(LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Yves Coppens est décédé.

Malgré tout son talent,
– il a fourni avec Jacques Malaterre l’un des pires docus en évolution, L’odyssée de l’espèce, que je désosse en cours.
– le monsieur a écrit sa légende sur Lucy alors qu’il n’a pas mis les pieds sur place. C’est le discret géologue Maurice Taïeb qui nous l’avait révélé, à un groupe d’étudiant·es et moi. Je trouvais bizarre depuis longtemps qu’Yves Coppens soit présenté immanquablement comme le papa de Lucy, mais… seulement en France. Alors on a enquêté, en 2009 avec deux jeunes licences, Nicolas Belnand & Johan Girod (où êtes-vous maintenant, les gars ?)
Ça avait donné ce dossier en pdf, et cet enregistrement marrant, entre deux étudiants un peu tout mouillés et un vénérable scientifique.

Je ne manque jamais de relever le sel (colonial) qu’il y a à nommer d’un prénom latino-européen le squelette d’une femme éthiopienne. Cette femme porte de fait un nom ahmarique, Dinqnesh (« tu es merveilleuse »), que tout le monde à peu près ignore, et ça m’énerve.

Je le raconte dans mon cours en vidéo, ici :
youtu.be/wOSP4uVSxik?t= (en me plantant sur la date, je dis 1972 alors que c’est 1974 ; et en m’obstinant à appeler Donald Johanson Johan Donaldson, ou l’inverse, de toute façon je me plante tout le temps)

Et pour les gens qui pensent que je m’acharne sur un mort, la camarade Odile Fillod a exhumé un passage que j’avais oublié, dans ma thèse de 2007(il y a 15 ans), pp 114-115) :

« Les frères Bogdanoff, après avoir parlé en des termes fort démagogiques du temps primordial à un public peu averti, s’excusèrent auprès de [moi, dans en entretien au Festival Sciences Frontières 2005 ] que bien sûr, les connaissances qu’ils venaient de présenter n’étaient pas très rigoureuses, mais il n’y a que sous cette forme qu’elles étaient le plus compréhensibles pour le public. Y. Coppens, suite aux critiques qui suivirent la sortie du docu-fiction L’odyssée de l’espèce, rétorqua au journaliste quelque chose du même acabit. [Je me rendis] compte que la stratégie de vulgarisation scientifique de ces personnages en vue n’était pas tant de transmettre un contenu scientifique correct, mais d’offrir « le contenu simili scientifique que les gens voulaient entendre ». À bien y regarder, il s’agissait d’offrir plus exactement « le contenu simili scientifique que eux, Bogdanoff, Coppens, croyaient que les gens voulaient entendre ». En clair, il n’y avait aucun mal à travestir les faits si cela devait faciliter leur acquisition. »

2 réponses

  1. norbert dit :

    Je commence à lire le pdf : dès les premières lignes deux fautes d’accord, un accent oublié. Relisez-vous s’il vous plaît.

    • cher Monsieur, primo, c’est un travail d’étudiants – si je dois corriger les fautes des dossiers étudiants, j’arrête mon métier. Secundo, l’orthographe n’est pas un marqueur cognitif, mais social. Je vous laisse méditer là-dessus. Mais si vous voulez devenir correcteur de mes travaux étudiants, j’applaudis. J’ai env. 70 dossiers par an.
      Amicalement

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