
Je n’aime pas l’argument qui consiste à dire qu’il ne faut pas parler de telle ou telle affaire de mœurs, parce que ça peut nuire à la « cause ». Je l’ai entendu dans le clergé catholique, chez La France Insoumise, dans le milieu des magiciens/mentalistes, chez des féministes, dans maints endroits, et maintenant dans les « milieux » du scepticisme et de la lutte contre les dérives sectaires. Je pense au contraire qu’il est urgent d’assainir les comportements, justement, dans nos milieux. Si j’écris ça, c’est parce qu’un certain nombre d’histoires de harcèlement et de comportements problématiques circulent sur une figure des mouvements anti-sectarisme, Grégoire Perra, dénonciateur notoire (et à raison) de l’anthroposophie.
Je n’ai rencontré cet homme qu’une fois je crois, lors d’une table ronde en visio, avec Élisabeth Feytit du podcast Méta de Choc, lorsque j’ai accepté de faire la préface du livre d’entretien qu’ils avaient fait ensemble en 2020 intitulé « Une vie en anthroposophie, la face cachée des écoles Steiner ». Le livre proposait une critique caractérisée de la doctrine anthroposophique, et j’ai trouvé cela suffisamment solide pour le préfacer. Mais « que se passe-t-il dans la culotte du zouave ? », je n’en sais rien. Je me rappelle que dans La minute stupide, à la fin de la série d’émissions Méta de Choc, Grégoire Perra avait mentionné une plaignante à l’époque, et avait expliqué qu’elle était l’instrument d’une stratégie de délégitimation orchestrée par le milieu anthroposophe. Je n’étais pas très à l’aise d’apprendre cela, et j’avais proposé qu’on en parle en public pendant la table ronde, mais Elisabeth a préféré, et je peux le comprendre, qu’on se focalise sur l’anthroposophie et les écoles Steiner, et non justement sur les rumeurs véhiculées par le mouvement : je le comprends, dans le contexte de l’époque, car pour rappel, c’était bien les grande figures du mouvement anthroposophes qui portaient ces accusations, et non la plaignante. En outre, à l’époque des faits, ni l’école où cela s’était passé, ni la Fédération des écoles Steiner n’avaient fait de signalement. Cette affaire n’a été mise en avant que récemment, alors que Grégoire Perra mettait publiquement le mouvement en difficulté.
Je ne suivais pas spécifiquement l’actualité de Grégoire Perra avant 2020, je ne le connaissais que de réputation, et n’ai pas du tout suivi ensuite, car l’anthroposophie et ses branches n’étaient plus dans mes sujets de recherche. Je n’entends parler de rien. C’est seulement en 2024 que le journaliste Brice Perrier (aux méthodes terriblement déplaisantes, je l’ai expérimenté par moi-même, c’est le seul journaliste de ma vie à qui j’ai fini par raccrocher au nez) me reparle en vue d’une série d’articles sur son site Raison sensible. Je lui réponds exactement ce que j’ai raconté au début, que je ne connais pas Grégoire Perra mais que son livre est bien, et que si des plaintes remontent sur lui j’en prendrai acte. Cela ne lui plaît pas, d’ailleurs : il était venu avec son storytelling, et exigeait que je déclare que le milieu sceptique/antisectarisme couvrait les agissements de cet homme. Or objectivement je n’en sais rien, très clairement, vu que je ne sais rien d’autre de Grégoire Perra que son livre et quelques articles et que je n’ai fait que m’éloigner lentement du « milieu » sceptique / anti-secte ces 10 dernières années. Et je n’aime pas bien, si agissements sordides il y a, qu’on les instrumentalise par opportunisme dans un combat anti-scepticisme.
Or j’apprends avec navrement ces jours-ci que le dossier s’étoffe, avec un certain nombre de femmes qui ont commencé à témoigner publiquement de comportements déplacés de la part de Grégoire Perra, qui aurait, ce qui serait le plus consternant, usé de sa position de lanceur d’alerte pour approcher des femmes en situation de vulnérabilité, car sortant de situations d’emprise et de dérives sectaires.
