
Circoncision de Jésus sur le retable des douze Apôtres de Friedrich Herlin de Nördlingen, 1466.
Voilà une relique qui me plaît : le Sanctum Praeputium, ou Saint Prépuce, le petit morceau de peau issu de la circoncision de Jésus de Nazareth. Le truc, c’est qu’au moins 16 églises depuis le Moyen-Âge ont revendiqué posséder la « Sainte Vertu » ou « Saint Vœu », ses autres petits noms, ce qui fait 15 prépuces de trop − techniquement parlant, sauf difformité, comme aurait dit Highlander, « il ne peut en rester qu’un ».
Qui a revendiqué l’original ? Rome bien sûr, le Vatican ayant décrété au XIVe siècle que le Saint Prépuce authentique serait celui de la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome. Puis Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, Hildesheim et Andechs en Allemagne, Anvers en Belgique, Metz, Besançon, Langres, Fécamp, Chartres, Coulombs, le Puy-en-Velay, Charroux, Conques, Vebret, et Calcata en Italie.
Devant la pullulation des prépuces, en 1900 le pape Léon XIII aurait fait passer une directive confidentielle à la Congrégation des Rites et aux évêques italiens, interdisant, sous peine d’excommunication, de parler du Saint Prépuce. Ce texte n’a jamais été publié officiellement dans les Acta Apostolicae Sedis, mais il est attesté par plusieurs historiens.
De prépuce, il n’en restait plus que trois ces derniers temps, les trois derniers.
Le prépuce italien de Calcata faisait l’objet de processions le 1er janvier, jusqu’en 1983 – mais il aurait été volé dans l’appartement du curé, don Mario Magnoni. De mauvaises langues disent que c’était pour le soustraire à une investigation des méchants sceptiques par datation au Carbone 14.
Celui de la « châsse de Pépin », ou reliquaire de la Circoncision, dans l’abbatiale de Sainte-Foy de Conques, dans l’Aveyron, a proprement disparu, je ne sais pas où.

Quant à celui du reliquaire-montrance de St Louis, dans l’église Saint-Maurice de Vebret dans le Cantal, idem, on n’en trouve plus trace.

Vraisemblance de la véracité du saint prépuce ?
Que le le prépuce de Jésus ait été conservé est hautement improbable, ne serait-ce que parce que dans la coutume juive, le prépuce est enterré après l’opération. Il faudrait donc que quelqu’un ait été le déterrer, prévoyant la destinée de Jésus, puis le cache pendant 800 ans, car la première trace d’une relique du Saint Prépuce est celle donnée au pape Léon III par Charlemagne lors de son couronnement en 800. Puis le transmette sans dommage pendant 12 siècles de plus.
Si vous êtes pétri.e de curiosité, vous saurez sûrement apprécier les reliques gazeuses.
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