri­tique se dépo­li­ti­ser et ne le lais­sons pas non plus bas­cu­ler dans le conser­va­tisme. Car là-bas, il fait froid, ça pue et ce sont des hori­zons trop étri­qués.

Gloire au Black Metal !

Mort au NSBM !

Tho­mas

[1] As Wolves Among Sheep, La saga funeste du NSBM, de Davide Mas­pe­ro et Max Riba­ric, édi­tions Camion noir (2015)

[2] Choo­sing Death, L’his­toire du death metal et du grind­core, d’Albert Mudrian, édi­tions Camion blanc (2004).

[3] New Wave of Ame­ri­can Hea­vy Metal, de Gar­ry Sharpe-Young, Zon­da Books (2005).

[4] Antho­lo­gie du Black Metal. Tome 1 & 2 d’A­lexandre Guu­drath, édi­tions Camion blanc (2012).

[5] Le sata­nisme, mar­che­pied de l’extrême droite, Elsa Evrard, Libé­ra­tion 23 mars 2005.

[6] Je vais faire un paral­lèle avec Je ne MÉRITE PAS mon SUCCÈS, vidéo de Lin­guis­ti­cae.

 

« Le nuancier des groupes des groupes de Black Metal d’extrême droite »

Suite à un com­men­taire de Jean (et d’autres per­sonnes sur d’autres réseaux), j’ai pu consta­ter que le manque de nuance pour clas­ser les groupes cités dans le NSBM ou non a pu déran­ger. Et même si je ne par­tage pas cette opi­nion je peux l’entendre et la consi­dé­rer comme valable. J’ai expli­qué au début de l’article ma dif­fi­cul­té morale à nuan­cer les com­por­te­ments de cer­tains groupes. Je pré­cise que ma posi­tion ne change pas, si je change d’avis sur l’utilisation de la défi­ni­tion large de NSBM, je le ferai savoir. Je tiens aus­si à sou­li­gner que cet article, qui est un témoi­gnage, est tein­té d’une cer­taine dose de mili­tan­tisme. N’oublions pas que les idéo­lo­gies poli­tiques se trans­mettent aus­si à tra­vers l’art et la culture.

Nous pou­vons dis­cu­ter de la sub­jec­ti­vi­té sans pro­blème, bien évi­dem­ment.

Cités dans l’ordre de l’article :

Peste Noire : anar­chiste de droite, racia­liste et iden­ti­taire

Baise Ma Hache : natio­na­liste et supré­ma­ciste blanc

Mgla : sym­pa­thi­sant avec la sphère d’extrême-droite

Taake : idéo­lo­gie d’extrême-droite mar­quée (isla­mo­pho­bie, natio­na­lisme, rhé­to­rique d’extrême-droite)

Ancient Rites : thèmes hau­te­ment natio­na­listes (ambi­gu), ten­dance néo-païen

Bur­zum : racia­liste, arya­niste, raciste, anti­sé­mite et supré­ma­ciste blanc

Absurd : nazi assu­mé

Gra­ve­land : nazi assu­mé

Nok­tur­nal Mor­tum : anti­sé­mite et natio­na­liste

Goat­moon : nazi assu­mé

Tem­no­zor : natio­na­liste assu­mé

Sei­gneur Voland : nazi assu­mé

Sata­nic War­mas­ter : nazi assu­mé

 

Pourquoi les groupes cités sont d’extrême-droite ?

  • Bur­zum (pro­jet soli­taire de Varg Vikernes, alias Louis Cachet, chantre de l’óða­lisme, un néo­pa­ga­nisme teu­to­nique anti­sé­mite sur­vi­va­liste) : ici, ici et
  • Absurd : il suf­fit de tra­duire les paroles et regar­der les visuels des pro­duc­tions du groupe, , ou
  • Gra­ve­land : , ici ou ici
  • Nok­tur­nal Mor­tum : , , ici
  • Peste noire : , , ici, ici. Les paroles des musiques sont très expli­cites. La pre­mière démo s’intitule même Aryan Supre­ma­cy (supré­ma­tie aryenne).
  • Sei­gneur Voland : paroles expli­cites elles aus­si.
  • Clan­des­tine Blaze : , ici
  • Goat­moon : ici,
  • Baise Ma Hache : , ici. On remarque le bla­son de la divi­sion Char­le­magne
  • Supreme Mrap : en tapant juste le nom du groupe dans un moteur de recherche ça devrait vous convaincre…

Pour aller plus loin

  • Bleu blanc Satan, docu­men­taire sur une par­tie de la scène Black Metal fran­çaise, de Franck Tré­billac et Camille Dau­teuille (2018)
  • Until The Light Takes Us, docu­men­taire sur le black metal nor­vé­gien, par Aaron Aites et Audrey Ewell (2009)
  • Metal Crypt, le NSBM, vidéo de Max­well, ex-2guys1Tv, sur le NSBM. La vidéo n’est plus héber­gée sur sa chaîne, elle a été sup­pri­mée par You­Tube. Max­well n’a pas sou­hai­té la ré-uploa­der car sa posi­tion vis-à-vis du NSBM a chan­gé. Il ne sou­haite plus don­ner de visi­bi­li­té à cer­tains groupes nom­més dans la vidéo. Néan­moins Max­well nous a don­né son accord pour par­ta­ger le lien de sa vidéo uploa­dée par un autre uti­li­sa­teur. On le remer­cie.

Voi­ci quelques articles que je juge impor­tants dans les actions anti­fas­cistes dans le (Black) metal :

Petites refs de Richard

  • Sur le néo-paga­nisme, j’ai enca­dré le tra­vail de mas­ter de Jéré­my Fer­nandes-Mol­lien, Moda­li­tés et rai­sons d’entrée en reli­gion dans les syn­cré­tismes néo­païens fran­çais. Sciences Po Gre­noble 2017 (ici). Il y a aus­si quelques tra­vaux intro­duc­tifs sur la sym­bo­lique nazi, et l’ins­tru­men­ta­tion de l’ar­chéo­lo­gie, comme ce tra­vail réa­li­sé dans mon cours, ain­si que des tra­vaux his­to­riques plus pous­sés comme ceux de Jean-Paul Demoule (j’en ai cau­sé en 2014).
  • Sur un autre par­cours du même type, voir Clé­ment alias Karp, du col­lec­tif L’Extracteur, et son outing sora­lien (à écou­ter ici sur le sound­cloud de Conspi­ra­cy Watch, ou regar­der ).
  • Il n’y a pas que du black metal nazillon. Il y a aus­si du rap et des paro­liers. Pour les plus témé­raires, il y a Basic Cel­tos, Kro Blanc, Ama­lek, Mc Amor, Gol­do­faf, Fasc, et chez les paro­liers à l’an­cienne, Jean-Pax Méfret par exemple (dont l’é­coute de plu­sieurs albums d’af­fi­lée m’a fait frô­ler l’AVC).
  • Sur l’in­fu­sion de la pen­sée d’extrême-droite, crue, dans cer­tains milieux comme la police, le pod­cast Gar­diens de la paix, d’Ilham Maad (Arte radio, 2020).
  • Sur la pen­sée d’An­ders Brei­vik, écou­ter la série sai­sis­sante Utoya, 22 juillet : quelques minutes du pro­cès, dans Les Pieds sur Terre, France Culture, juillet 2012.
  • Quelques films ou docu­men­taires sur l’ex­trême droite :
    • This is England, de Shane Mea­dows (2006)
    • Dan­ny Balint (The Belie­ver), de Hen­ry Bean (2001)
    • Anti­fa chas­seurs de skins, de Marc-Aurèle Vec­chione (2008).

44 réponses

  1. Stan dit :

    Bon­jour,

    Bon article. Juste une remarque : quelle est votre source pour la pho­to de Sata­nic War­mas­ter ? Car sauf erreur, ce n’est pas du tout ce groupe sur la pho­to ! Il y a erreur à mon avis, mais je peux me trom­per aus­si. Mer­ci de me dire.
    Cdlt.
    Stan.

    • Mer­ci Stan. Je me ren­seigne (recherche d’i­mage inver­sée, je vois le nom de Gra­ve­land appa­raitre, ça vous dit quelque chose ?)

    • Thomas dit :

      Bon­jour Stan, Richard
      Effec­ti­ve­ment il s’agit de Gra­ve­land, groupe Polo­nais de NSBM. J’ai mélan­gé 2 sources photos…J’ai trans­mis la bonne image pour SW à Richard. Mer­ci d’avoir pré­ve­nu !

    • Images inter­chan­gées ! Mer­ci de la vigi­lance, Stan, et de la réac­ti­vi­té, Tho­mas. Faut dire que de loin les yeux plis­sés, on retrouve bien la même charte gra­phique :)) (je rigole, mais c’est pas drôle)

  2. Jean dit :

    Mer­ci pour cet article. Etant aus­si dans le milieu du black metal depuis fort long­temps, je me suis déléc­té de cet article mais j’en suis res­sor­ti insa­tis­fait par plu­sieurs points :

    - qua­li­fier tout ce qui se rap­proche des idées « de droite » de NSBM est une faci­li­té sur laquelle nos détrac­teurs ne nous ratent pas, et il est dif­fi­cile de leur don­ner tort. J’ai appré­cié les dis­tinc­tions faites plus tard (j’y revien­drai aus­si dans mon 3ème point) mais, dans l’in­tro­duc­tion, lorsque Richard parle des groupes qu’il a décou­vert à cette occa­sion, trop de choses dif­fé­rentes sont mélan­gées (d’ailleurs, c’est « Baise ma hache », pas « ta »). Il me paraît dépla­cé de par­ler de NSBM puis de citer Taake, Mgla, Ancient Rites, KPN et BMH dans la même phrase. A vrai dire, si l’on reprend une défi­ni­tion un peu stricte du NSBM, aucun de ces groupes ne peut vrai­ment y pré­tendre. KPN a flir­té avec lors d’A­ryan Supre­ma­cy, Ancient Rites par­tage des membres avec des groupes de RAC. Au-delà de ça, rien de « nazi » ni de « natio­nal socia­liste » à pro­pre­ment par­ler.

