J’ai piqué cette image au Club photo du collège Soutine, à St Prest. Merci !!!

Spécial étudiant·es

Très agréable émission dans La méthode scientifique, sur France Culture, le 16 octobre 2020. Le sujet était les débats publics de santé  malmenés. Mais j’émets un gros bémol, et je regrette une sérieuse mise en abyme : ce qu’explique Anne Goffard, médecin-virologue au CHU de Lille, en tant que protagoniste évincée, est très riche, mais si elle est spécialiste des SRAS, elle n’est pas spécialiste de la question des débats publics. Étienne Klein est brillant, limpide, et je suis d’accord avec quasiment tout ce qu’il dit dans l’émission mais il n’est pas expert de cette question – et ce ne sont pas les tribunes qui lui manquent. Le neurologue Yves Agid ne semble devoir sa présence qu’à sa signature de la tribune Covid-19 : remettons de l’humilité dans le débat ! parue dans Libération. Se pose quand même le problème de savoir pourquoi n’est pas invité·e un·e spécialiste des débats, il y en a, dans la tradition des gens comme Marianne Doury qui écrivait « Le débat immobile » en 1997, déjà. Donc certes, on passe un bon moment, mais n’est-on pas en train de faire ce qui est dénoncé ?

C’est ce dont s’emparent parfois certain·es jeunes chercheur·ses, comme Charlotte Barbier et Gabriel Pallarès, dans cette vidéo de Skeptics in the pub Paris : le fait qu’on mélange expertise et opinion, et qu’on néglige la littérature scientifique sur les questions qu’on pose.

J’insiste : je pense que cette émission est l’une des meilleures qui soient, en terme de qualité. C’est bien parce qu’elle a ce statut à mes yeux que je n’y vais pas de main morte. Je vous laisse juge.

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D’ailleurs, dans la même veine, depuis cinq ans, c’est le festival des livres d’esprit critique, plus ou moins de bric et de broc, plus ou moins « empruntés », plus ou moins écrits par des gens dont la seule expertise est quelques séquences de cours, et qui feignent ou font mine d’avoir inventé l’autodéfense intellectuelle.

Merci de ne pas encombrer nos bibliothèques, et laissez parler soit les gens qui font de la recherche sur la question, soit des gens qui mouillent la chemise des milliers d’heures en collège lycée (#DenisCaroti, mon héros moderne).

 

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