Je n’ai pas la compétence de fouiller ça, de toute façon ce n’est pas mon métier, mais ma position a priori, – position féministe qui a pour l’instant toujours porté ses fruits –, est de croire les témoignages, surtout quand ils proviennent de divers endroits et rapportent des modes opératoires similaires sur une longue période.
Ce qui est sûr, c’est que si le dossier s’instruisait (ce que je souhaite, mais je sais à quel point cela peut être compliqué d’aller déposer plainte), et que Grégoire Perra est blanchi de telles accusations, tant mieux pour lui ! (Être blanchi n’étant pas la même chose qu’obtenir un non-lieu – il y a un certain nombre de coupables qui obtiennent des non-lieux, par exemple par vice de forme*). S’il est convaincu de tels agissements et se fait traîner en justice, eh bien j’applaudirai des deux mains, et j’en saurai gré aux plaignantes, en particulier à l’élève de Grégoire Perra qui l’avait accusé d’agression sexuelle en 2006 et n’a semble-t’il pas été beaucoup soutenue durant ces 20 dernières années. Quoi qu’il m’en coûte, je devrais saluer (mais du bout des lèvres seulement) Brice Perrier d’avoir écrit dessus, même si ce qu’il en fait n’est pas très clean, je vous laisse apprécier par vous-même.
En attendant, je ne peux que présenter mes excuses d’avoir par ma préface facilité quelque peu l’accès à ce personnage – et je retire la préface de mon blog, d’ailleurs. Qu’un masculiniste par exemple fasse des trucs dégueulasses, j’ai la nausée, mais ça ne m’étonne pas. J’ai carrément la dégobille avec les gens qui se déclarent progressistes ou sceptiques et se servent de ces postures pour nuire et prendre de l’ascendant sur autrui.
* Addendum : le camarade Sacha Sydoryk, qui en connaît un rayon en droit, c’est son métier, m’indique ceci :
Je t’écris sur un point très orthogonal, mais qui me paraît important ou utile (et tu jugeras de la pertinence de la chose 🙂 ) Ca concerne ta parenthèse « Être blanchi n’étant pas la même chose qu’obtenir un non-lieu – il y a un certain nombre de coupables qui obtiennent des non-lieux, par exemple par vice de forme ».En droit (français), si le non-lieu existe, être blanchi en revanche n’existe pas en tant que tel. Être innocenté non plus. On peut être relaxé ou acquitté, selon la juridiction : être relaxé c’est devant un tribunal correctionnel, un tribunal de police ou une cour d’appel (au pénal uniquement), être acquitté c’est devant une cours d’assise, mais dans les deux cas c’est la même chose, la personne n’est pas condamnée.Le non-lieu, c’est quand le juge d’instruction ou le procureur décide qu’il n’y a pas de motifs juridiques pour porter une infraction allégué devant la juridiction pénale. Le procureur peut demander le non lieu mais c’est le juge d’instruction qui le prononce.Tu me diras, ok mais so what ? Et bien, dans les deux cas, les décisions peuvent être rendues pour des raisons de fond ou de procédure ! Prenons le non-lieu, qui arrive en premier. Il peut être prononcé, grosso modo, pour trois séries de raisons : les faits ne sont pas prouvés ; les faits ne sont pas constitutifs d’une infraction pénale ; les faits sont prescrits. Tant pour la preuve que pour la prescription, tu peux avoir des éléments de fond ou des éléments de procédure.C’est pas intuitif pour la prescription, parce qu’on voit ça comme juste une durée, mais en réalité chaque acte de procédure va faire reculer le moment de prescription. Donc il peut y avoir non-lieu pour erreur de procédure qui a fait s’achever le délai de prescription. C’est plus intuitif pour les faits : imaginons que A accuse B d’agression sexuelle. Si