    - ce qui m’a­mène jus­te­ment à mon second point : que l’on veuille reje­ter les idées de groupes comme la majo­ri­té de ceux qui sont cités, je l’en­tends sans dis­cus­sion mais j’au­rais besoin d’é­clair­cis­se­ments pour d’autres. Autant, je com­prends le paral­lèle fait avec une cer­taine forme de sata­nisme, autant je met­trais à part Taake et, dans une moindre mesure, Mgla. Que reproche-t-on à Hoest (seul membre de Taake) ? Hor­mis sa pho­to avec une croix gam­mée et ses décla­ra­tions anti-reli­gieuses (je pense ici à sa vision de l’Is­lam), je ne vois pas. Pour le pre­mier point, il fau­drait alors s’at­ta­quer au punk et à tout ce que le black metal lui a emprun­té (avec, au pas­sage, GG Allin et Sid Vicious, qui ont com­mis ces pro­vo­ca­tions) et pour le second point, c’est l’es­sence même du black metal et de sa fer­vente haine à l’en­contre des reli­gions. Auquel cas, on « jette le bébé avec l’eau du bain » et c’est tout le (black) metal qu’on accuse. Concer­nant Mgla, c’est le débat de « sépa­rer l’oeuvre de l’ar­tiste » puis­qu’à pro­pre­ment par­ler, on ne peut leur repro­cher que des fré­quen­ta­tions et des copi­nages. Débat qui me semble empreint d’une sub­jec­ti­vi­té forte mais je suis ouvert à tout argu­ment allant en leur défa­veur.

    - enfin, de ces dis­tinc­tions devraient res­sor­tir, selon moi, une caté­go­ri­sa­tion d’au­tant plus fine de tous ces groupes : Taake est dans « le pire des cas » anti-reli­gieux et un peu débile (pour aller vite), Mgla est sym­pa­thi­sant (là encore, de quoi exac­te­ment ?), KPN est anar­chiste de droite, racia­liste et iden­ti­taire, Bur­zum raciste et sur­vi­va­liste… Bref, tout ce qui est cité ici n’est pas NS, à part, de tête, Absurd, Goat­moon, Sei­gneur Voland, Sata­nic War­mas­ter et Gra­ve­land car eux ont une idéo­lo­gie NS ouver­te­ment affi­chée et reven­di­quée.

    Mer­ci de m’a­voir lu, j’es­père avoir su res­ter fluide et cohé­rent et au plai­sir de dis­cu­ter !

    Jean

    • Stan dit :

      Ce que je ne com­prends pas, c’est pour­quoi ne sont pas cités aus­si Dark­throne (« Norsk arisk black metal »), Mar­duk (ima­ge­rie guer­rière expli­cite) et… en fait, presque tous les autres acteurs de la scène BM, car ils ont (sauf à de très rares excep­tions) fleur­tés avec ces thèmes ! Donc c’est très facile de se faire « influen­cer » si on écoute du BM, expli­cite ou non. C’est presque impos­sible de pas­ser à côté. Du coup je com­prends mal l’ar­gu­men­taire ici.…

      • Bon­soir Stan, je trans­mets à Tho­mas. Mais je pré­viens sur un point : ce n’est pas parce que tout n’est pas cité (nous ne pro­po­sons qu’un témoi­gnage, pas une revue exhaus­tive) que ça inva­lide le pro­pos. Mais nous allons bien peser votre argu­ment. A sous peu

      • Thomas dit :

        Salut Stan
        Comme dit Richard, nous ne pro­po­sons qu’un témoi­gnage, pas une revue exhaus­tive.

        Comme tu le sou­lignes, d’autres noms impor­tants de la scène Black Metal ont flir­té (ou flirtent encore) avec l’ED. « Presque tous les acteurs de la scène BM » me paraît être une affir­ma­tion assez énorme mais si ce que tu avances est vrai (si tu as une liste exhaus­tive, je pense qu’on est bien sûr pre­neur et avec grand plai­sir) il est impor­tant de le sou­le­ver. Il existe de nom­breuses pro­duc­tions dans le genre Black Metal tout de même (117 126 pro­duc­tions (pour 38 937 groupes) depuis 1980 réfé­ren­cées sur Metal-archives).

        Je ne cite même pas 20 groupes de Black Metal !

        Concer­nant l’influençabilité, je ne pense pas que cela soit inévi­table. De nom­breuses per­sonnes écoutent des groupes dont elles ne com­prennent pas les paroles, dont elles ne vont pas lire les inter­views, etc… Cer­tains n’investissent pas autant de pas­sion dans la musique. Je ne sais pas si cela les pré­serve ou non. De plus, on parle de l’influençabilité sur un ado de même pas 13 ans et sans filet de sécu­ri­té puisque je me cachais de mes parents. Peut être qu’au­jourd’­hui, étant plus armé intel­lec­tuel­le­ment, je ne tom­be­rais pas aus­si faci­le­ment dans le pan­neau.

        Il existe quelques groupes et com­mu­nau­tés sur les réseaux sociaux qui aident à iden­ti­fier quelles sont les pro­duc­tions dans le Black Metal qui sont « sket­chy » ou « safe ». Je peux te don­ner des liens si cela t’intéresse.

        Ce témoi­gnage pré­sente évi­dem­ment des élé­ments sub­jec­tifs, et je t’invite à lire ceci pour com­prendre un peu ma démarche et le che­min par­cou­ru de l’extrême droite vers une grande affi­ni­té pour le com­mu­nisme liber­taire : https://proteanmag.com/2019/07/21/black-metal-for-the-oppressed/

        Bien à toi

    • Bon­jour Jean, Tho­mas pré­pare des réponses à tes vigi­lants com­men­taires. Mer­ci

    • Thomas dit :

      Tho­mas
      Bon­jour Jean, mer­ci pour le retour ! je vais essayer de repondre sous chaque point impor­tant de ton com­men­taire. Je me suis tou­jours refere a la defi­ni­tion que l’on peut trou­ver sur Wiki­pe­dia par exemple, qui, je te l’accorde apporte peu a la nuance :

      [Le Natio­nal Socia­list Black Metal (abrege NS Black Metal ou NSBM) qui se tra­duit par « black metal natio­nal-socia­liste » est une eti­quette don­nee a cer­tains groupes de black metal fai­sant refe­rence (expli­ci­te­ment ou non) au natio­nal-socia­lisme alle­mand, ou a des themes for­te­ment lies comme le fas­cisme, le racisme, l’an­ti­se­mi­tisme, l’a­rya­nisme, le supre­ma­cisme blanc, le mys­ti­cisme nazi et plus lar­ge­ment le paga­nisme ou le natio­na­lisme.]

      Je t’avoue que je suis un peu mal a l’aise a l’idee de nuan­cer les ideo­lo­gies d’ED par peur de don­ner plus de « tole­ra­bi­lite » a cer­taines idees. Ca peut sem­bler idiot, mais je ne sais pas me posi­tion­ner favo­ra­ble­ment vis-a-vis de cela pour le moment.

      Jean :
      J’a­voue que la défi­ni­tion de Wiki­pe­dia ne me satis­fait que très peu ici et le terme « fourre-tout » est exac­te­ment ce que je cri­tique, de base, dans l’ar­ticle. Je com­prends cepen­dant ta posi­tion, même si je ne la par­tage pas : je suis d’a­vis que pour com­battre une idée, il faut la mettre en pleine lumière, la dis­sé­quer pour fina­le­ment la connaître et être irré­pro­chable dans sa décons-truc­tion. Chaque zone de flou, chaque inco­hé­rence ou approxi­ma­tion créé une fenêtre dans laquelle, je n’en doute pas, s’en­gouf­fre­ra qui­conque veut tirer la cou­ver­ture de son côté. Je ne réfute pas, en revanche, l’im­pact que cette pra­tique a sur la fenêtre d’O­ver­ton, et je n’ai pas (encore ?) trou­vé, lu ou enten­du d’al­ter­na­tive qui me satis­fasse plus.

      [Jean]
      qua­li­fier tout ce qui se rap­proche des idees « de droite » de NSBM est une faci­lite sur laquelle nos detrac­teurs ne nous ratent pas, et il est dif­fi­cile de leur don­ner tort. J’ai appre­cie les dis­tinc­tions faites plus tard (j’y revien­drai aus­si dans mon 3eme point) mais, dans l’in­tro­duc­tion, lorsque Richard parle des groupes qu’il a decou­vert a cette occa­sion, trop de choses dif­fe­rentes sont melan­gees (d’ailleurs, c’est « Baise ma hache », pas « ta »). Il me parait deplace de par­ler de NSBM puis de citer Taake, Mgla, Ancient Rites, KPN et BMH dans la meme phrase.

      [Réponse de Tho­mas] Il est vrai que dans l’intro plu­sieurs groupes cites ne sont pas stric­te­ment du NSBM (une defi­ni­tion stricte du NSBM d’ailleurs qu’est-ce que c’est ? existe-t-il une moins stricte ? Est-ce qu’une defi­ni­tion stricte ne rends pas cer­tains com­por­te­ments plus « « accep­tables » » ? Com­ment fait-on ? Cf la defi­ni­tion gene­rale don­nee sur Wiki­pe­dia et citee plus haut).
      Il s’agit de CDs que j’ai envoyes a Richard suite a mon thread Twit­ter sur mon inten­tion de me sepa­rer de tout ce que j’avais de NSBM (& de sym­pa­thi­sants d’extreme droite). La pre­miere fois que je cite « NSBM », il est bien sui­vi de « et ses sym­pa­thi­sants » pour ajou­ter la nuance. On devrait donc pou­voir rec­ti­fier et nuan­cer faci­le­ment ce point-la a d’autres endroits.

      [Réponse de Jean]
      Alors aus­si bête que puisse paraître ma réponse, je dirais qu’une défi­ni­tion stricte du NSBM est l’as­so­cia­tion de la défi­ni­tion du BM puis de la défi­ni­tion du natio­nal-socia­lisme. Je n’ai, en revanche, pas plus à appor­ter pour la suite de ton rai­son­ne­ment que ma réponse ci-des­sus

      • Thomas dit :

        [Jean]
        A vrai dire, si l’on reprend une defi­ni­tion un peu stricte du NSBM, aucun de ces groupes ne peut vrai­ment y pre­tendre. KPN a flirte avec lors d’A­ryan Supre­ma­cy, Ancient Rites par­tage des membres avec des groupes de RAC. Au-dela de ca, rien de « nazi » ni de « natio­nal socia­liste » a pro­pre­ment par­ler.

        [Réponse de Tho­mas]
        KPN se defi­nis­sait pen­dant la per­iode de « la sanie… » comme NSBM (pour Natio­nal Sata­nist Black Metal, certes) et doit-on nuan­cer autant que cela pour eux ? (https://antipestenoire.noblogs.org/post/2016/10/13/peste-noire-et-iiie-reich-allemand-dadolf-hitler/). L’imagerie, les inter­views, les atti­tudes en concert, etc… ne me donne pas de bonne rai­son de nuan­cer per­son­nel­le­ment.
        J’ai argu­mente pour Ancient Rites ailleurs, mais on peut les voir comme sym­pa­thi­sants eux aus­si de l’ED effec­ti­ve­ment (meme si plus nuance que KPN). J’en parle ega­le­ment dans le texte, de la poro­site que l’on retrouve avec des the­ma­tiques historiques/nationalistes/traditionnalistes/folkloriques….
        Tu note­ras que le chan­teur, Gun­ther Theys chante aus­si dans les groupes Lion’s Pride et Iron Clad dont les the­ma­tiques hau­te­ment natio­na­listes ne laissent sup­po­ser aucune nai­vete dans les paroles d’Ancient Rites.

