Quand des pseu­do­théo­ries en psy­cho viennent ser­vir les inté­rêts des inces­teurs en dépla­çant le pro­blème sur les mères : syn­drome d’a­lié­na­tion paren­tal de Gard­ner (en car­ton !), fan­tas­ma­go­rie des masques (en mousse !) basée sur le Ror­schach (en jute !). Mer­ci la psy­cha­na­lyse :-(.

Je vois dans cette tâche un coyote, ain­si que l’in­son­dable nul­li­té de ce test

On entend les dégâts dans « Mères en cavale » (ça pique, vous êtes prévenu·e) de Romane Bri­sard, sur Louie Media.
Le milieu juri­dique étant encore imbi­bé de freu­disme (je le vois dans la liste publique des expert·es de la Cour d’ap­pel de Gre­noble ici), je rêve­rais que les potes psy cli­niques « solides » de France et de Navarre s’ins­crivent comme expert·s judi­ciaires – pour ça faut deman­der un petit dos­sier au Par­quet de la Cour d’ap­pel : toutes les infos sont là cours-appel.justice.fr/grenobl
(j’ai déjà fait expert juri­dique, sur des dérives sec­taires, c’est très inté­res­sant).

8 réponses

  1. Aureliano Buendia dit :

    Bon­jour,
    on ne com­prends pas très bien dans votre post qui défend les « inces­teurs » et quelles sont les « pseu­do­théo­ries » en psy­cho ? Quand au test de Roschach, qu’est ce qui fonde votre légi­ti­mi­té pour dire qu’il n’a pas fait ses preuves ?

    Au delà de ça, et plus géné­ra­le­ment, qu’est-ce qui fonde l’ex­per­tise des zété­ti­ciens en tout genre (visi­ble­ment à par­tir d’une cer­taine éva­lua­tion des don­nées de la recherche expé­ri­men­tale mais sans aucune connais­sance cli­nique) pour venir abor­der ce qui est fondé/infondé dans le domaine de la psychologie/psychopathologie ?

    • Bon­jour, avez-vous écou­té les émis­sions ? Il me semble que c’est assez lim­pide.
      Les pseu­do­théo­ries en psy­cho sont citées dans mon billet.
      quant au Ror­schach, la cri­tique a près d’un siècle, intra, inter, etc, rien de nou­veau
      Ma légi­ti­mi­té ? Je pense ne pas avoir besoin de la faire, ça fait 20 ans que j’é­tu­die ces théo­ries, en tant que didac­ti­cien à l’u­ni­ver­si­té, c’est une part de mon métier
      Ce qui fonde l’ex­per­tise des zété­ti­ciens, je n’en sais rien, ils/elles sont trop nom­breux et de niveau dis­pa­rate, deman­dez-leur.
      Je vous réponds au mieux, mais je pense que vos ques­tions sont des ques­tions rhé­to­riques : vous n’a­vez pas écou­té les docs, et vous êtes pro­ba­ble­ment frois­sé que j’ai émis une cri­tique sur quelque chose en quoi vous croyez. Vu l’en­jeu, je pense qu’il n’est pas tant de prendre des pin­cettes avec le syn­drome d’a­lié­na­tion paren­tale et autres tech­niques non éprou­vées.
      Salu­ta­tions

  2. Aureliano buendia dit :

    Bon­soir,
    Soit mais je ne visais pas tel­le­ment le conte­nu des émis­sions en ques­tion que la confu­sion entre­te­nue par votre billet jus­te­ment, entre syn­drome d’a­lié­na­tion paren­tale, psy­cha­na­lyse, etc. Concer­nant cette der­nière, il me semble lar­ge­ment abu­sif d’en par­ler comme d’une pseu­do théo­rie , au vu notam­ment de l’é­cho qu’elle conti­nue d’a­voir chez les pra­ti­ciens qui vivent quo­ti­dien­ne­ment l’ex­pé­rience du contact avec la souf­france ou la folie et pour qui elle conti­nue de faire sens (à moins qu’on les prenne pour des gens com­plè­te­ment inca­pables du moindre recul sur les théo­ries qu’on leur enseigne). On est aus­si en droit de s’in­ter­ro­ger sur ce qui relève de la cri­tique, néces­saire, ou de la dis­qua­li­fi­ca­tion à prio­ri sur la base dun scien­tisme etroit (para­doxa­le­ment une autre forme de foi abu­sive).
    Concer­nant les zete­ti­ciens vous avez sans doute rai­son, même si j’a­voue avoir la flemme de leur par­ler à tous un par un.