en début d’enquête le magistrat se rend compte qu’au moment des faits allégués, B était de l’autre côté du globe, et qu’il est absolument impossible qu’il ait commis les faits, le magistrat va rendre un non-lieu. Maintenant, même hypothèse, imaginons que le magistrat demande l’audition de B, et que pendant cette audition il y ait un vice de procédure. Il est auditionné sans qu’on le laisse consulter un avocat, il est frappé pour des aveux, il y a une perquisition illégale, etc. Quand le magistrat s’en rend compte, il est obligé de rendre un non-lieu, parce que les preuves obtenues l’ont été illégalement.Donc pour un même non-lieu, on aura aussi bien des « vices de forme » que des raisons de fond.Et pour la relaxe ou l’acquittement, c’est un peu pareil (donc je vais abréger, pardon). Le tribunal ou la cour peuvent considérer soit que les faits ne sont pas assez prouvés, soit que la procédure a été mal suivie. Il faut lire le détail de la décision pour le voir (dans les grosses affaires, évidemment, la presse s’en fait le relai). Mais du coup, ici encore, ça ne veut pas dire « innocenté ». D’autant que par principe, le doute doit profiter à l’accusé.Donc on ne peut pas vraiment distinguer non-lieu = vice de forme ; relaxe/acquittement = innocence. Dans les deux cas, ça peut être pour un manque de preuve (ce qui se rapproche le plus de l’innocence) ou pour des vices de procédure.J’ajoute, mais là c’est un commentaire qui dépasse le champ de la connaissance du droit pour aller sur celui de la politique au sens large, qu’il me semble assez impossible de demander au juge d’innocenter, au sens le plus littéral du terme. Alors, on pourrait très bien avoir des décisions qui diraient ça. Mais factuellement, le juge ne pourrait que dire qu’en l’état, il n’existe pas assez de preuve pour condamner (ce qui est littéralement la présomption d’innocence). Parce que certains vices de forme protègent aussi cette présomption (probablement tous, à vrai dire). Si ta garde à vue ou ta perquisition sont viciées, ça veut dire que la police a pu placer elle-même des preuves, ou te faire avouer. Si ce sont des vices absolu, ça coupe court à l’envie de faire ça. Donc un tel non-lieu résulte aussi d’un manque de preuves que l’on a décidé de considérer comme acceptable, et ça me semblerait être un recul que de demander au juge de distinguer dans un type de décision entre « y’a pas assez de preuves » et « y’a des preuves mais je ne peut garantir qu’on ne les a pas falsifiées donc dans le doute je ne laisse pas juger ».Ce ne sont pas des arguties juridiques. Cela laisse entendre que dans certains cas les gens sont « quand même encore coupables », alors qu’il faut regarder au cas par cas, selon les motifs. Et autant on sait que les accusations n’ont que très peu d’incidences sur les personnes bien insérées dans le système politico-médiatique, autant je crois (à vérifier) que pour des personnes plus lambda, continuer à être accusé après un non-lieu (moins éprouvant) parce que ça ne voudrait pas dire « innocent », cela peut avoir des marques sur la vie pro et perso.
Cher Richard,
à ta disposition pour discuter méthode, la tienne me semblant si discutable.
J’aimerais aussi que tu m’en dises davantage sur mon supposé storytelling, car j’ai surtout fait une longue enquête, détaillée et sourcée, et ce que tu m’as dit (par message vocal) ne m’a en rien déplu. J’en ai seulement pris note, tout comme de ton refus que j’utilise finalement tes propos. En quoi ce que j’ai fait de cette enquête (la publier) ne serait pas clean d’ailleurs ? Là aussi, merci d’avance si tu peux m’éclairer.