        [Réponse de Jean]
        Le « Natio­nal Sata­nist Black Metal » de KPN ne fait évi­dem­ment illu­sion auprès de per­sonne (au même titre que les enga­ge­ments des membres d’An­cient Rites) mais à nou­veau, je tiens ici à la dif­fé­ren­cia­tion quand elle a lieu d’être. Ce qui n’empêche pas, in fine, d’ac­co­ler tous les adjec­tifs pré-men­tion­nés à l’i­déo­lo­gie du groupe, entends-nous bien sur ce point-là.

        • Thomas dit :

          [Jean]
          – ce qui m’a­mene jus­te­ment a mon second point : que l’on veuille reje­ter les idees de groupes comme la majo­rite de ceux qui sont cites, je l’en­tends sans dis­cus­sion mais j’au­rais besoin d’e­clair­cis­se­ments pour d’autres. Autant, je com­prends le paral­lele fait avec une cer­taine forme de sata­nisme, autant je met­trais a part Taake et, dans une moindre mesure, Mgla. Que reproche-t-on a Hoest (seul membre de Taake) ? Hor­mis sa pho­to avec une croix gam­mee et ses decla­ra­tions anti-reli­gieuses (je pense ici a sa vision de l’Is­lam), je ne vois pas.

          • Thomas dit :

            « Il manque une par­tie blo­quée par word­press »

            [Réponse de Jean]
            Alors ce point risque d’être celui qui nous divise le plus car je suis allé lire « antifa666.wordpress.com » pour l’ar­ticle que tu m’as envoyé en plus d’autres et je n’y sous­cris aucu­ne­ment. Je le trouve même hau­te­ment cri­ti­quable d’im­pré­ci­sion, de véhé­mence pué­rile et de conclu­sions hâtives auto-confir­ma­trices.

            Main­te­nant, concer­nant Hoest, je suis entiè­re­ment d’ac­cord que ça n’est sûre­ment pas un gau-chiste, mais je trouve qu’il est impor­tant de chi­po­ter ici, comme lors du pre­mier point. Entre tenir des pro­pos patriotes et tenir des pro­pos néo-nazis, il y a un fos­sé. On peut évi­dem­ment être en désac­cord avec les deux, ce n’est pas pour autant qu’on doit les mettre dans le même panier car ce sont nos émo­tions et notre rap­port à cela qui parlent ici, pas une cri­tique ration­nelle et objec-tive (autant que faire se peut !). Dirait-on à un flexi­ta­rien qu’il est vegan ? Ou qu’il en « fait le jeu » ? J’en doute

            [Jean]
            Pour le pre­mier point, il fau­drait alors s’at­ta­quer au punk et a tout ce que le black metal lui a emprunte (avec, au pas­sage, GG Allin et Sid Vicious, qui ont com­mis ces pro­vo­ca­tions) et pour le second point, c’est l’es­sence meme du black metal et de sa fer­vente haine a l’en­contre des reli­gions.

          • Thomas dit :

            [Réponse de Tho­mas]
            Je suis bien desole mais j’ai tou­jours deteste la musique punk, et j’ai tou­jours cri­tique ces ele­ments de pro­voc’ (que je pou­vais defendre dans le Black Metal en uti­li­sant l’argument de l’essence et de la haine comme moteur, c’est assez para­doxal…).
            Pour le second point, je ne dis pas le contraire, je dis qu’il y a des poro­sites entre les themes qui m’ont per­mis de glis­ser (pour­tant on disait a mes parents « laisse pas trai­ner ton fils »). Je cri­tique aus­si le fait que beau­coup de per­sonnes de mon entou­rage (plu­tot enga­gees ou sym­pa­thi­santes de l’ED) se servent de l’argument de l’essence pour jus­ti­fier leurs pen­sees. Comme j’ai pu le pen­ser que ce soit pour la musique comme pour les etres humains…

            [Réponse de Jean]
            Cette diver­gence entre nos points de vue n’a ici rien d’é­ton­nant à l’aune de nos diver­gences pré-cédentes. Je trouve que la pro­vo­ca­tion (je pré­fère sou­vent le terme de shock value emprun­té aux anglo-saxons, jus­te­ment pour l’i­dée qu’elle a une valeur, une plus-value) sert. Concer­nant donc « l’es­sence », j’u­ti­lise ce terme uni­que­ment pour par­ler de ce qui l’a vu naître et de ce qui me semble en être un élé­ment consti­tu­tif. Je com­prends ce que tu dis quand tu récuses cet argu­ment comme étant, lui aus­si, res­pon­sable d’une poro­si­té avec ce que vou­dront bien inté­grer les « têtes de file » dedans (cou­cou Varg, Hell­ham­mer, Samoth…).

            [Jean]
            Auquel cas, on « jette le bebe avec l’eau du bain » et c’est tout le (black) metal qu’on accuse.

            [Réponse de Tho­mas]
            Je ne suis pas vrai­ment d’accord, tu demandes a ce que des nuances soient appor­tees et tu n’hesites pas a gene­ra­li­ser des com­por­te­ments clai­re­ment iden­ti­fiees d’ED.
            Il existe des groupes/commu de veilles sur la poli­ti­sa­tion d’extreme droite dans le black metal pour repe­rer quels artistes sont assez « safe » quand d’autres sont plus pro­ble­ma­tiques ou ambigues.
            J’essaie de tenir un thread sur twit­ter pour refe­ren­cer les groupes de Black ouver­te­ment anti-NSBM, pro­fem, anti­fa, etc… que je decouvre. (Ce serait avec plai­sir que je pour­rais t’envoyer des liens si tu le sou­haites).
            Rien ne nous empeche de mon­ter un groupe de black metal ensemble pour rompre cette essence qui dit qu’on doit etre des « mechants » ;))

            J’en viens de plus en plus a me ques­tion­ner sur l’apolitisme/neutralite dans l’art (et la musique) comme j’ai pu le faire pour l’esprit cri­tique (cf. l’article de Nonoche : https://nonoche.wordpress.com/2020/06/20/lillusion-de-neutralite/)

          • Thomas dit :

            [Réponse de Jean]
            Effec­ti­ve­ment, je te le concède, je suis allé un peu vite en besogne ici. A vrai dire, je n’ai pas expli­ci­té un point de vue que je tiens encore (de Sakri­fiss, que tu suis (et abhorres !) peut-être), mais que tu sau­ras peut-être me remettre en ques­tion : le déno­mi­na­teur com­mun à tous les sous-genres de black metal est la décep­tion. (https://www.youtube.com/watch?v=sQveONiqalQ) Par­tant de ce prin­cipe-là, quelle que soit la décep­tion et ce qu’elle engendre chez ses pra­ti­quants, je la prends telle quelle et ne m’in­té­resse (majo­ri­tai­re­ment) qu’à son résul­tat, l’art. Vou­loir donc dis­so­cier les « gen­tils » bla­ckeux des « méchants » me paraît donc être un non-sens, comme si une oeuvre pou­vait être plus légi­time qu’une autre parce que son impul­sion m’é­tait plus ou moins tolé­rable. Je ne suis pas dans le pro­ces­sus, je choi­sis de m’en dis­so­cier tota­le­ment et de n’en être qu’un spec­ta­teur, un voyeur invi­sible.

            Je suis quand même curieux de voir ta liste (même si je n’ai pas Twit­ter, j’es­père que ça n’est pas blo­quant ?)

            Pour finir sur ce point, mer­ci pour ce lien ! C’est celui qui m’a sûre­ment le plus ins­truit de tous et j’a­voue qu’il me donne pas mal de grain à moudre sur bien des sujets. Je ne suis pas d’ac­cord avec tout mais suite à un temps de diges­tion, j’es­père réus­sir à me faire un nou­vel avis sur ces ques­tions, appli­qué au BM ou non !

            [Jean]
            Concer­nant Mgla, c’est le debat de « sepa­rer l’œuvre de l’ar­tiste » puis­qu’a pro­pre­ment par­ler, on ne peut leur repro­cher que des fre­quen­ta­tions et des copi­nages. Debat qui me semble empreint d’une sub­jec­ti­vite forte mais je suis ouvert a tout argu­ment allant en leur defa­veur.

            [Réponse de Tho­mas]
            Je pre­cise ega­le­ment que le debat de « sepa­rer l’œuvre de l’artiste » ne m’interesse pas pour mon cas per­son­nel. J’accepte que des gens puissent le faire sans pro­bleme. Je ne l’ai jamais fait et j’ai enor­me­ment de mal a le faire car, j’aime lire les inter­views, les paroles, connaitre les groupes paral­leles des membres, le mate­riel uti­lise, les influences etc… j’aime m’impregner et vivre la musique. Cette sub­jec­ti­vite assez mili­tante, je l’a reven­dique sans pro­bleme. Poli­ti­que­ment, si ca ne colle plus, je ne me for­ce­rai plus ou par curio­site… (Il me semble impor­tant de mili­ter pour ne pas lacher un kopeck a ce genre de reseau, j’incite mon entou­rage a tele­char­ger ille­ga­le­ment s’ils veulent ecou­ter main­te­nant – Mais c’est une autre his­toire !)
            Le copi­nage de Mgla en par­ti­cu­lier me pose pro­bleme. Jouer avec Mik­ko Asp­pa, signer sur son label, sor­tir un split avec son groupe, arbo­rer un patch KPN sur sa veste sur scene… Le copi­nage a ce point avec l’ED me laisse un peu per­plexe. Je pense qu’ils savent ou ils mettent les pieds quand meme.
            La scène Polo­naise etant assez influente dans le « stricte » NSBM (avec le Temple Of Full­moon notam­ment), je reste assez pru­dent quand un groupe reste ambigue de la sorte. https://nsbm-polska.livejournal.com/

            [Réponse de Jean]
            Ici, je ne place pas les cur­seurs aux mêmes niveaux que toi mais je rejoins mal­gré tout com­plè-tement ton avis. Dans un pre­mier temps, ton rap­port à une oeuvre est tel­le­ment per­son­nel que se for­cer ou s’in­ter­dire de la consom­mer, de la tra­vailler, de t’en impré­gner ne regarde que toi. Comme je l’é­vo­quais plus haut, je me dis­tan­cie beau­coup plus de l’oeuvre, même si je par­tage tes inté­rêts aus­si pour les pro­ces­sus, membres, paroles… Pour autant, ma limite étant aus­si de ne pas leur don­ner d’argent, je suis à l’aise avec ma conscience. Bon, je suis sûre­ment actuel­le­ment plus éthi­que­ment dis­cu­table que toi, j’ar­bore Mgla et Taake sans trop de sou­cis, même si cer­tains élé­ments, notam­ment dans ceux que tu m’as trans­mis, m’ont fait réflé­chir.

            Oui, je te rejoins com­plè­te­ment, ils ne sont pas nés de la der­nière pluie et on ne va pas tour­ner autour du pot : la scène polo­naise (et son public, de ce que j’en connais) est TRES mar­quée poli-tique­ment.

            [Jean]
            – enfin, de ces dis­tinc­tions devraient res­sor­tir, selon moi, une cate­go­ri­sa­tion d’au­tant plus fine de tous ces groupes :
            Taake est dans « le pire des cas » anti-reli­gieux et un peu debile (pour aller vite).

            Tho­mas :
            « Un peu debile » avec les faits cites plus haut me parait leur excu­ser quelque chose de grave = pour moi, c’est de l’ideologie d’ED clai­re­ment affi­chee.

            [Tho­mas]
            Mgla est sym­pa­thi­sant (la encore, de quoi exac­te­ment ?)
            De l’ED (a la vue des argu­ments plus haut)

            [Tho­mas]
            KPN est anar­chiste de droite, racia­liste et iden­ti­taire.
            = c’est de l’ideologie d’ED clai­re­ment affi­chee

            [Tho­mas]
            Bur­zum raciste et sur­vi­va­liste…
            On peut ajou­ter racia­liste, anti­se­mite, supre­ma­ciste blanc…et un paquet d’autres termes si on se fie a toutes les inter­views archi­vees sur son site. = c’est de l’ideologie d’ED clai­re­ment affi­chee

            [Jean]
            Bref, tout ce qui est cite ici n’est pas NS, a part, de tete, Absurd, Goat­moon, Sei­gneur Voland, Sata­nic War­mas­ter et Gra­ve­land car eux ont une ideo­lo­gie NS ouver­te­ment affi­chee et reven­di­quee.

            Je suis d’accord avec toi sur le prin­cipe, je com­prends meme que le terme NSBM puisse etre un fourre-tout pour le BM d’extreme droite (ce qui ne me derange pas comme explique au debut de cette reponse), et que l’envie de nuan­cer me fait mal a mon petit cœur 😉
            J’apporterais quelques pre­ci­sions tout de meme. Cela ne me semble pas decon­nant !
            Je te remer­cie sin­ce­re­ment pour cette reponse/critique qui me semble construc­tive 🙂
            Tho­mas

            [réponse de Jean]
            En défi­ni­tive, je pense que cer­taines dif­fé­rences de posi­tion­ne­ment sont à l’o­ri­gine de nos « dif­fé-rends » quant à ton article mais nous sommes, dans le fond, d’un bord plu­tôt simi­laire. Je vais mal­heu­reu­se­ment devoir décli­ner ton invi­ta­tion à fon­der un groupe de BM étant un piètre musi-cien (même le terme me carac­té­rise gros­siè­re­ment) et ayant des aspi­ra­tions de voyage… en Nor-vège !
            En revanche, je te remer­cie aus­si pour ta réponse, qui est tout ce que j’at­tends de ce type de con-ver­sa­tion et je la pour­sui­vrais avec plai­sir !

            Bonne soi­rée à toi aus­si et à bien­tôt

            Jean

  3. Marc dit :

    Le témoi­gnage est très inté­res­sant et me rap­pelle des dis­cus­sions que j’ai eu il n’y a pas si long­temps avec d’autres ami⋅e⋅s en appre­nant que Neige (Alcest) avait com­men­cé dans Peste Noire. D’ailleurs le (manque de) posi­tion­ne­ment de Neige sur la ques­tion est déce­vant (et je suis gen­til) :
    « I never was invol­ved in any way with any poli­ti­cal, racist or xeno­pho­bic ideo­lo­gies. I was just a musi­cian in Peste Noire, most of the time ses­sion musi­cian, I never took part of the lyrics or phi­li­so­phy of the band. At the « Aryan Supre­ma­cy » per­iod I was 15 years old and I didn’t think about the conse­quence of recor­ding some music with that band, it always was just musi­cal par­ti­ci­pa­tion for me. Alcest has NOTHING to do with any hate-based phi­lo­so­phy like racism and as a per­son I am abso­lu­te­ly NOT into nazism, racism and such ideo­lo­gies. » (source : http://www.musikreviews.de/artikel/Auf-den-Zahn-gefuehlt-ALCEST-16/)

    Du coup j’ai aus­si lu l’in­ter­view de Hreid­marr qui est citée dans l’ar­ticle ; je suis par­ti vomir, je suis reve­nu et je crois que je vais pou­voir aller crâ­mer mes disques d’A­no­rexia. Soit c’est un gros con raciste, soit c’est un gros con qui « plane » (si tant est qu’on puisse pla­ner sur de tels sujets) et qui ne s’en rend pas compte (j’ai un peu du mal à croire à cette hypo­thèse, cepen­dant). Dans tous les cas, c’est pro­blé­ma­tique. Je fai­sais par­tie des gens à l’é­poque qui pen­saient que Supreme MRAP était paro­dique, parce que c’é­tait vrai­ment trop con pour être sérieux. Ce n’est peut être pas le cas en fait. Bon, à l’é­poque j’ai aus­si pen­sé que Légion 88 était paro­dique (pas très long­temps, mais quand même) ; je dois avoir du mal à ima­gi­ner que les gens puissent être aus­si con de base.

    Au final je n’ai jamais vrai­ment plon­gé dans le NSBM ni n’ai été proche poli­ti­que­ment de l’ex­trême droite (même si je votais à droite à peu près à la même époque avant de virer de bord) mais on se rend compte que dans le metal/les musiques extrêmes en géné­ral, ce genre de choses fait qua­si­ment par­ti du pay­sage. Par­fois par pure pro­vo­ca­tion (mais pro­vo­ca­tion qui est car­ré­ment fre­la­tée aujourd’­hui, et qui fonc­tion­nait (si tant est que ce soit pos­sible parce qu’on est quand même plus qu’aux limites de la stu­pi­di­té sur ce coup) quand c’é­tait sans ambi­gui­té pos­sible sur les convic­tions des artistes, comme avec les Pis­tols ou Sioux­sie), sou­vent en lais­sant pla­ner un doute malai­sant, et qua­si­ment tou­jours sans que per­sonne ne réagisse for­te­ment (on se rap­pelle avec émo­tion (non) les gens pre­nant la défense d’An­sel­mo beu­glant « white power ! » avec un salut nazi il y a quelques années).
    Ça a l’air d’en emmer­der certain⋅e⋅s que des voix se fassent entendre plus for­te­ment contre, mais je pense que c’est une bonne chose que de foutre un coup de pied dans la four­mi­lière et de mettre les gens devant leurs res­pon­sa­bi­li­tés. Je ne pense pas qu’on puisse res­ter neutre sur des ques­tions qui traitent fina­le­ment de la haine de l’autre. Du coup j’at­tends avec impa­tience le pro­chain billet sur l’a­po­li­tisme dans le metal !

    De ce point de vue là, les molles (non-)justifications de Neige ou de Hreid­marr (j’é­tais jeune/je fai­sais de la provoc”/je m’in­té­resse juste à la musique) ne sont pas accep­tables dans la mesure où elles ne condamnent à aucun moment cette f®ange puante du mou­ve­ment. Bon, Hreid­marr fait même bien pire en pleu­rant d’être ostra­ci­sé et d’être « obli­gé » de jouer dans des concerts orga­ni­sés par des néo­naz”… Vind­sval, le lea­der de Blut Aus Nord aus­si cité dans l’ar­ticle, ne brille pas non plus par son enga­ge­ment contre le NSBM :
    « Q : In 2019, black metal is a very divi­sive genre. It seems that the poli­ti­cal aspects, both NSBM and anti-NSBM fac­tions, are more vocal than ever. BLUT AUS NORD, and by exten­sion, your­self, seem to have always avoi­ded the poli­ti­cal end of things. Would you like to speak on that ? Where do you see your­self fit­ting in ?
    Vind­sval : It shows lit­tle consi­de­ra­tion for music, and art in gene­ral, to mix it with such futile concerns. Never­the­less I sym­pa­thize. When talent is lacking, we must find other ways to try to exist… » (source : https://www.debemur-morti.com/en/news/493_interview-with-vindsval.html)
    En n’ou­bliant pas que le pre­mier effort de BAN était inti­tu­lé Ulti­ma Thu­lée et que la socié­té de Thu­lé était une socié­té occulte raciste et occul­tiste qui a ins­pi­ré les nazis (et même si le mythe de Thu­lé n’ap­par­tient pas qu’aux racistes et nazis (Ulti­ma Thu­lé est aus­si le nom offi­cieux d’un objet trans-nép­tu­nien, par exemple) son uti­li­sa­tion dans un contexte BM sans prise de posi­tion claire peut sou­le­ver des doutes).

    En tout cas j’ai fait tour­ner le témoi­gnage, encore mer­ci.

    • Mer­ci beau­coup pour ce retour ! Oui, la Thule-Gesell­schaft, ça ne fait pas rêver

      • Thomas dit :

        Bon­jour Marc,
        Mer­ci pour ce retour 🙂
        On trouve aus­si un album appe­lé « The Odi­nist » chez BUN. C’est assez ambigue…

    • Stan dit :

      Juste en 2 clics sur le net :
      « Durant l’é­poque médié­vale, Ulti­ma Thule est par­fois uti­li­sé comme le nom latin du Groen­land alors que Thule désigne l’Is­lande.  »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Thul%C3%A9_(mythologie)

      Et sur la pochette du pre­mier BAN, on voit quoi ? Une terre gelée.…
      Fin de l’his­toire.

      A ce jeu là, le point God­win dans le Metal, c’est hyper facile à faire :
      Blut Aus Nord -> Nom en alle­mand -> nazi.
      Slayer -> Typo­gra­phie SS du S -> nazi.
      Kiss -> Typo­gra­phie SS des S -> nazi.
      Metal­li­ca -> On fait des saluts nazis pour le fun -> nazi (on rigole pas avec ça).
      Black Metal -> « Metal Noir » en fran­çais, donc comme le Soleil Noir -> nazi.

      Etc.
      C’est rigo­lo tel­le­ment c’est facile.

