Little big man, d’Arthur Penn.

C’est François B qui m’en a reparlé. Mon père me l’avait montré quand j’étais petit.

Dustin Hoffman y tient le rôle principal, celui de Jack Crabb, centenaire qui raconte sa vie étonnante. François me rappelait que dans le film, on voyait des “Amérindiens* contraires”, qui faisaient tout à l’envers et donc plein de trucs chelous. Y repensant, j’ai gratté un peu, et c’est pas faux : il y a chez les Lakota des heyoka, des sortes de clowns contraires . Mais n’étant pas spécialiste, j’ai bugué sur un point : il me semblait que les Lakotas étaient des Sioux. Or Crabb, le héros est recueilli si je ne me trompe pas, par des Cheyennes. C’est Roman Zyniker qui m’a éclairé sur un réseau social, en me disant que

Les Cheyennes et les Lakota étaient généralement alliés, ils ont notamment combattu l’armée ensemble à Little Big Horn.Il est raisonnable de penser qu’ils partageaient beaucoup de leur culture puisqu’ils étaient proches géographiquement et avaient des échanges fréquents (commerce, chasse, alliance guerrière).Leur culture équestre et de chasse nomade prend sa source dans l’emprunt des chevaux aux colons espagnols par les Comanches à partir du 15ème siècle autour de l’actuel Texas (cf. “L’empire Comanche“, de Pekka Hämäläinen, assez indigeste mais très documenté).Ils auraient progressivement transmis cette culture aux Cheyennes, qui l’auraient finalement transmise aux Lakotas. Lesquels ne l’ont transmise à personne car ils occupent les confins de la zone géographique où ce mode de vie est adapté.

Yakari, indien sioux lakota inventé par Job; Derib et Dominique. Peu de gens savent que les Lakotas, emmenés par Russell Means, ont lancé fin 2007 une sécession avec les États-Unis : la République de Lakota.

Au fait, c’est aussi un groupe de punk !
Merci Roman. Sur les termes amérindien, “1ère nation”, Native, Autochtones, je renvoie cet petit article bricolé il y a quelques temps sur la plate-forme CORTECS : “Amérindiens, Indiens, Inuit, Innus, Natives, Autochtones, Esquimaux… Démêlons l’écheveau“.J’y recommandais au passage une lecture : grâce à Cyrille Barrette, mon spécialiste des mammifères à moi que j’aime (voir ici), j’ai lu à l’automne 2016 la captivante retranscription par Serge Bouchard des mémoires de Mathieu Mestokosho, chasseur montagnais de la Minganie et du Labrador. Voir Récits de Mathieu Mestokosho, chasseur innu, Boréal, 2004. Et tant que je suis, je vous recommande encore quatre trucs :
  • Elles ont fait l’Amérique, tome 1, de Marie-Christine Levesque et Serge Bouchard, Lux éditeur, 2011, c’est épatant
  • Ils ont couru l’Amérique, tome 2, de Serge Bouchard et Marie-Christine Levesque, Lux éditeur, 2014, c’est remarquable.
  • Le magnifique parcours de Serge Bouchard dans C’était au temps des mammouths laineux, Boréal, 2012
  • Enfin, le récent balado L’appel du Grand Nord, de l’équipe de Karina Marceau, avec Lisa Koperqualuk, Sur Ici-Radio-Canada Première. Un voyage depuis vos oreilles dans le grand Nord, Nunavut, Yukon, Nunavik et Territoires de Nord-Ouest.

Ne voyez pas dans ce billet un “amalgame “indien”. Ce qui fait corps de toutes ces populations, des Lakotas aux Innus, c’est le mauvais traitement qui leur a été, et leur est encore, réservé. En ce sens, à mon avis, rien de ce qui est Innu ou Lakota ne peut nous être étranger.

Je vous laisse sur les chants de gorge de Tanya Tagak Gillis, du Nunavut.

 

2 réponses

  1. ÉLw38 dit :

    Je suis complètement fan de Tanya Tagaq, “découverte” ailleurs il y a peu (décidément ! quelle coïnci-dense, l’influence de Mars toute proche à n’en pas douter :-))) ), avant de m’apercevoir que je l’avais déjà dans les oreilles depuis plus d’une décennie : Medúlla, Björk ; donc redécouverte, en solo & vidéo. Ses clips lupins sont… régénérateurs. Humble salutation, Monsaigneur.

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