    • Je vous réponds : SAP, psy­cha­na­lyse freu­dienne, etc. je main­tiens que ce n’est pas de la confu­sion, que ça a le même tronc com­mun.
      SAP je main­tiens : je suis trop vieux main­te­nant, et j’ai vu pas­ser trop de psy­cho­logues, de la L1 au doc­to­rat, pour savoir qu’on peut vivre l’ex­pé du contact comme vous dites et les inter­pré­ter avec des théo­ries d’un autre âge. Ce n’est pas de leur faute, mais celle d’une par­tie de leurs profs.
      Le reste, c’est du juge­ment à l’emporte-pièce de votre part alors je vais cou­per la dis­cus­sion après cela, à moins que vous ne chan­giez un peu votre forme : trans­for­mer une cri­tique réelle en « dis­qua­li­fi­ca­tion à prio­ri sur la base dun scien­tisme etroit » est une stra­té­gie rhé­to­rique bien vieille et bien écu­lée. Et consi­dé­rer que le scien­tisme (selon vous) est une « autre forme de foi abu­sive », c’est assez facile à chal­len­ger : on dit sou­vent que l’a­théisme est à la foi ce que la non-col­lec­tion de timbres est au hob­by.
      Alors quitte à me répé­ter : que vous essayez de me prê­ter de cocasses inten­tions n’ef­fa­ce­ra pas la désué­tude connue et docu­men­tée des concepts psy­cha­na­ly­tiques. Je n’y suis pour rien. Et il n’y a pas besoin d’être scien­tiste étroit pour le dire, c’est l’a­vis de la majo­ri­té large des psys de ce monde, sauf en France (en en Argen­tine)
      A bien­tôt peut être (si bien sûr vous arrê­tez vos pro­cès d’in­ten­tion)
      (pour une belle intro à la cri­tique que je fais mienne, Jacques Van Rillaer, dans le pod­cast Méta de choc, 4 épi­sodes qui ne sont pas une perte de temps)

  3. Aureliano Buendia dit :

    On a le droit de ne pas être d’ac­cord, mais mon but n’é­tait pas de ver­ser dans le pro­cès d’in­ten­tion. Cela dit, si vous vou­lez des exemples de cri­tiques construc­tives de la psy­cha­na­lyse par des cher­cheurs en neu­ros­ciences et en sciences cog­ni­tives, je vous conseille vive­ment les tra­vaux de Lio­nel Nac­cache ou ceux de Nico­las Geor­gieff, qui sont à mille lieux de celles que Jacques Van Rillaer peut produire.…quant à la majo­ri­té large des psys de ce monde, je ne les connais mal­heu­reu­se­ment pas non plus, mais j’o­se­rais avan­cer que c’est peut-être (encore) de la faute de leurs profs 😉

    • Mer­ci. Je veux bien revoir mon juge­ment, mais j’ai sou­ve­nir de Nac­cache qui avait repris tout cru le mythe d’un Freud Chris­tophe Colomb de l’in­cons­cient (vous me direz, vu l’af­freux per­son­nage qu’é­tait Colomb, même vrai ce ne serait pas un com­pli­ment… il ya eu un cycle ter­ri­fiant d’historien·nes sur France Culture sur son his­toire cet été), et j’ai qq autres indi­ca­teurs qui baissent ma confiance, et N Geor­gieff, qui est lui-même psy­cha­na­lyste, mais je ne l’ai jamais lu, alors je sus­pends mon juge­ment. Je veux bien revoir leurs argu­ments si vous me don­nez une ref pré­cise. Mais la ques­tion que vous posez se déplace au gré de notre dis­cus­sion. Lais­sez-moi vous en poser une : quelle est la contri­bu­tion de la psy­cha­na­lyse qui soit réel­le­ment solide que ce soit sur le plan théo­rique ou comme outillage effi­cace dans le soin ? j’ai posé cette ques­tion à tous mes inter­lo­cu­teurs psy­cha­na­lystes et je n’ai jamais eu de réponse. Peut-être en avez-vous une ? Je vous salue