      Bref, plus sérieu­se­ment, c’est dingue de lire ce genre de (sous)-commentaires sur une page proche de la zété­tique…

      • Stan, argu­men­tez, on vous lira, mais inutile d’être condes­cen­dant avec celles et ceux qui écrivent ici. On est tou·tes en construc­tion, on n’est pas tou·tes au même niveau, et on est for­cé­ment la nouille de qqun·e d’autre. Donc Patience 🙂

        • Stan dit :

          Mon com­men­taire est, pré­ci­sé­ment, un argu­ment ! 😉
          Via la (fausse) logique par asso­cia­tion, vous le savez mieux que moi, tout le monde devient nazi ! A tel point que c’est un sophisme qui a son nom en latin.
          Vous vou­lez du fond ? Allons‑y :
          – Alcest, et son lea­der Neige, via ses dizaines d’in­ter­views trou­vables en 2 clics (il y a même un livre édi­té par Radio Metal qui revient sur toute son his­toire, ici : http://www.radiometal.com/article/lintegrale-alcest-by-radio-metal-pre-commandes-ouvertes,353316), n’est soup­çon­nable à AUCUN MOMENT de sym­pa­thie pour cette idéo­lo­gie ! Il suf­fit pour cela de le lire in exten­so ou de se ren­sei­gner un peu sur les proches le côtoyant. Il n’y a aucun doute à avoir. Pour­tant, ça suf­fit à Marc pour affir­mer, je cite : « le (manque de) posi­tion­ne­ment de Neige sur la ques­tion est déce­vant » [sic], en citant une réponse qui est pour­tant on ne peut plus claire sur la ques­tion ! Il le dit, et ça se voit : la poli­tique et lui, ça fait deux. Et qui connaît Famine (de Peste Noire) sait bien que c’é­tait lui, le nazillon de la bande d’a­mi, pas Neige. Loin de là !

          Bref, déshon­neur par asso­cia­tion. Vous savez : je n’aime pas les tomates, et si vous par­lez et faites de la musique avec moi… pouf ! Vous n’ai­mez plus les tomates non plus ! On ne fait pas plus bête comme logique, et comme absence d’ar­gu­ment. Cela se pose là.

          Pareil pour Blut Aus Nord et Vind­sval. Il a don­né son point de vue par­tout, dans plu­sieurs inter­views, même dans la pré­face d’un livre sur le Black Metal qui a plu­tôt bien mar­ché (source : https://www.amazon.fr/ANTHOLOGIE-DU-BLACK-METAL‑1/dp/2357791861/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&dchild=1&keywords=anthologie+black+metal&qid=1615403782&sr=8–1), et per­sonne ne peut le sus­pec­ter de quoi que ce soit. Pour­tant, avec des argu­ments tout ce qu’il y a de plus nuls (déso­lé, mais c’est vrai) et rem­pli d’in­cul­ture (même Wiki­pe­dia suf­fit à le remettre à sa place) en mode : « Thu­lé = Thule-Gesell­schaft = nazi », je suis déso­lé, mais ça, ce n’est PAS un argu­ment. Comme je viens pré­ci­sé­ment de le démon­trer dans mon mes­sage pré­cé­dent ! A ce jeu-là, tout devient nazi. Ce n’est pas de la condes­cen­dance, c’est juste répondre à la bêtise par de l’ab­surde et de l’hu­mour ! C’est donc, pré­ci­sé­ment, de l’ar­gu­men­ta­tion.

          De plus, appli­quer une fausse dicho­to­mie en disant, je cite encore Marc : « Vind­sval ne brille pas non plus par son enga­ge­ment contre le NSBM », comme s’il fal­lait néces­sai­re­ment se posi­tion­ner sur cette ques­tion, comme si le monde du Black Metal se limi­tait aux « pro » et aux « anti », excu­sez-moi de le redire, mais c’est de la bêtise ! C’est la logique que George Bush junior appli­quait au len­de­main des atten­tats du 11 sep­tembre : « vous êtes avec nous, ou avec les ter­ro­ristes ». Comme si deux camps seule­ment exis­taient ! Comme si nous étions néces­sai­re­ment tous en guerre ! Non, déso­lé, mais ce n’est pas le cas. Neige se fout du NSBM, et il a rai­son. Vind­sval se fout du NSBM, et il a rai­son aus­si. Et trou­ver « sus­pect » de ne pas vou­loir condam­ner matin, midi et soir une idéo­lo­gie dont on se fout, excu­sez-moi, mais c’est ça, moi, que je trouve sus­pect !

          Est-ce que c’est plus déve­lop­pé / argu­men­té pour vous ? Mer­ci d’a­vance pour votre retour, et mer­ci éga­le­ment pour votre ouver­ture d’es­prit sur la ques­tion. C’est rare de voir quel­qu’un d’ex­té­rieur à ce milieu vou­loir s’y inté­res­ser de bonne foi.

          • Marc dit :

            Bon­jour Stan,

            Mer­ci pour les réfé­rences sup­plé­men­taires pour Alcest et Vind­sval ; j’a­vais pas­sé un peu de temps à cher­cher des élé­ments pour ces deux musi­ciens (cf. les cita­tions que j’a­vais pos­tées et qui fai­saient par­tie des rares que j’a­vais trou­vé de leur part sur ces ques­tions) et force est de consta­ter que je n’ai pas suf­fi­sam­ment cherché/que je ne connais pas aus­si bien que toi le black metal et ses acteurs. D’ailleurs si tu as des inter­views acces­sibles faci­le­ment et un peu plus claires sur ces ques­tions, je suis pre­neur.

            Le monde du black metal ne doit pas se limi­ter au pro- ou anti-NSBM et je crois aus­si qu’on peut faire plus sub­til que « pour » ou « contre » de manière géné­rale, mais je crois aus­si que ce n’est pas com­plè­te­ment décon­nant de vou­loir tra­cer des lignes rouges et de col­lec­ti­ve­ment dire « je ne pense pas que cette idéologie/ce com­por­te­ment soit OK ». Je suis aus­si plu­tôt pour la liber­té d’ex­pres­sion et pas par­ti­san de la cen­sure, mais ça ne doit pas nous empê­cher de s’é­le­ver contre et de dénon­cer quand on trouve que c’est pro­blé­ma­tique. Et je trouve ça sain que les acteurs du milieu le fasse.

          • Thomas dit :

            Bon­jour Stan, Marc,

            Je rebon­dis sur Alcest. On ne parle pas que de Neige déjà dans ce groupe. Mais je vou­drais m’a­van­cer sur plu­sieurs points :

            Neige / Win­te­rhal­ter / Indria

            Neige a joué dans KPN (Dor Dae­loth avant ca) de 2001 à 2009
            Neige a joué dans Mor­ti­fe­ra (avec Nok­tu donc) de 2001 à 2005
            Neige a joué dans Ame­soeur (avec Audrey Syl­vain) de 2004 à 2009
            Neige a joué dans Old Sil­ver Key (avec les membres de Hate Forest/Drudkh) de 2011 à 2013
            Neige a joué dans Gla­cia­tion (avec Val­noir) en 2011
            Neige a par­ti­ci­pé au pro­jet Val­funde pour le split Amesoeur/Valfunde (avec famine donc) en 2007
            (on peut même se posé la ques­tion sur l’al­bum de Hara­ki­ri For The Sky en 2021 puis­qu’il était avec Audrey Syl­vain qui elle a été cen­su­rée par HFTS, avec une excuse limite, il faut l’a­vouer)

            Win­te­rhal­ter a joué dans KPN de 2006 à 2007
            Win­te­rhal­ter a joué dans Ame­soeur de 2007 à 2009 (et dans le split avec Val­funde)
            Win­te­rhal­ter a joué dans Gla­cia­tion de 2012 à 2015 (Avec Hreid­marr donc)

            Indria a joué dans KPN de 2006 à 2012
            Indria a joué dans Gla­cia­tion en 2015 (avec Hreid­marr donc)

            La pre­mière demo d’Al­cest (avec Famine des­sus) est sor­ti chez Drak­kar Pro­duc­tions

            Je rejoins Marc, sur le manque de posi­tion­ne­ment. J’ai éplu­ché tout ce que je pou­vais d’Al­cest pour trou­ver, des excuses, des regrets ou même un sem­blant de remords. Neige a côtoyé un sacré paquet de sac à m*rde dans son CV… il a répon­du en 2011 a une inter­view a ce sujet pour dire :

            « Je n’ai jamais été impli­qué de quelque manière que ce soit avec des idéo­lo­gies poli­tiques, racistes ou xéno­phobes. J’é­tais juste un musi­cien à Peste Noire, la plu­part du temps musi­cien de ses­sion, je n’ai jamais par­ti­ci­pé aux paroles ou à la phi­li­so­phie du groupe »

            ou

            « Alcest n’a RIEN à voir avec une phi­lo­so­phie basée sur la haine comme le racisme et en tant que per­sonne je ne suis abso­lu­ment PAS dans le nazisme, le racisme et de telles idéo­lo­gies. »

            Les inter­views du book de Radio Metal sont savam­ment choi­sies, et sont toutes assez récentes. Donc ce sont de belles for­mu­la­tions de phrases pour évi­ter de par­ler du sujet depuis qu’Al­cest a explo­sé, si tu veux mon avis. Car en 2008 lors d’in­ter­view, il avait plu­tot au cou­rant de tout ca, le jus­ti­fiait et le defen­dait.

            en 2019 :

            « Ques­tion : Jus­te­ment Alcest a démar­ré sous l’é­gide d’un black metal cru et gla­cial, dans le sillage de Peste Noire ou Celes­tia (même si les trois groupes sont très dif­fé­rents les uns des autres)…

            Réponse de Neige : Je tiens à pré­ci­ser que j’ai com­men­cé Alcest avant de rejoindre ces groupes, en effet, les gens pensent que je viens du black metal alors que je jouais déjà dans Alcest à l’époque (Sou­rire)… »

            Je pense que c’est ce genre d’ar­gu­ment que Marc veut mettre en avant en par­lant d’un manque clair de posi­tion­ne­ment. Et je suis d’ac­cord avec lui.

            Je suis tout a fait fait open à ce que tu four­nisses des vrais liens car à moins de nous avoir copié/collé des liens que tu n’as pas lu, cela ne raconte rien du tout…

            C’est quand même de la sym­pa­thie +++ et l’évitement opé­ré pour ne pas en par­lé me semble louche. Sur­tout qu’ils auraient beau­coup à gagner en se posi­tion­ne­ment ouver­te­ment.

            C’est ce qu’a fait Sum­mo­ning en s’ex­cu­sant d’a­voir joué dans des groupes NS dans le pas­sé et ils sou­tiennent à fond le mou­ve­ment Black lives Mat­ter à pré­sent. Dark­throne s’est excu­sé aus­si pour les réfé­rences au nazisme au début de leur car­rière, ils sor­ti­ront même des disques très Punk/Crust.