En tout cas, tu étais au courant de la nature du personnage qu’est Perra depuis novembre 2024, car tu as lu cette enquête dès sa publication, au moins son premier épisode, qui montre clairement qu’il s’agit d’un odieux personnage, doublé d’un fieffé menteur (et d’éventuelles poursuites sur des faits récents ne changeront rien à cela).
Tu n’en as toutefois rien dit publiquement à l’époque, et a plutôt attendu que tous ses proches le lâchent pour faire comme les autres aujourd’hui.
Serait-ce donc une question de méthode ?
Bonjour Brice, ta demande est légitime, je te réponds
– tu n’as pas le privilège de cette manière de faire, loin de là, mais tu avais déjà ta conclusion avant ton enquête (tu voulais me forcer à dire que le milieu antisecte « couvrait » G.P., et corroborer le fait que le milieu sceptique dans son ensemble est moisi, etc.). Je déteste ça, ce n’est pas de l’enquête. Je te sais gré de ne pas avoir utilisé mes éventuels propos d’ailleurs
– ton enquête, oui je l’avais lu (je lis aussi d’autres de tes articles parfois), mais n’ayant pas confiance en ta « façon de faire », je n’ai pas pris ton travail (qui mélangeait d’autres sujets), comme base pour une prise de position
– si si, bien essayé, mais j’ai bien recensé ton article dans mes lectures à l’époque (et ton livre aussi d’ailleurs) -> là https://www.monvoisin.xyz/conseil-de-materiel-lectures-et-autres-novembre-decembre-2024/
– je préfère la base des plaignantes comme point de départ, et elle vient de m’arriver
– Je n’ai pas attendu que les proches de G.P. « le lâchent », puisque je ne sais ni qui ils sont (j’imagine que ça se passe sur X, je n’y suis plus depuis longtemps – et les acteurs/actrices antisectarisme, je ne les connais plus), ni s’ils le lâchent. Moi c’est 2 personnes qui m’ont dit ça avant-hier, me montrant des témoignages de plaignantes, puis de manière concomitante Elisabeth Feytit venait de prendre acte et j’ai fait de même. Inutile, là encore, de te raconter une narration qui n’existe pas. Je n’ai pas coutume d’attendre que les autres prennent position pour le faire, si tu me suis quelque peu tu le sais (si pas, je te l’apprends).
En tout cas je suis content que des gens qui se comportent comme ça soient épinglés, si tu en as d’autres en stock fais-le savoir.
Salutations
RM
Salut Brice. Alors on sait que tu aimes bcp l’anthroposophie. Sinon parmi les gens qui taillent l’anthroposphie tu sais qu’on est nombreux à considérer que :
1/ l’anthroposphie est de la merde dangereuse DONT TU FAIS LA PROMOTION et on le sait
2/ Perra est un agresseur et son boy’s club de sbires le soutient
Les deux énoncés sont pas incompatibles. Mais clairement les grattes merde conspi souverainistes comme toi qui viennt charogner là dessus allez sucer des clous rouillés.
Tapyplus c’est la dernière fois que je publie un com de vous s’il y a des insultes dedans
Cher naze sous pseudonyme,
Je ne vous connais pas mais vous montrez seulement que « les gens qui taillent l’anthroposophie » (si vous les représentez) ont surtout un très faible niveau argumentatif.
Moi sur ce sujet (Perra, pas l’anthroposophie), j’ai juste fait la promotion (ou du moins la pratique) du journalisme, face à une faillite de l’esprit critique, que vous me semblez aussi bien représenter.
Bonne chance pour la suite.
Cher Richard,
tu es bien aimable, mais dis tout de même n’importe quoi.
Je ne voulais te forcer à rien, ni n’exigeais quoi que ce soit. Je t’ai juste posé des questions, à l’écrit car tu as refusé de me parler. Comment aurais-je pu exiger que tu dises quelque chose ? C’est juste ridicule.
Tu as cautionné Perra en le préfaçant, comme Thomas Durand en l’interviewant d’une façon ultra complaisante et en avalisant tout ce qu’il disait. Le milieu anti-secte l’a également accrédité, et le milieu sceptique aussi pour une part, notamment dans un événement comme les REC.
Tout cela, ce sont des faits. Si je te les ai indiqués, ce n’était pas pour exiger que tu les valides, il n’y en avait aucunement besoin.
Je te remercie pour ta brève recension de mon livre, qui relève du procès d’intention (sur ma pratique supposée du chery picking), sans le moindre élément pour l’étayer. Ce que tu dis de ma longue enquête, c’est idem. En fait, tu n’en retiens strictement rien, seulement que mes méthodes seraient pénibles. En l’occurrence te poser des questions par mail du fait de ta préface, et accepter de ne pas utiliser tes propos car tu le demandes après que je t’ai fait relire le passage te concernant. Comme pour mon livre où j’ai cette fois utilisé tes propos, après te les avoir fait également relire et sans que tu t’y opposes.
Sinon, le fait est aussi que tu lâches Perra au moment où le font tous ses proches fidèles (Elisabeth Feytit en est une, comme Shadow Ombre, Cyril Gambari, Kalou ou Stéphanie de Vanssays, tu ne les connais pas ?), même si ce n’est pas ton genre.
Pour les plaignantes, la première est une fille mineure à l’époque des faits d’agression qu’elle a subis, insultée et diffamée ensuite publiquement par Perra pendant des années. Elle s’exprime pour la première fois dans mon article, précisément, après avoir témoigné par écrit dès 2013 pour le tribunal. Donc tu étais parfaitement au courant depuis un an et demi (et aurais dû l’être avant), mais n’en a rien fait. Comme tu n’a visiblement rien fait pour vérifier les dires de Perra, notamment ce summum de foutage de gueule intitulé « la minute stupide », qui clôture ce livre que tu as préfacé, et renvoie encore à la façon dont il a traité cette jeune fille, ainsi que son ancienne compagne, une de ses élèves.
Mon enquête sur Perra ne mélangeait pas les sujets, elle est seulement assez complète pour témoigner de l’ampleur d’un phénomène de mésinformation massive, pas seulement le fait qu’il avait agressé une élève, tout en sortant avec une autre. Elle montre dans le détail que c’est un fieffé menteur, qui a été pris comme une source très fiable par le milieu anti-secte, quantité de médias et une bonne partie de la sphère sceptique, dont toi. Elle montre ainsi comment il a eu une influence majeure, qui perdure en fait, car tous ceux qui le lâchent se cantonnent aujourd’hui à condamner ses rapports déplacés avec les femmes, alors que le personnage a accumulé une masse de propos complètement délirant depuis quinze ans.
Cela questionne la crédulité de tous ces gens qui l’ont cru, peut-être parce qu’il disait ce qu’ils avaient envie d’entendre, voire leur rendait ainsi service en confortant leurs préjugés, comme la Miviludes l’a d’ailleurs d’emblée déclaré assez explicitement.
Cela, au cas où tu l’aies oublié, je te le refais savoir, avec ce troisième épisode du gourou au coeur de la lutte anti-sectes, qui montre bien à quel type vous avez accordé votre crédit.
https://raisonsensible.substack.com/p/un-gourou-au-cur-de-la-lutte-anti-874
Salutations, et bonne (re)lecture
Hello Brice, je ne crains pas tes propos, je ne les bloque pas, ils ont vertu à être publics – sauf si tu me demandes explicitement de ne pas les fare apparaître.
Je te reconnais bien là 🙂 Je passe sur la première partie avec tes jugements qui n’engagent que toi. Oui ma mini « recension » de ton livre est lapidaire, je le concède, je n’ai pas de temps à passer à décortiquer où ça me parait clocher, je mets en avant parce que j’en trouve la lecture intéressante, avec une mise en garde, n’est-ce pas mieux que rien ? Si je dois écrire des enquêtes sur chaque livre problématique, j’en lis 3 ou 4 par semaine, j’y passerais ma vie.