  4. Aureliano Buendia dit :

    Bon­jour, pour ce qui est de Lio­nel Nac­cache, il s’en tient à la méta­phore d’un Chris­tophe Colomb qui pense décou­vrir un conti­nent à la place d’un autre, étant gré à Freud d’a­voir le pre­mier tant insis­té sur les conte­nus latents, au dépens des conte­nus mani­festes, mais décou­vrant ain­si un attri­but fon­da­men­tal de la conscience, et non de l’in­cons­cient, au sens cog­ni­tif du terme, dont il exclue a prio­ri la pos­si­bi­li­té de « refou­le­ment » (tant et si bien qu’on finit par se deman­der si entre l’in­cons­cient pys­co-affec­tif freu­di­zen et l’in­cons­cient cog­ni­tif le pro­blème n’est pas avant tout de défi­ni­tion).
    Quand à Nico­las Geor­gieff, à ma connais­sance il n’est pas psy­cha­na­lyste, même s’il s’y inté­resse, mais en tant que membre d’un ins­ti­tut de recherche en Sc.cognitives ET psy­chiatre (et acces­soi­re­ment ensei­gnant) il s’in­té­resse au débat épis­té­mo­lo­gique qui entoure la pra­tique psy­chia­trique, dont on peut avoir un aper­çu ici https://shs.cairn.info/revue-l-information-psychiatrique-2009–5‑page-429?lang=fr.
    Quand aux apports de la psy­cha­na­lyse, je me gar­de­rai bien d’en dres­ser une liste, mais je pense que la notion de tran­si­tion­nel, ou d’es­pace poten­tiel, chez Win­ni­cott est un apport consi­dé­rable dans la psy­cho­lo­gie du déve­lop­pe­ment ET le tra­vail après des enfants ; comme les tra­vaux de Gise­la Pan­kow sur l’articulation entre repré­sen­ta­tion du corps vécu et struc­ture lan­ga­gière dans la cli­nique des psy­choses ; et trop d’autres choses pour les citer ici. Au delà de ça, les psy­cha­na­lystes abordent nombre de phé­no­mènes que décrivent éga­le­ment d’autres types de psy­cho­lo­gie, preuve s’il en est qu’il s’a­git tout de même de réa­li­tés tan­gibles, mais avec une atten­tion mar­quée sur cer­tains aspects de ces phé­no­mènes. Par exemple, la notion de trans­fert, si l’on admet qu’il ne s’a­git pas d’une idée éso­té­rique ou d’une acqui­si­tion de Poke­mon, ne fait que mettre l’ac­cent sur le fait que toute rela­tion inter­sub­jec­tive est une réac­tua­li­sa­tion de moda­li­tés infan­tiles, ce qui est à la fois peu et beau­coup, mais sans doute plus riche concep­tuel­le­ment que la notion d”  »alliance thé­ra­peu­tique » par exemple. Plus glo­ba­le­ment, on sera, avec Fou­cault, gré à la psy­cha­na­lyse d’a­voir fait pas­ser la psy­chia­trie d’une cli­nique du « regard » à une cli­nique de « l’é­coute » (et c’est sans doute encore plus d’ac­tua­li­té avec les pro­grès de l’i­ma­ge­rie cére­brale).
    Ces théo­ries sont solides si on les prend pour ce qu’elles sont : des outils concep­tuels qui donnent des clés pour mieux com­prendre et mieux aider, qui donnent des ten­dances et non des lois, comme les schèmes d’ar­gu­men­ta­tion des sciences his­to­riques, loin de tout déter­mi­nisme cau­sal uni­voque et de toute expé­rience repro­duc­tible, et à ceci près que sa consis­tance s’é­prouve aus­si, et avant tout, par ses effets dans la cli­nique (qui sont loins d’être uni­voques non plus).

    • Cou­cou, mer­ci de ce mes­sage. Je pense qu’on s’é­loigne du sujet de départ du post. S’il s’a­git de dire que la psy­cha­na­lyse a per­mis le dvpt de la psy­cho cli­nique, ok ça me va, his­to­ri­que­ment ça se tient – mais un peu comme (no offense) l’as­tro­lo­gie a ser­vi à l’as­tro­no­mie et l’al­chi­mie à la chi­mie. Elle a per­mit la créa­tion de cette cli­nique de l’é­coute, mais.. à quel prix ? La majo­ri­té des modèles théo­riques héri­tés de la psy­chA ne sont pas empi­ri­que­ment fon­dés, sont très limi­tées, métho­do­lo­gi­que­ment c’est creux, les concepts sont suf­fi­sam­ment flous pour ne pas pou­voir être tes­tés (comme le « trans­fert »=réac­tua­li­sa­tion de moda­li­tés infan­tiles, qui me semble indé­mon­trable), en plus d’être empe­sés d’i­déo­lo­gies ter­ribles, et les consé­quences sont graves et doivent être dénon­cées. Les effets délé­tères du freu­disme sont notoires, mais j’ai l’im­pres­sion que la majo­ri­té des practicien·nes héri­tiers de Freud ne se mettent pas à jour sur ces dan­gers (dans le tra­vail social, dans la prise en charge des TSA, dans le rap­port à la sexua­li­té, aux LGBTQI+, et je ne parle pas des effets moins graves dans la lit­té­ra­ture com­pa­rée ou dans l’art par ex.) Donc c’est un pb éthique autant que scien­ti­fique.
      Et sur le plan scien­ti­fique (je m’ar­rê­te­rai là)
      je reprends cette ref majeure don­née par L. Guillaume en com de sa vidéo (ici https://youtu.be/_RbF50ShN‑k?si=FmOZoevOg3_VfpeA) : David, D., Lynn, S. J., & Mont­go­me­ry, G. H. (Eds.). (2018). Evi­dence-based psy­cho­the­ra­py : The state of the science and prac­tice).
      Et je me rap­pelle cette vidéo de psy­cho­couac (que je n’ai pas regar­dée aujourd’­hui faute de temps) : https://youtu.be/lmNQHcR7lsU?si=NjlrrDsoQI7gWkNr
      Voi­là pour moi. Je vous salue

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