6 réponses

  1. Bredin dit :

    Merci pour cette vidéo. Ça donne envie de bosser avec vous 🙂 même si sur certains thèmes vous avez des a priori qui me semblent inexacts, notamment au sujet des méchants médecins libéraux qui s’en mettent plein les fouilles, ce qui est au bas mot très essentialiste comme point de vue, idem pour le caractère déshumanisé de l’accueil et la prise en charge à l’hôpital. Il en reste toutefois une analyse globale que je rejoins en grande partie.
    Au sujet du recours aux thérapies alternatives, je pense que le danger viendrait d’un recours exclusif à ces thérapies. Dans mon domaine (cancérologie digestive), j’y suis fréquemment confronté, le discours que je tiens à mes patients est que je n’y vois aucun inconvénient si le traitement alternatif n’impacte pas le traitement en cours, et qu’il n’engendre pas un surcoût inacceptable pour le patient.

    • Bonjour et merci de votre retour!
      Je ne sais pas où j’ai pu parler de “méchants médecins libéraux qui s’en mettent plein les fouilles”, vous me direz ? Car ce n’est pas mon avis, sur le sujet je suis plus nuancé. Par contre le caractère déshumanisé en CHU, j’ai développé mon propos (dans la version longue, la courte je me rappelle pas ce que le montage donne), et je n’incrimine pas le personnel, au contraire.
      Sur les traitements alternatifs, votre démarche est louable, et je n’oserai pas la critiquer, confortable que je suis sans avoir de patient·es. Mais le risque que j’y vois est triple : l’effacement de l’apprentissage potentiel des effets contextuels placebo, qui permettrait de donner aux patient·es justement de vrais leviers ; une habituation du public aux “théories” de type magique, qui entraine un rapport ésotérico-religieux au monde, ce qui ne me parait pas souhaitable ; enfin, la question du surcoût, inacceptable je ne sais pas ce que ça veut dire, d’autant que bcp de thérapeutes pratiquent une sorte de prix libre, qui rend très redevable. Et l’échange de capital symbolique, lui aussi compte dans l’équation. Vous me direz ce que vous en pensez ? Amicalement

  2. Bredin dit :

    Merci pour votre retour 🙂
    Pour ce qui est de ma position vis à vis de mes patients pour les thérapies alternatives, je dirais que ma position est d’éviter que les patients ne se braquent contre mon avis. Ceci ne me dispense pas toutefois d’évoquer avec eux le côté contextuel de l’efficacité et ces thérapies. Dans mon équipe, nous travaillons avec une psychologue, une socio esthéticienne, une diététicienne (entre autres). Le recours de mes patients aux thérapies alternatives se fait hors du champ hospitalier. Je mets en garde les patients sur certains aspects (le jeûne, les monodiètes). S’ils ont recours à des magnétiseurs (ou équivalents), je les mets en garde sur leur porte-monnaie… car même si certains «praticiens» laissent la liberté de régler ce que bon leur semble, ce n’est malheureusement pas le cas de certains naturopathes qui facturent leur prestation entre 70 et 100 € la consultation, sans compter sur les “compléments alimentaires” prescrits, commandés sur internet à prix d’or malheureusement. Et encore, j’exerce en Drome Ardèche, au sein d’une population pas forcément richissime.

    • Avec Nicolas Pnsault nous essayons de regarder par quelles méthode on peut maximiser les effets contextuels auprès des patient·es. Votre témoignage nous est (et nous sera) précieux si vous le détaillez, publiquement ou en message privé. Merci de mettre en garde contre les prix qui ne sont pas exercés “avec tact et mesure” (speciale joke, c’est le terme de l’article 53 du Code de déontologie des médecins). A sous peu !

  3. tom dit :

    Bonjour, merci pour ce discours qui démêle le politique du scientifique en médecine. ça me semble un point d’entrée intéressant pour les personnes embarquées dans des pratiques alternatives sous couvert de “revolte”. Dans quel mesure pensez-vous/savez-vous que cet angle a des effets (meilleurs esprit critique sur les soins notamment) ?

    Envisagez-vous d’écrire un article au Diplo ou autre (ou un bouquin, révons..) sur l’importance de mener un combat politique sur la santé en reprenant l’angle de la notoriété des médecines alternatives ? En gros comme la vidéo mais en mieux.

    • Bonjour, je ne saurais vous répondre. Mesurer les effets des interviews est un travail à part entière, qu’il faut adosser à un questionnaire validé sur ce qu’on cherche à mesurer. Donc pas simple. Disons que si je ne sais pas si un tel angle marche, en tout cas l’angle frontal, lui, ne marche pas. J’ai posé la question sur les réseaux, en demandant à ce que qui veut participer envoie le lien vers la vidéo longue à qq’un·e féru·e de thérapies “alternatives”, et voir ce que ça génère, blocage, adhésion, etc.
      Question écrits, j’ai fait suivre un article un peu synthétique “https://www.monvoisin.xyz/la-medecine-et-ses-alternatives-quelques-outils-dautodefense-intellectuelle-pour-militant%c2%b7es/”.
      Monde diplo, c’est déjà en partie fait, dans 3 articles, un sur les thérapies manuelles, deux autres sur le placebo.
      Bouquin, il y a déjà des bouts de ça dans le livre “Fleurs de Bach”, chez book-e-book, dans le livre sur les thérapies manuelles aux PUG, et dans “la sécu, les vautours et moi”, aux éditions du Détour. Vous me direz si ça répond à votre besoin ou non. Amicalement

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