Si je « lâche » comme tu le dis GP (comme si je l’avais « tenu » auparavant) en même temps que d’autres, c’est une association temporelle, le 3e paramètre est peut être que les plaintes me sont désormais parvenues par une autre source que toi. Les autres ? Je ne sais pas. Shadow Ombre échangé 3 mails dans ma vie et vu quelques vidéos, il y a une poignée d’années, Cyril Gambari, Kalou aucun lien, Stéphanie de V je n’ai jamais parlé à cette personne il me semble.
Et non, n’ayant pas une grande confiance en tes écrits, je ne considère pas avoir été « au courant » il y a un an et demi. Le point sur lequel tu as raison, c’est qu’en préfaçant GPerra, j’ai contribué à lui donner une audience, et ça m’emmerde au plus haut point, mais c’était en 2020. Tu vois, j’ai rendu publics tes critiques et essayé d’y répondre, car je ne crois pas avoir quelque chose à cacher. Je vais m’arrêter là, parce que je commence à te connaître. Si je te réponds, c’est sans fin et tu vas m’aligner ton storytelling (que je résume ainsi : all skeptics are trash), si je ne te réponds pas tu vas conclure que j’ai peur de répondre. C’est le mouvement perpétuel. Alors je te salue.
« Dénonciateur notoire (et à raison) de l’anthroposophie » ne montre-t-il pas une envie quand même de lui donner raison mal venue, c’est à dire le fonctionnement d’indulgences dont il a profité par faiblesse idéologique de ses soutiens, à peu près comme Mao, pervers sexuel notoire, trouvait et trouve encore des gens qui ne veulent pas en entendre parler ? Il est bien maladroit de maintenir « et à raison » puisque c’est cette approbation qui a permis les déviances. Alors qu’il a menti sur ses victimes anciennes, comment croire qu’il peut ne dire que la vérité dans ses critiques de l’anthroposophie ? Ou juste le lien clanique maintient qu’il a raison quand même parce que lui aussi, Dieu soit loué, a des sentiments anthroposophobes ? Le scepticisme est fait de sentiments obscurs plus que de vraie raison, en règle générale. Car anthroposophe ou pas tu meures toujours un jour ou l’autre, donc cela n’a pas tant d’importance que cela mérite de rappeler que le monsieur a quand même raison, le jour où il est convaincu d’un comportement déviant.
Bonjour, je ne sais pas si c’est mal venu. On me rapporte par exemple que le courant anthroposophe fait son miel de l’affaire Perra. Donc rappeler que la critique de cette « théorie » reste valable me semble justifié – même si je vous assure que si je dois donner des références critiques, ce n’est pas vers les productions de GPerra que je renverrai (difficile de séparer l’œuvre de l’artiste).
Amicalement
R
Vers celles d’Aurélie Choné ? De Jean Foyer ? Vous savez bien que la démarche scientifique exige de regarder toutes les études sérieuses, y compris les contradictoires. Comment être étonné que le mouvement anthroposophique fasse son miel de cette histoire, alors que l’Histoire relativement à Perra lui a donné raison ? C’est quand même de bonnes guerre. Et c’est vrai que si l’article qu’il a publié il y a plusieurs années sur la question avait été pris au sérieux des victimes auraient été épargnées. Il apparaît donc que le rejet avsolu des publications anthroposophiques a nui au bien public. Et que l’absolutisme anthroposophobe a aussi nui au bien public. Qu’il fallait dans tous les cas être plus mesuré. Et plus respectueux de la présomption d’innocence, puisque cet article d’AEther News sur Perra n’était pas un horrible mensonge, mais pour l’essentiel exact. C’est là aussi que l’anthroposophobie instituée peut faire son examen critique. D’autant plus que Perra a attaqué des anthroposophes dans leur vie privée, notamment quand ils étaient en couple avec des femmes qui n’ont pas voulu de lui. Si on lutte contre les sectes de cette façon cela ne marchera jamais, on perdra toute légitimité. Car les gens ont le droit d’être en couple, en fait ! Cela n’a rien de criminel. Reconnaissez donc que les anthroposophes ont eu raison sur ce coup, et vis critiques moins fondées sur la diabolisation auront un effet plus profond et plus durable. Imaginer des anthroposophes ensemble au lit et crier à l’horreur, comme le faisait Perra, est complètement débile, et a un ressort qu’on connaît bien, purement animal.
je crois que vous faites mention de choses que je méconnais. Je n’ai jamais rencontré les gens de cette sphère anti-anthroposophie (hormis le dessinateur JB Meybeck, et GPerra lors d’un live vidéo, et j’ai quitté ce sujet dès la fin 2020 pour passer à d’autres (j’y suis revenu très brièvement à l’été 2022, quand on m’a demandé une recension d’un livre autour de la biodynamie (ici https://www.monvoisin.xyz/les-esprits-scientifiques-sont-dans-la-vase-et-moi-dans-la-merde/) La 1ère fois que j’ai tilté sur le comportement de GP, c’est lorsque une amie m’a raconté que le gars avait été très pénible avec elle, et que la sphère qui gravitait autour n’était pas de la meilleure eau – ce qui ne m’a pas donné envie de les connaître. Puis quand Brice Perrier a écrit ses articles, mais j’ai pris ça avec des pincettes car je n’ai pas une confiance immense dans ses productions. Les autres que vous citez, je ne les connais pas – sinon le chapitre de Mme Choné dans le livre que j’ai commenté.
Mais en soi vous avez raison sur le fait que la lutte antisectarisme a ses ornières, et ce n’est pas la 1ère fois que je les observe, c’est pour ça que je reste très lointain depuis je dirais une 15aine d’années.
Rémi Mogenet est un fervent défenseur de l’anthroposphie. Autant parler avec une brique c’est bcp moins incohérent.
Propos peu amènes, je ne connais pas Rémi M.
Tu meurs*
Sacré Richard !
Des jugements ? Plutôt des faits, mais c’est toi qui vois.
La confiance (ou la croyance) importe tout de même peu à côté des faits, accumulés dans mon bouquin comme dans l’enquête sur Perra. Je retiens que tu n’as rien à en dire, même sur ce qui te concerne directement. T’es plutôt dans la posture, l’ignorance, mais c’est peut-être ta méthode, qui fait que tu n’étais donc pas au courant il y a un an et demi de ce qu’est ce Perra, malgré la lecture d’une enquête très détaillée, sourcée, purement factuelle (je me répète mais c’est quand même très différent d’un supposé storytelling résumé mais surtout imaginé, ou ressenti).
Toi, le féministe, tu ne voyais rien à redire au comportement abject de ce type vis à vis de Mathilde, encore quinze ans après qu’il l’ait agressé, comme je l’ai prouvé. Ni au tissu de conneries que le gourou a fait avaler à tous ses fidèles. L’épisode 3 est là aussi très explicite, et personne n’a rien trouvé à réfuter. J’attends encore, au cas où.
Restons-en là alors, mais je demeure dispo pour discuter de vive voix, c’est plus constructif, vivant, selon moi, mais là encore c’est toi qui vois.
Bien à toi.
Je te l’ai dit Brice. Si je n’ai pas pris la mesure de ton article en 2024, c’est parce que je ne prenais pas très au sérieux ton travail. C’est tout
Et notre interaction m’avait bien échaudée. Bon j’ai déjà dit tout ça. A plus !
Et vos*
En privé tu ne comprenais rien. En public tu expliques tout. C’est ça, la méthode sceptique…
salut, je publie ton com, mais je ne comprends pas ce que tu veux dire (la seule fois où je t’ai parlé, tu m’as rembarré).
Bonjour Richard,
Je viens de relire ta préface (une dizaine de pages) de Une vie en anthroposophie.
Je me permets de te partager ma modeste analyse, que je souhaite la plus rigoureuse possible.
Je ne parle pas d’intention de tromper. En revanche, il me semble qu’il y a une difficulté d’ordre méthodologique : une caution issue de la sphère sceptique a été apportée à un témoignage sensible, sans que les limites inhérentes à ce type de matériau (biais de mémoire, absence de contradiction, nécessité de recoupement) soient explicitement posées.
Or, dans un tel contexte cette absence de cadrage critique peut produire un effet d’autorité, en particulier auprès d’un public non spécialiste et éventuellement contribuer à renforcer la crédibilité perçue du récit.
D’autant que tu mentionnes toi-même, a posteriori, l’existence d’un certain malaise sur certains éléments.
Dans cette perspective, il me semble que le témoignage aurait gagné à être accompagné d’une mise en tension plus explicite, afin d’éviter tout glissement entre récit personnel et validation implicite.
Je ne cherche pas l’affrontement…juste un éclairage.
Merci d’avance.
Gérard Beauchamp
Je suis d’accord avec toi Gérard. C’est toujours un matériau difficile à manier, le récit personnel. Moi ce qui m’intéressait, c’est le contenu critique de la « théorie » anthroposophe. Le récit autour, beaucoup moins, car c’est toujours perclus de trous. Surtout quand on ne connaît pas les gens. J’ai mis en ligne des témoignages (Didier Richard le podologue, par ex, des anciens nazis, etc. et cela souffre du même problème. Donc… je suis d’accord. Et comme j’ai du mal à séparer l’oeuvre de l’artiste, quand l’artiste se révèle plus très sain, je coupe. Sûrement trop tard.
Amicalement
La « théorie » fondamentale de « l’anthroposophie », quelle est-elle ? Alors que selon Aurélie Choné il est impossible d’organiser un colloque universitaire sur Rudolf Steiner à cause des militants qui hurlent, on peut dire que, officiellement, cette « théorie » est inconnue de la communauté scientifique. N’importe qui peut dire ce qui lui plaît sur la question. Et n’importe qui y croira selon ce qui lui fait plaisir. Moi-même, docteur en littérature, je n’ai publié aucun article scientifique sur la question. Mon doctorat portait en partie sur un autre auteur maudit, mais sur qui des colloques ont bien été organisés : Joseph de Maistre. Celui-ci contestait que le monde fût une grosse machine autonome et incréée, et, en fait comme Rousseau, estimait que tout mouvement émanait d’une volonté. C’est très vilain, mais il faut être dogmatique pour rejeter cette hypothèse a priori, alors que, dans les faits, l’être humain ne fait aucune expérience d’une machine qui marche toute seule, ni que son corps puisse être assimilé et transformé en une machine autonome, incréée et réparable à l’infini. La vérité est que Rudolf Steiner donnait raison à Joseph de Maistre et estimait que, d’esprit volontaire à esprit volontaire, l’être humain pouvait saisir le ou les moteurs des choses. De fait, si l’hypothèse est vraie, le corollaire l’est aussi. Or il existe un dogmatisme qui à la rigueur veut bien admettre la possibilité théorique du principe, tel que Rousseau par exemple l’exposait, mais qui refuse absolument d’en saisir les conséquences logiques. Déjà Joseph de Maistre en tirait beaucoup trop. Que dire dès lors de Steiner ? Il est quand même temps de dépasser la question sociale, et d’aborder philosophiquement voire littérairement l’oeuvre de Steiner, donc de soutenir le projet d’Aurélie Choné d’un colloque. Sinon, tout le monde contnuera de parler au hasard – en militant, voire en sectateur religieux, et non en scientifique.