            ———

            Le livre que tu cites, Antho­lo­gie du Black Metal, ne raconte pas du tout ce que tu es entrain d’af­fir­mer sur Vind­sval. Il cite entre autre Bur­zum comme album « fan­tas­tique et irréel ». Il cite aus­si Deaths­pell Ome­ga (groupe de Mik­ko Aspa) ou Abi­gor (avec un membre ouver­te­ment d’ex­treme droite et pre­nant la défense du groupe Absurd)

            Encore une fois je rejoins Marc, j’ai éplu­ché les inter­views de BUN (peut être que j’en ai lou­pées, je t’en pris par­tage les liens !) et Vind­sval laisse pla­ner le doute avec cette sor­tie pour sa sym­pa­thie pour les groupes de NSBM…

            Je suis d’ac­cord avec toi pour Ulti­ma Thu­lé (l’al­bum est dédi­ca­cé à B.M.C d’ailleurs si quel­qu’un sait ce que c’est ?), mais il y a aus­si l’al­bum The Odi­nist. BUN est un artiste embla­ma­tique de Debe­mur Mor­ti, qui est label avec quelques groupes très extreme droite friend­ly (Comme Syn­hop­fer le pro­jet solo d’Ar­draos, qui est le bat­teur qui a sui­vi Win­te­rhal­ter dans KPN…Dont les inter­view ne laissent aucun doute).

            Selon mes cri­tères per­sos, je ne les accuse de rien à part d’une cer­taines forme de sym­pa­thie mais je reste méfiant mal­gré tout…

            ———-

            Ne pas etre « contre » le nazisme, le natio­na­lisme, le racia­lisme, le racisme, etc… tu trouves que c’est une bêtise ? A AUCUN moment ils disent s’en foutre du NSBM. Et affir­mer qu’ils ont rai­son me semble assez dan­ge­reux

            ———-

            Je ne sais pas si tu as bien lu le témoi­gnage, je parle d’une prise de posi­tion et de mili­tan­tisme vis a vis de ce genre de musique et vis-a-vis de l’apolitisme/neutralité (qui est une sombre illu­sion pour don­ner rai­son ou l’a­van­tage aux domi­nants sur tu veux mon avis)

            Je te laisse avec cette excel­lente vidéo qui parle du fas­cisme artis­tique (entre autre) : https://www.youtube.com/watch?v=SbSVuXeUY_Q

          • Thomas dit :

            J’ai­me­rais éga­le­ment ajou­ter cet article : https://zet-ethique.fr/2020/09/30/des-dangers-de-la-naivete-politique-et-sociale/ qui parle aus­si du fameux point God­win.

            Cher­cher la petite bête n’est pas non plus le but de mon témoi­gnage. Suite à la publi­ca­tion ici, j’ai reçu pas mal de mes­sage de per­sonnes qui ne savaient pas pour tel ou tel artiste, y com­pris dans mes proches.

            L’intérêt n’est pas d’af­fi­lier tous les artistes à l’ED mais de se rendre compte que l’es­prit cri­tique est aus­si néces­saire quand on écoute de la musique. Parce qu’a­che­ter un CD, un vinyle, une cas­sette, écou­ter sur une pla­te­forme de strea­ming, sur YT, par­ta­ger ces décou­vertes musi­cales à ses proches ou sur les réseaux sociaux EST un acte poli­tique, que tu le veuilles ou non, que l’ar­tiste le veuille ou non. Don­ner de l’argent à un natio­na­liste parce qu’il chante son amour pour les dieux d’une ancienne reli­gion, c’est don­ner de l’argent à un natio­na­liste quand même, que tu sou­tiennes uni­que­ment l’art ou non.

      • Marc dit :

        Bon­jour Stan,

        J’ai jus­te­ment pré­ci­sé que Ulti­ma Thu­lé était un mythe qui n’é­tait pas l’a­pa­nage des nazis, si tu lis bien mon com­men­taire, donc ce serait gen­til de ne pas trop cari­ca­tu­rer mon pro­pos.

        Le but n’est pas non plus d’or­ga­ni­ser une grande chasse aux sor­cières et de clouer au pilo­ri tous les groupes de metal (et si ce n’é­tait pas clair j’en écoute tou­jours, beau­coup), mais il faut aus­si avouer qu’un cer­tain nombre de groupes NSBM ou proche du NSBM se gardent bien d’af­fi­cher trop osten­si­ble­ment leur appa­ra­te­nance à la mou­vance, et que des sombres réfé­rences un peu occul­tistes sont par­fois bien utiles pour envoyer des clins d’œil à cel­leux qui sau­ront les déchif­frer. Et je n’ai pas de pro­blème avec le fait d’u­ti­li­ser des réfé­rences qui peuvent être à double tran­chant, mais du coup il me semble, vu ce qu’ils peuvent repré­sen­ter et sous-entendre, qu’on peut légi­ti­me­ment deman­der aux groupes d’être très clairs sur leurs inten­tions.
        J’ai l’im­pres­sion (et je ne crois pas être le seul) que si la com­mu­nau­té dans son ensemble ne balaie pas une bonne fois pour toute devant sa porte, il y aura tou­jours un fond d’o­deur nau­séa­bonde qui res­te­ra.

        • Hel­lo Stan,et Marc. Je vous remer­cie, grâce à vous je com­mence à piger les linéa­ments du milieu. je vous sais gré de res­ter calmes et cour­tois dans ces échanges. Et je tiens à m’ex­cu­ser : si j’ai lais­sé pen­ser dans mon com­men­taire que toute ref à Thu­lé était for­cé­ment nazie. Je pense entre autres au livre (adap­té en film) les rois de Thu­lé, qui n’a à ma connais­sance aucune ref nazie. Ca a été écrit par le géo­graphe Jean Malau­rie. La géo­gra­phie ça conserve : Malau­rie est encore en vie, il a 99 ans !
          En pas­sant : je com­prends Stan votre peur du déshon­neur par asso­cia­tion. On m’a sou­vent fait le coup. La pire : si je fais une conf sur la liber­té d’ex­pres­sion, alors je suis sus­pect de défendre une liber­té lais­sant Fau­ris­son et consorts par­ler. Si j’ai eu Jean Bric­mont dans mon jury, alors une sorte de fluide a cou­lé sur moi, et a fait une tâche indé­lé­bile, comme la tpache de sang dans le Fan­tôme de Bas­ker­ville. Bizar­re­ment ce n’est pas le com­mu­nisme de Hen­ri Broch, le soc­dem de Patrick Lévy, le jaco­bi­nisme de Guillaume Lecointre ou le syn­di­ca­lisme de gauche de Clau­dine Kahane qui a cou­lé sur moi, c’est la Bric­mite 🙂

  4. Benoît dit :

    Bon­soir,

    Mer­ci beau­coup pour ce témoi­gnage et vos tra­vaux en géné­ral. Par contre, il y a une coquille dans la liste de livres des édi­tions Camion Noir, l’au­teur de « Might is Right » est bien Ragnar Red­beard (comme vous le dites plus haut) et non Aleis­ter Crow­ley.

    Sinon, je pro­pose aus­si quelques réfé­rences :

    - « Hail Satan ? » (2019) de Pen­ny Lane : un docu sur des sata­nistes amé­ri­cains qui uti­lisent la pro­vo­ca­tion pour cri­ti­quer le conser­va­tisme et la non-laï­ci­té aux États-Unis.
    – « La voix de Satan » par l’Al­liance Mys­tique de Satan Glo­ri­fié : un magazine/fanzine sata­niste sur la culture sata­niste. http://gloireasatan.com/shop.html
    – « Made in Bri­tain » (1982) d’A­lan Clarke : télé­film bri­tan­nique, un des pre­miers rôles de Tim Roth. En gros l’his­toire d’un ado skin­head néo­na­zi com­plè­te­ment pau­mé. Il y a une forte dimen­sion sociale sans être mora­liste. L’ou­ver­ture du film sur « UK82 » d’Ex­ploi­ted m’im­pres­sionne tou­jours beau­coup : https://www.youtube.com/watch?v=xF3aekNecbs
    – « Krie­ge­rin » (2011) de David Wnendt : un film alle­mand sur une skin­head néo­na­zie dans un contexte post-RDA.
    – « Breizhs­kin » (2016) de Dav Gue­din et Crao­man : une BD sur des ados skins néo­na­zis bre­tons.
    – « Dis­tor­sion – Dic­ta­ture » (2018) : Dis­tor­sion est une série de mooks avec une thé­ma­tique à chaque numé­ro, c’est très docu­men­té et très gra­phique autour de la culture metal, punk, ciné­ma de genre, hor­reur, éro­tisme… Il y a un article dans le numé­ro « Dic­ta­ture » sur le NSBM. http://www.distore.tv/index.php?id_product=167&controller=product&id_lang=1
    – « La Pro­pa­gande dans la BD » (2010) de Fre­de­rik Ström­berg : un excellent livre qui fait un peu le tour de toutes les idéo­lo­gies qui ont été véhi­cu­lées avec le medium BD. Ça parle de pro­to-BD nazi, de l’o­ri­gine des sté­réo­types racistes sur les chi­nois dans Lucky Luke, de Sha­lo­man un super­hé­ros de pro­pa­gande israé­lienne, de BD reli­gieuses, de BD anti­com­mu­nistes, diverses BD mili­tantes pro­gres­sistes (fémi­nisme, anars, anti­ra­cistes…) etc.

    Sinon concer­nant la culture limite-limite je me deman­dais si vous connais­siez le sous-genre de la « nazis­ploi­ta­tion » ?
    Un sous-genre de films vrai­ment très glauques des années 70 ayant pour thé­ma­tique l’é­ro­tisme et les nazis…
    Avec des joyeu­se­tés comme « la der­nière orgie du IIIème Reich » (celui là faut vrai­ment s’ac­cro­cher) ou « Isla la louve des SS ».
    Cet article de Vice sur le sujet est vrai­ment pas mal : https://www.vice.com/fr/article/9b8d73/une-lettre-d-amour-a-la-nazisploitation-le-cinema-porno-national-socialiste

    Voi­là, je ne sais pas si ça peut vous inté­res­ser.

    • Mer­ci, oui c’est cap­ti­vant, , Isla la louve des SS miam miam ça donne envie 🙁 Je vais cor­ri­ger Ragnar Red­beard.

    • Thomas dit :

      Bon­jour Benoit,
      Mer­ci beau­coup pour ton com­men­taire et mer­ci pour avoir rele­vé la coquille ! 🙂
      Mer­ci pour les réfé­rences, je vais tout noter et regar­der 🙂

      Je suis éga­le­ment un gros consom­ma­teur de cine­ma bis (B & Z) mais je n’ai décou­vert le « nazis­ploi­ta­tion » que bien plus tard (vers 2015/2016).

  5. Rémi dit :

    Bon­jour Tho­mas, est-ce que vous savez ce que sont deve­nus vos anciens potes ?

    • Thomas dit :

      Bon­jour,
      Oui, certain·es ont quit­té ces idées radi­cales bien avant moi, d’autres moins.
      Certain·es sont parti·es en arri­vant dans dif­fé­rents lycées, d’autres ont démé­na­gé (comme moi)…
      Je crois qu’un ou deux sont res­tés dans une spi­rale assez hai­neuse, mais pas sur.

      Donc déso­lé pour cette réponse assez floue…

      • Rémi dit :

        Mer­ci pour la réponse. Je me dou­tais déjà de l’im­por­tance du contexte dans l’é­vo­lu­tion ou la conso­li­da­tion des convic­tions mais votre témoi­gnage met par­ti­cu­liè­re­ment bien l’ac­cent des­sus. J’au­rais d’ailleurs même appré­cié d’a­voir plus de détails sur les méca­nismes et étapes de votre « décon­ver­sion ».
        Pou­voir com­pa­rer votre évo­lu­tion avec celle de vos anciens amis de façon un peu détaillée aurait du coup été aus­si un plus.

        • Thomas dit :

          Bon­jour Rémi,
          Déso­lé pour la réponse tar­dive… Je vais bien­tot enre­gis­trer un pod­cast pour par­ler un peu plus de la décon­ver­sion.
          Affaire à suivre 🙂
          Bonne jour­née

  6. Steak dit :

    mouai Bof . Attend de décou­vrir le sata­nisme coté LGBTQ+ , Sio­nisme, Mon­dia­lisme, Gui­des­tone Geor­gie, Kab­bale , crimes pédo­cri­mi­na­lo­sa­ta­niste et tant d’autres, Bonne conver­sion Luci­fe­rienne a toi

  7. Morte Lune dit :

    Salut !

    Et bien si tu vends tes articles de Peste Noire et qu’il t’en reste, je suis inté­res­sé…

  8. Vince de BMF dit :

    Salut,
    J’ai eu un par­cours assez simi­laire, bien que je ne suis pas allé non plus à de tels extrêmes (wtf avoir une pho­to d’A­dolf dans son por­te­feuille j’ai hur­lé !). J’ai eu une grosse période en fin d’a­do­les­cence (de 2011 à 2015 envi­ron) où j’é­tais clai­re­ment un gros réac natio­na­liste avec pas mal de potes d’ED (je vivais aus­si dans un vil­lage dans l’Est de la France ha ha). En fait je me cachais sur­tout der­rière el famo­so apo­li­tisme et un cer­tain humour noir pour ne pas assu­mer plei­ne­ment mes pro­pos.

    Je suis aujourd’­hui sor­ti de ces démons, étant de sen­si­bi­li­té bien plus de gauche et avant tout pro­gres­siste. Les rai­sons de mon évo­lu­tion sont bien évi­dem­ment mul­tiples. Tout d’a­bord en fin 2014 lorsque je suis ren­tré dans le monde du tra­vail, la démerde par soi-même, ne plus comp­ter sur ses parents, connaître l’ex­ploi­ta­tion patro­nale, for­cé­ment ça fout une claque. Ensuite des ren­contres mul­tiples dans ma vie qui m’ont fait prendre conscience sur pas mal de choses, où j’ai pu m’é­du­quer sur les luttes fémi­nistes, LGBT etc… Puis est venue la claque finale en jan­vier 2015 : les atten­tas de Char­lie Heb­do. Cet évé­ne­ment a for­cé­ment mar­qué tout le monde, peut importe son idéo­lo­gie de base. Elle aurait très bien pu m’embrigader davan­tage dans mon extré­misme. Et pour­tant, cet évé­ne­ment m’a fait prendre conscience des cercles de vio­lence. Je me suis aus­si ren­du compte de l’op­por­tu­nisme de cer­taines figures poli­tiques de se sai­sir immé­dia­te­ment du sujet. Enfin bref, j’ai beau­coup appris dans les années qui ont sui­vi bien enten­du.

    Concer­nant le Black Metal, j’en écoute tou­jours énor­mé­ment, à croire que ça n’é­tait pas une phase.… J’ai beau me poser ces ques­tions très régu­liè­re­ment, mais je ne sais tou­jours pas com­ment me posi­tion­ner clai­re­ment par rap­port à l’am­bi­guï­té poli­tique dans le milieu. Evi­dem­ment inutile de dire que je rejette les groupes aux thé­ma­tiques ouver­te­ment fas­cistes. Mais pour les groupes ayant « « juste » » des membres fachos, des cas­se­roles plus ou moins anciennes au cul, des liai­sons plus ou moins véri­fiées avec ces sphères, j’ai l’im­pres­sion de ne pou­voir faire au mieux que du cas par cas. Il est tou­te­fois cer­tain que je ne peux plus sou­te­nir finan­ciè­re­ment les groupes incri­mi­nés. Cepen­dant ten­ter d’é­cou­ter que des groupes « safes » est impos­sible pour moi, ça serait me sépa­rer de 80% de mes écoutes si on creuse bien. Oui parce que si on creuse, comme vous l’ex­pli­quiez dans vos exemples, j’ar­rête d’é­cou­ter la plu­part des gros groupes nor­vé­giens (May­hem, Empe­ror, Taake et com­pa­gnie), mais j’ar­rête aus­si Alcest pour son pas­sif avec PN, j’ar­rête Deaf­hea­ven groupe ouver­te­ment de gauche mais qui a eu le mal­heur de faire un feat avec Neige.… J’ar­rête Car­pen­ter Brut et Per­tur­ba­tor parce que y a eu le bail avec Deaths­pell Ome­ga et donc notre ami Mik­ko. J’ar­rête Ramm­stein parce que le clip de Strip­ped. Fin bref, je rai­sonne par l’ab­surde je sais bien, mais vous com­pre­nez bien le sou­cis ? Ca me parait quand même bien de pou­voir dres­ser des limites du rai­son­nable dans ce qui est mer­dique ou ne l’est pas.
    Et j’a­voue que mon très gros affect avec la musique Black Metal de manière géné­rale me fait rai­son­ner de manière débile, je m’en rends bien compte. En tant nor­mal je trouve la fameuse sépa­ra­tion oeuvre/artiste très dan­ge­reuse, par exemple je m’op­pose tota­le­ment à offrir une tri­bune à un type comme Polans­ki. Et pour­tant quand on parle Black Metal, genre à tout hasard l’é­lé­phant dans la pièce qu’est Bur­zum, ben j’ar­rive quand même à appré­cier Bur­zum mal­gré le sac à merde évi­dem­ment qu’est notre bar­bu du Limou­sin.

    Bref, jamais simple tout ça, c’est un débat que j’ai sans cesse avec d’autres amis, et je suis tou­jours curieux d’é­chan­ger à ce sujet.

  9. Kevin 78 dit :

    Hel­lo les gens.
    Vos conver­sa­tions sont pas­sion­nantes car la matière pre­mière d’emblée est bonne (l’a­mour d’une cer­taine musique qui nous ras­semble. Comme quoi d’ailleurs c’est, à l’ins­tar d’un évé­ne­ment spor­tif, une façon arti­fi­cielle de ras­sem­bler des gens aux anti­podes les uns des autres .… Mais la dif­fé­rence entre le black metal et le foot c’est que la seconde dis­ci­pline a été ins­tru­men­ta­li­sée par des poli­ti­cards pour prô­ner le vivre ensemble
    Bref, pour reve­nir à nos mou­tons je constate beau­coup de mas­tur­ba­tion intel­lec­tuelle consis­tant à son­der les coeurs et les reins . « Ah machin serait NS car le cou­sin de son bou­lan­ger pré­fé­ré aurait pris une bière dans un bar iden­ti­taire un jour à Lille, mais on est pas cer­tain de l’in­fo car c’est pos­té sur le site « #méga­ri­pos­te­laï­co-Anti­fa­du­Nord­Pas­Ca­lais ».…

    Bon , on pour­rait écrire un roman sur ce sujet. Et atten­tion je vais faire des digres­sions sou­vent je m’en excuse.
    J’es­saie­rai d’être bref avec quelques remarques.
    Déjà on parle de NSBM et je constate que Ad Homi­nem, groupe fran­çais, n’est pas cité, nan mais allô quoi !!
    « a new race for a new world  » ça vous parle ?
    Un titre comme Pla­net Z.O.G. ça vous dit quelque chose ? Là effec­ti­ve­ment, les gens her­mé­tiques à la poli­ti­sa­tion de ce milieu peuvent poin­ter du doigt que c’est un groupe un tan­ti­net nazillon. Mais si tu peux clas­ser Bur­zum dans la même mou­vance à cause des tur­pi­tudes du chan­teur fon­da­teur tu peux pas le mettre sur le même plan, la musique de Varg Vikernes n’é­tant pas poli­ti­sée.
    Cer­tains vont me dire « ah si si la musique de Vikernes est tout de même poli­ti­sée même si c’est sous jacent » lol
    N’est-ce pas KANT qui disait « l’oeuvre d’un artiste est la signi­fi­ca­tion pro­fonde de son époque » (si j’ai bien rete­nu ce que disait mon prof de phi­lo au lycée il y a une ving­taine d’an­nées).
    En fait vous relan­cez, au tra­vers de cette dis­ser­ta­tion sur un sous sous genre du métal extrême, le sem­pi­ter­nel débat consis­tant à deman­der « peut-on dis­so­cier l’ar­tiste de l’homme ».
    Moi per­so, je suis loin d’être admi­ra­teur de Roman Polans­ki pour ses déboires judi­ciaires (viol sur mineur) sachant que je dénonce sou­vent la pédo­cri­mi­na­li­té impli­quant des notables ou des gens du show biz , via des posts sur des réseaux sociaux. Ceci étant dit ça m’a pas empê­ché d’ap­pré­cier cer­tains de ses films(et je parle pas que des films qui font un clin d’œil au sata­nisme comme rose Mary’s baby, la neu­vième porte, mais aus­si le thril­ler poli­tique The ghost wri­ter, ou encore le film his­to­rique sur l’af­faire Drey­fus , sujet qui a tou­jours déchaî­né énor­mé­ment de pas­sion dans les milieux ED à l’an­cienne et chez les détrac­teurs des milieux FAF. Puisque une banale his­toire d’es­pion­nage mili­taire a cli­vé la socié­té. Mais bien sûr je sais prendre avec des pin­cettes l’oeuvre artis­tique que je reçois avec mes yeux et mes oreilles.

    J’ai aimé, et j’aime encore la musique de Noir Désir, groupe de rock fran­çais bien à gauche comme cela est le cas pour toute la scène rock alter­na­tif des années 90 . Pour autant je serais embê­té à l’i­dée de voir Ber­trand Can­tat sur scène depuis qu’il a ôté la vie de sa maî­tresse vio­lem­ment en 2003.
    Cer­tains de mes proches diraient que je suis un connard hypo­crite 🙂 car je porte des T‑shirts avec logos de Bur­zum et des décriés Sei­gneur Voland.
    (Sur Bur­zum : il a du sang sur les mains le Varg, oui, mais bizar­re­ment je ne pleure pas la mort de son rival artis­tique et vous note­rez que les membres de May­hem non plus. Je peux repro­cher en revanche à Varg son anti chris­tia­nisme pri­maire et le fait qu’il ait brû­lé des églises en bois qui fai­saient par­tie du patri­moine nor­vé­gien quoi qu’on en pense, erreur de jeu­nesse, il a mûri comme un bon vin depuis .
    Sur Sei­gneur Voland, oui leur pas­sif judi­ciaire est d’un sor­dide, oui c’est sca­breux, oui c’est lugubre, et oui ils ont méri­té la case pri­son pour cette pro­fa­na­tion de tombe mor­bide à Tou­lon (par­don c’est presque un pléo­nasme). Mais quand on est mélo­mane, ces riffs de raw black metal garage c’est du bon­heur. Vous allez me dire « et les paroles NS tu t’en fous ! »
    Alors de 1) je m’en fous effec­ti­ve­ment dans le sens où je ne les condamne pas
    Et de 2) je ne blame abso­lu­ment pas un ama­teur de black metal qui vou­drait ne pas les écou­ter à cause de la politisation/” idéo­lo­gi­sa­tion” pré­gnante dans les textes. Pour une simple et bonne rai­son, les black metal peut exis­ter sans le NS. Je le conçois . Et j’ai même une bonne nou­velle pour les pro­gres­sistes ici : Le NS et les idéo­lo­gies radi­cales de la mou­vance ED peuvent aus­si exis­ter musi­ca­le­ment sans le recours au black metal . Comme il a été men­tion­né dans le post prin­ci­pal depuis une dou­zaine d’an­nées et plus , il y a du rap natio­na­liste, iden­ti­taire et avant cela en France il y avait le mou­ve­ment culcul la pra­line du RIF rock iden­ti­taire fran­çais et plus lar­ge­ment le RAC rock against com­mu­nism si cher aux neus­kis. D’autres écoutent de l’EBM , de la musique Goth/indus ou sim­ple­ment du clas­sique. Et ya les vieux de la vieille qui pré­fèrent les chants mili­taires et de la Légion Étran­gères. (Ne pas croire que le monde FAF soit homo­gène déjà, il y a plus de diver­si­té que chez cer­taines asso­cia­tions com­mu­nau­taire voyez vous ).
    Les gens qui ici écrivent en écri­ture inclu­sive et rechignent à écou­ter de la zic qui leur rap­pelle les heures les plus sombres de notre his­toire, grand bien leur en fasse, per­sonne n’est obli­gé de rien.
    Par contre , ça me désole qu’on demande à des groupes d’es­tam­piller leurs albums du logo « anti­fas­cist black metal » car ça contri­bue et par­ti­cipe à la poli­ti­sa­tion de ce milieu. (Il est vrai que le milieu musi­cal des crânes rasés de la Oï connait le même dilemme car le RAC n’est jamais qu’un sous genre du rock OÏ qui lui même n’au­rait pas exis­té sans le punk rock et le ska. Et il y a tou­jours ce débat sur « les skin­heads sont-ils à la base apo­li­tique, à quel moment y a‑t-il eu un schisme etc… ».
    Au pas­sage je vous invite à voir le film Les ras­cals sor­ti en 2023, un petit drame sym­pa dans la même veine que « un fran­çais ».
    Au début des années 2000 j’a­vais fait décou­vrir à des potes musi­ciens bla­ckeus des bons albums de BM , abso­lu­ment pas conno­té s comme notam­ment Olc Sinn­sir. Ils avaient vrai­ment « enjoy » par amour de cette musique. Mais dès qu’on que l’on évo­quait la scène NSBM qui a l’é­poque nous parais­sait une chi­mère, un truc grou­pus­cu­laire comp­tant un pelée et trois tondus(ou che­ve­lus c’est selon) , mes potes mon­traient leurs réti­cences. Hors de ques­tion pour eux d’é­cou­ter un artiste qui s’af­fiche avec un dra­peau frap­pé de la svas­ti­ka. Tout ça pour vous dire qu’il ya des gens qui aiment sin­cè­re­ment cette musique sans jamais pen­ser une seconde que ça à voca­tion à être le nec plus ultra de la musique conno­tée d’ex­trême droite. Moi en revanche ça me posait pas de sou­cis mais j’é­tais hon­nête avec eux en admet­tant « il est vrai que les groupes qui abusent d’ar­ti­fices comme des sym­boles SS et un dra­peau noir blanc rouge sur les pho­tos tentent sou­vent de palier à un manque de créa­ti­vi­té musi­cale, un manque de per­ti­nence et de qua­li­té artis­tique. Et c’est sou­vent de la soupe, disons le fran­che­ment.  »

    Pour ça que je citais Sei­gneur Voland plus haut pour dire que eux avaient quand même de bonnes compos(les biens pen­sants qui lisent Télé­ra­ma doivent bon­dir ).
    De même vous pou­vez détes­ter ou pas la per­son­na­li­té de Varg Vikernes et admettre que ses com­pos étaient bonnes (j’ai tou­jours pré­fé­ré Bur­zum à May­hem, over­ra­ted band pour moi, qui pour le coup doit aus­si sa légende à son pas­sif sul­fu­reux conjoin­te­ment avec le par­cours de l’a­mi Varg)…

    Comme disait à juste titre un jour Glen Ben­ton , chan­teur du groupe de death métal « Dei­cide » : tu auras beau faire le malin avec du maquillage mais si la musique que tu joues sonne comme de la merde ça res­te­ra de la merde. // Fin de cita­tion.
    On peut approu­ver sur le fond les dires de ce redneck(pas objec­tif le gars car rival de la scène black metal nor­vé­gienne flo­ris­sante des années 90). Bien que j’ai mis un peu plus de temps à appré­cier le death métal, je dois recon­naître que les pro­ta­go­nistes de cette mou­vance sont plus convain­cant scé­ni­que­ment par­lant. Com­bien de groupes de black metal m’ont lais­sé un sou­ve­nir impé­ris­sable en concert. Ça doit se comp­ter sur les doigts d’une main de lépreux.…

    Pour reve­nir à moi, je suis un grand fan des sex pis­tols, d’où un côté irré­vé­ren­cieux qui fait que j’aime le bruit, la fureur, la pro­vo­ca­tion chez les artistes, l’hu­mour noir et cynique d’un pierre Des­proges ou de son pen­dant moderne Gas­pard Proust. Du punk rock années 70/80(oui j’é­cou­tais des choses pas de ma géné­ra­tion quand presque tout le monde dans mon col­lège de ban­lieue pari­sienne écou­tait du rap_ c’é­tait les Années 90) puis je suis pas­sé au néo métal amer­loque à la fin des années 90(what!! de la musique com­mer­ciale le direz vous) , et puis des cama­rades m’ont fait décou­vrir le black metal. Oui pour cette tran­si­tion biz­zare j’ai pas eu de palier genre Slayer. Pour moi le métal ça se limi­tait à Iron Mai­den et Metal­li­ca dans mon ima­gi­naire, et j’a­vais vu le néo metal comme une scène post grunge. Le black metal en revanche sus­ci­tait chez moi une curio­si­té assez exci­tante tant ça ren­voyait à un ima­gi­naire intem­po­rel. Le temps s’ar­rête quand on écoute cette musique. L’en­vol de l’é­ther. Et pour vous dire à quel point j’é­tais néo­phyte en matière de culture métal je croyais que le black metal était né au début des années 90 alors que ce n’é­tait qu’une deuxième vague. Mer­ci les groupes de thrash bré­si­liens , alle­mands et autres d’a­voir influen­cé tout ce petit monde. Le groupe de heavy/thrash bri­tan­nique Venom éga­le­ment a contri­bué indi­rec­te­ment à la créa­tion de ce genre en lui don­nant un nom. Les nor­vé­giens ont appor­té une cer­taine ima­ge­rie et des pay­sages ennei­gés (et encore une fois abso­lu­ment rien de NS dans tout cela vous serez d’ac­cord).
    Bref je vou­lais dire à ceux qui se repen­tissent d’a­voir côtoyé les milieux ED ou d’a­voir épou­sé leurs idées à un moment don­né qu’on ne peut pas mettre ça sur le compte de la musique. Allez dire à quel­qu’un qu’il est violent car il aurait trop joué à des jeux vidéos. On a tous joué à des Doom liké et jeux de guerre dans notre jeu­nesse, il faut rai­son gar­der.
    Si à un moment j’ai écou­té de la zic bien faf , du RAC notam­ment , c’est que je suis allé cher­ché cette musique. J’é­tais quel­qu’un de réac­tion­naire, je le suis tou­jours d’ailleurs, et c’est pour ça que j’ai pu écou­ter des groupes de musique esquis­sant une ico­no­gra­phie totalitaire(Laibach le célèbre groupe indus slo­vène) ou chan­tant des slo­gans clai­re­ment vio­lents. Pour moi , ce n’est pas la musique qui influence, ce serait se men­tir à soit même. Elle ne fai­sait que conso­li­der par­fois le fond de ma pen­sée. Mais atten­tion il y a aus­si des musiques que l’on aime pour s’am­bian­cer et pas pour le fond des paroles. Entre nous vous croyez vrai­ment que les gens qui vont au stade pour voir Indo­chine c’est pour la qua­li­té des paroles ou c’est plu­tôt que le chan­teur se fait le chantre has been des LGBT. Moi suis ouvert j’ai côtoyé des gens de tous les genres et ori­gines, mais je dis en revanche que trop de bien pen­sance c’est pas non plus rock n’roll.

    A écou­ter cer­tains il serait poli­ti­que­ment cor­rect d’é­cou­ter des albums de Mar­duk aux paroles des plus blas­phé­ma­toires et viru­lentes à l’é­gard des chré­tiens, en revanche si un groupe évoque une autre com­mu­nau­té là non ça passe pas, et vas‑y que je t’empêche de jouer au Hell­fest et Tut­ti quan­ti. Il y a un sou­ci à ce niveau là, un deux poids deux mesures qui m’in­ter­pellent de la part de gens qui pour­tant aiment la pro­voc . Cer­tains metal­leux se sentent ils obli­gés à s’au­to­cen­su­rer pour une ques­tion de on-dit que. C’est un peu dom­mage et c’est pas très rebelle .

    Voi­lou

  10. Kevin 78 dit :

    Bon, quand même vous pour­riez me publier. Ou faut-il prê­cher pour la paroisse de la pré­ten­due neu­tra­li­té pour se faire entendre ?

  1. 8 mars 2021

    […] par­lant de metal, de poli­tique et d’influences : voi­ci le témoi­gnage de Tho­mas, un fan de metal qui tombe dans le Metal jeune (dès 10 ans) et très vite dans le NSBM […]

  2. 28 novembre 2022

    […] Nazi-outing, ou com­ment j’ai arrê­té d’être nazillon […]

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