
©Getty – RinoCdZ
Les climats incestuels et incestueux, sujet difficile. Un de mes bons amis a réussi cahin-caha, comme il le dit, à décrypter un tel climat chez ses propres parents. Il lui fallu beaucoup d’échanges, beaucoup de lectures, une bonne dose de culture féministe et du soutien psychologique de professionnel·les et de proches, pour qu’il se rende compte qu’il y avait un « problème » : en effet, critiquer sa propre norme familial est difficile, et nécessite d’être très entouré·e pour ne pas sombrer. Lorsqu’il m’a raconté ça (à moi qui ai vécu une situation incestueuse aussi, mais sans commune mesure, voir ici), je lui ai dit : me ferais-tu la liste de ta documentation ? Ainsi, on pourrait la diffuser, la compléter. Il m’a dit oui, et en très peu de temps, il me l’a fournie. La suite est de sa plume, et j’apporterai quelques maigres contributions à la fin.
Merci à lui.
Selon les chiffres de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE), créée en 2020, c’est un enfant sur 10 qui est victime d’inceste dans sa famille en France. C’est massif. Subir l’inceste est dévastateur. En parler est une deuxième violence. Merci à ceux et celles qui arrivent à écouter des proches qui ont vécu de telles situations. Ces discussions, qui font remonter des traumas, et mettent en cause certains modèles familiaux bancals, sont des discussions très difficiles à avoir. C’est vrai que la question de de quoi dire, et à qui, est délicate et on est rarement formé pour. »
Voici une liste de lectures qui m’ont permis d’y voir plus clair.
• « La culture de l’inceste », sous la direction d’Iris Brey et Juliet Drouar (Seuil, 2022)
[Note de Richard : il est nécessaire d’indiquer que ce livre semble s’inscrire au moins en partie – il y a cinq contributeurices différent·es – dans le cadre conceptuel de la psychanalyse. Je ne sais pas dans quelle mesure cela apparaît peu ou beaucoup dans l’ouvrage, mais il faut savoir que le cadre conceptuel, disons, freudien, est obsolète, fraudé, perclus de concepts sortis du chapeau, et notoirement homophobe/transphobe, et que je ne peux pas prendre le risque de ne pas le dire, surtout vu la gravité du sujet. Aucune des contributeurices n’est d’ailleurs psychologue, je crois. Mais ce livre a eu un effet particulier pour mon ami, et c’est pour cela qu’il est dans la liste.]

Dans ce livre, j’ai appris qu’il y a un continuum entre les faits qui relèvent de l’incestuel (inceste avec violences psychologiques ou morales) et de l’incestueux (inceste avec violence physique). L’incestuel, c’est tout ce climat bancal dans lequel les choses sont distordues dans le huit-clos familial, dans lequel l’intimité de chacun·e n’est pas respecté·e, dans lequel la sexualité des adultes qui ont l’ascendant écrase la ou les personnes vulnérables, ce qui les contraint au silence.
C’est dans ce livre que j’apprends (page 13) qu’utiliser son enfant comme confident de ses aventures sexuelles relève de l’inceste.Bizarrement, quatre années de psychothérapie et trois psys différents ne m’auront pas apporté autant que ce court extrait :
« L’inceste concerne la famille de sang et la famille élargie, ainsi que la famille par adoption. Mais le lien familial est avant tout pour la victime un lien de proximité, d’autorité, de confiance, de dépendance et d’amour. Ainsi, les agresseur·euses peuvent être, dans la famille de sang, père, mère, frère, sœur, grand-père, grand-mère, oncle, tante, cousin, cousine, et dans la famille par alliance : beau-père, belle-mère, oncle par alliance, etc. Entre les mineur·es, même un an d’écart d’âge peut suffire à établir un lien d’autorité.
Physiquement, l’inceste peut-être un viol, soit tout acte de pénétration par voie orale, anale, vaginale, imposée avec une partie du corps de l’agresseur·euse (doigt/pénis), ou par l’utilisation d’un objet. L’inceste peut aussi prendre la forme d’une agression sexuelle consistant à imposer un toucher sur le corps de l’enfant avec son propre corps (se frotter contre l’enfant, cunnilingus, masturbation) à des fins de satisfactions sexuelles. L’enfant peut être forcé·e à pratiquer des gestes de masturbation sur l’agresseur·euse et l’embrasser ou le toucher où iel le demande.
L’inceste, c’est aussi tout ce qui concerne l’exhibition sexuelle, ou inceste moral, ou inceste sans contact physique. Les actes de faire l’amour devant son enfant, parader nu, tenir des propos à caractère sexuel, visionner des films pornographiques avec son enfant sont considérés comme relevant de l’inceste. Utiliser son enfant comme confident·e de ses aventures sexuelles, la/le photographier nu·e ou dans des situations érotiques également. L’inceste, c’est aussi sous couvert d’acte d’hygiène l’agresseur·euse qui assouvit ses pulsions en pratiquant des toilettes vulvaires trop fréquentes, des décalottages à répétition, des prises de température inutiles, plusieurs fois par jour, des lavements, etc., et ce jusqu’à un âge avancé de l’enfant dans une relation dans laquelle l’enfant est un objet sexuel. »
Bien sûr, il y a quelques triggers sur la terminologie psychanalytique, (pulsions, etc.) mais c’est un soulagement pour moi de poser un nom sur les violences que j’ai subies. Aucun·e des thérapeutes que je suis depuis quelques années pour parler de mes relations à mes parents n’avait réussi à poser ce mot. Nommer l’incestuel et l’inceste, c’est difficile, même avec les professionnel·les de la santé psychologique. Il est vrai que certains courants psychanalytiques normalisent les violences sexuelles dans les familles, et cela n’aide pas pour poser les mots justes dans ces familles bancales.
On lira page 23 : « Ce qui traumatise dans l’inceste, c’est tout autant la manière dont il apparaît que la manière dont il s’efface. S’efface de nos mémoires, s’efface du récit familial, s’efface de la société. Le trauma devient indicible et non représentable parce qu’il est en soi masqué par l’oubli et par la dissociation. »
Page 38 : « Règle 1 : l’inceste est initié par le, la plus âgé·e. En premier lieu par les chefs de famille, ceux qui occupent structurellement une position de pouvoir en raison de l’âge ou de la différence de sexe. Règle 2 : l’excitant n’est pas l’amour mais le pouvoir et l’effraction. Il y a des classes d’incesteurs·incesteuses et des classes d’incesté·e·s à un moment T. La résultante en est la silenciation. »
[Note de Richard : il faut dans l’extrait précédent entendre régularité, et non pas règle ne souffrant pas d’exception. Par ailleurs, il faut entendre classe ci au sens marxiste, avec une hiérarchie sociale de fait, des dominant·es et des dominé·es. Silenciation est un mot trop peu usité encore, qui désigne un ensemble de techniques d’invisibilisation et de marginalisation d’un groupe social. Attention, « climat incestuel », ça peut avoir une tonalité très freudienne, mais il y a une version féministe matérialiste bien plus sérieuse.]
Page 63 : « [quand l’agresseur est un homme de la famille, il arrive] que les mères ferment les yeux car parler revient à prendre des risques dans un contexte sexiste.
Le sexisme légitime les personnes hommes à disposer du corps des autres et force les non-hommes [femmes et enfants] à accepter cette contrainte en valorisant l’oubli de soi et en punissant ceux qui l’ouvrent. »
• La déferlante, la revue des révolutions féministes, N°10, avec l’article « L’inceste commis par des mineurs, le grand déni » par la journaliste Sarah Boucault.
