J’en­ten­dais des bêtises ce matin sur le numé­ro de sécu­ri­té sociale. On a racon­té sa genèse avec Nico Pin­sault dans notre bou­quin de 2017 sur la Sécu (pp. 49–50)

Extrait :

- Nous avons tous un numé­ro de Sécu­ri­té sociale, n’est-ce pas ?

Oui, enfin, toute per­sonne née en France est ins­crite au RNIPP (Réper­toire natio­nal d’identification des per­sonnes phy­siques), et en reçoit un à la nais­sance. Si tu es né à l’étranger, tu n’es ins­crit que si son ins­crip­tion est deman­dée par un uti­li­sa­teur auto­ri­sé par la loi

- Mais pour avoir un numé­ro de Sécu, il fal­lait bien une Sécu.

Tu es malin, toi. Oui et non. Oui, le numé­ro de Sécu naî­tra en 1946. Mais il est une resu­cée pré­cise du « numé­ro Car­mil­le », du nom du contrô­leur géné­ral des armées René Car­mil­le, spé­cia­liste de la méca­no­gra­phie par cartes per­fo­rées. Je te passe sa vie, Car­mil­le tor­tu­ré par Klaus Bar­bie, sa mort du typhus à Dachau en 1945… À l’origine, René Car­mil­le avait pen­sé un numé­ro matri­cule à 12 chiffres, appe­lé « numé­ro de Fran­çais », qui devait ser­vir aux mili­taires, puis aux pri­son­niers de guerre. S’ajouta un 13ème chiffre pour le sexe, quand il s’est agi de construire les numé­ros pour la Sécu. Le numé­ro est stan­dar­di­sé : 1 ou 2, selon gar­çon ou fille (et tant pis pour les inter-sexes) ; puis année de nais­sance, au siècle près (si tu es né en 1988, on marque 88), puis le mois de nais­sance ; suivent le numé­ro du dépar­te­ment, les trois chiffres du code offi­ciel de la com­mune de nais­sance, puis le quan­tième bébé que tu as été dans le mois de ta nais­sance dans cette com­mune. À la fin, il y a une clé de deux chiffres, qui se cal­cule fas­toche.

- Allez, un petit cal­cul et on s’en va.

Tu prends tes 12 pre­miers chiffres, tu divises par 97. Ce qu’il reste, c’est un nombre. Tu prends 97 moins ce nombre, et tu as la clé (on appelle ça le com­plé­ment à 97 du nombre for­mé par les 13 pre­miers chiffres modu­lo 97). Voi­là le numé­ro qui te sui­vra toute ta vie, sur ta carte Vitale notam­ment. Ce n’est pas un fli­cage, pour une fois. Ce numé­ro te donne des droits dans notre sys­tème de pro­tec­tion sociale, tu peux en être fier.

 

(La Sécu, les vau­tours et moi, les enjeux de la pro­tec­tion sociale, aux édi­tions du Détour, plein de crous­tille­ries dedans. À com­man­der au Père Noël, en plus vous filez des sous à une mai­son d’é­di­tion bien fraîche).

4 réponses

  1. coco dit :

    Com­ment sont pris en compte les cen­te­naires dans ce sys­tème ??
    Mer­ci

    • A ma connais­sance, der­rière le n°SS il y a le NIR, n° dans l’ad­mi­nis­tra­tion ne contient pas que l’an­née mais le siècle aus­si ce qui évite les dou­blons (mais dans l’ab­so­lu, je crois que la pro­ba que 2 per­sonnes aient les 2 N° de sécu appa­rents iden­tiques est de l’ordre d’1/12 ou 13 mil­lions, de mémoire – j’a­vais cal­cu­lé à l’é­poque)
      Il y a d’autres bri­co­lages dans ce NIR, cer­tains aban­don­nés (un numé­ro spé­cial pour Musul­mans :(), d’autres encore en cours. Sacrée his­toire
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Num%C3%A9ro_de_s%C3%A9curit%C3%A9_sociale_en_France

  2. Maxime Bioud dit :

    com­ment le com­man­der sans filer de sous a ama­zon ou autres ? librai­rie de quar­tier voire tran­sac­tion directe ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *