Der­rière un bou­quin, il y a tout un tas de gens qui triment, dans l’ombre. À nous les auteurs, la lumière, à elles et eux les aca­riens et autres lépismes ou pois­sons d’argent, ces petits insectes qui gri­gnotent le papier dans l’ombre*. Il y a entre autres Gaëlle Fon­taine, qui s’est mise la rate au court-bouillon sur les épreuves, et qui y a pas­sé des nuits. Et puis, au-des­sus de la mêlée, il y a la grande cheffe. Der­rière le livre, c’est elle : Cathe­rine Meyer. Je la connais­sais de répu­ta­tion depuis 2004 et la sor­tie du Livre noir de la psy­cha­na­lyse, qui fit cou­ler tant d’encre et de salive. Puis je l’ai ren­con­trée, je ne me rap­pelle plus bien com­ment. On a écha­fau­dé maints pro­jets, la majo­ri­té d’entre eux a fini au cime­tière, un est encore en cours (une BD avec Laë­ti­tia Coryn), et le plus gros de tous mes pro­jets, le livre Pla­ce­bo, est fini. Pen­dant plu­sieurs années, elle a por­té ce bou­quin, elle a été encou­ra­geante, exi­geante, impla­cable. J’ai vite com­pris, et mes coau­teurs aus­si, que les conseils de Cat­Wo­man (le sur­nom que je lui donne) n’é­taient pas en mousse. On a pour­tant bien ten­té à maintes reprises de déso­béir, de faire des facé­ties, d’aller dans les ornières, mais force était de recon­naître qu’elle avait rai­son, à chaque fois. Donc pour ça, Léo, Nico­las et moi, on vou­lait dire mer­ci.
Et puis sur le plan humain, moi, elle me fait déli­rer. Rien que sa voix me trans­porte. Et facé­tie de l’histoire, Cathe­rine Meyer a épou­sé un… Mon­voi­sin. Je ne le connais pas, les Mon­voi­sin étant une trop grande famille qui essaie pous­si­ve­ment de conqué­rir le monde à la barbe des Mal­voi­sin, Mau­voi­sin, Voi­sin, et les pires, les arro­gants Bon­voi­sin, mais je dois l’ad­mettre sans grand suc­cès.  Dès que j’ai su ça, je l’ai appe­lé cou­sine, for­cé­ment. Et comble de l’histoire, il a déjà exis­té au moins une autre Cathe­rine Mon­voi­sin, notoire qui plus est : la « Voi­sin », Cathe­rine Deshayes, épouse Montvoi­sin, chi­ro­man­cienne, pré­su­mée à la tête d’un grand réseau de vente de poi­son, de messes noires et d’avortements clan­des­tins. Dans cette affaire dite « des poi­sons, qui secoue­ra la France du XVIIe siècle, pas moins de 442 per­sonnes furent incul­pées, 104 juge­ments pro­non­cés dont 5 condam­na­tions aux galères à per­pé­tui­té, 23 au ban­nis­se­ment et 36 peines capi­tales, dont la Voi­sin, elle, fut brû­lée vive en place de Grève le 22 février 1680. Alors à ma cou­sine un peu sor­cière, qui s’apprête à prendre une retraite bien méri­tée, mer­ci infi­ni­ment.

* Les autres gens de l’ombre ?
Eric Pillault (cou­ver­ture), Fabrice Émont et Isa­belle Pac­ca­let, avec Anna Cal­vière (révi­sion), l’é­quipe de Nord Com­po (pho­to­gra­vure)
Anna Polo­nia (fabri­ca­tion), Char­lotte Jeu­nesse (com­mer­cial et mar­ke­ting), Jean-Bap­tiste Noail­hat (Direc­tion des opé­ra­tions), Salo­mé Ber­nard (rela­tions libraires), Jerôme Lam­bert avec Manon Lejeune (presse et com­mu­ni­ca­tion), Marc Blac­tot et Soraya Lecroc (Com­mu­ni­ca­tion digi­tale),
Geof­froy Fau­chier-Magnan et Marion Rowe (droits France et juri­dique), Alexan­dra Buch­man et Geof­froy Fau­chier-Magnan (droits audio­vi­suel, théâtre, pod­cast), Ella Bart­lett et Elvire Beaule (droits étran­gers), Lucie Mar­ti­no (accueil et librai­rie), Vidal Ruiz Mar­ti­nez (envois aux jour­na­listes et libraires), Chris­telle Lemon­nier, Camille Brey­naert, Chris­tine Blaise et Chris­telle Mbem­bé (comp­ta­bi­li­té et droits d’auteur), Isa­do­ra Mon­tei­ro Dos Reis (ser­vices géné­raux)

La dif­fu­sion ? Rue Jacob dif­fu­sion : Élise Lacaze et Diane Mare­theu (direc­tion), Katia Ber­ry (grand Sud-Est), Fran­çois-Marie Biron­neau (Nord et Est), Mar­tine Qué­briac et Camille Sau­nier (Paris et région pari­sienne), Chris­telle Guille­mi­not (grand Sud-Ouest), Laure Sagot (grand Ouest), Fran­çois Mot­tu­ra (coor­di­na­tion), Char­lotte Kni­bieh­ly (ventes directes). 

La dis­tri­bu­tion ? Inter­fo­rum 

Et mer­ci à l’é­quipe des presses de l’imprimerie Cor­let à Condé-sur-Noi­reau, dans le Cal­va­dos.

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