Dans cet article fouillé, l’autrice, qui a elle aussi vécu des violences de ce genre étant enfant, essaye de trouver les régularités qu’on retrouve dans les familles incestueuses. L’autrice parle de « mineur agresseur » : c’est un mineur qui commet un inceste dans sa famille,inceste permis par le climat incestuel qui règne dans la famille. Cela dit, ces agresseurs sont mineurs donc c’est bien leurs parents qui sont responsables de ce qu’il se passe dans le huit-clos familial. C’est la première fois que je lis que les « soit-disant » jeux sexuels entre enfants ne sont pas des jeux, mais des situations de violences sexuels. Dans les jeux pour enfants, la phase de négociation est particulièrement longue et fait objet de discussion entre les enfants. Dans la plupart des jeux sexuels, il n’y a pas cette phase de négociation, donc ce n’est plus un jeu. Banaliser le fait de parler de « touche-pipi », cela banalise des situations dans lesquelles un enfant qui a l’ascendant violente un autre enfant qui n’arrive pas à y mettre fin.
• L’article de Libération d’Anaïs Coignac, 3 février 2022 : c’est le seul article que j’ai trouvé qui décrit ce qu’est un climat incestuel. Différentes familles sont décrites. Alors, certes ces climats ne sont pas pénalement répréhensibles actuellement, mais ce sont ces climats qui permettent le passage à l’acte. En pdf ici.
•
Les 6 épisodes du podcast « Ou peut-être une nuit », créé et présenté par Charlotte Pudlowski sur Louie Media (que j’ai écouté attentivement) [Note de Richard : il a fait l’objet d’un livre éponyme, chez Grasset]. La réalisatrice suit une trame où elle interroge sa mère et d’autres personnes. Elle explique comment on peut faire pour casser les chaînes de l’inceste. Si on laisse faire, ces climats familiaux bancals se reproduisent. Ce sont les figures masculines qui sont les principaux agresseurs, mais il existe aussi des femmes qui agressent en profitant de l’ascendant de l’âge sur les victimes (nous n’avons pas de pourcentage à donner).
• Triste Tigre, de Neige Sinno (POL, 2023)
C’est à la fois très difficile à lire, par l’horreur des situations décrites, et très facile à lire car l’écriture est particulièrement fluide. Neige Sinno ajoute à la dénonciation de l’inceste familial qu’elle a subi beaucoup de réflexions pertinentes. Voici quelques phrases que j’ai relevées :
Page 25 : « La plupart des pervers se racontent à eux-mêmes que ce qu’ils ressentent et ce qu’il font vivre à son origine dans de l’amour. »
Page 93 : « Le cycle « Victime qui devient agresseur à son tour », ce n’est que 20 % des cas. C’est minoritaire. La plupart des incestes sont donc commis par des « viols d’opportunité » qui ont été autorisé par un climat incestuel entretenu par les membres de la famille. C’est 80 % des cas. Être une victime est un facteur de risque, mais ce n’est pas une condition nécessaire ni suffisante pour passer à l’acte. »
Page 145 : « Pourquoi demander à un enfant violé s’il a eu du plaisir ? Est-ce qu’on demande à un enfant battu s’il a eu mal ? »
Page 258 : « Il y a une forme de revictimisation dans l’insistance à considérer les récits de maltraitance comme des affaires qui ne concernent que les intéressés. »
Page 261 : « Ce qu’il y a d’insupportable, c’est l’idée que toute cette souffrance ne conduise finalement qu’à être normal. »
Page 272 : « Le passage à l’acte, c’est cette transition infime qui change tout, en nous faisant passer du fantasme au réel. »
[NdRichard : je viens de le lire. Bouleversant. Confusion entre psychologie et psychanalyse, cure à base d’obsidienne, quelques éléments m’ont fait tiquer, mais qu’est-ce par rapport à l’apport de cette oeuvre ?]
• Un article du 15 avril 2023 dans Le Monde signé du Juge Édouard Durand qui a présidé la CIIVISE 1. Tout ce que j’ai lu ou entendu de cette personne, concernant l’inceste, est remarquable de clarté, de fermeté et d’humanité. Dans cet article, il explique que la médiation entre un agresseur et une victime dessert souvent la victime, car les agresseurs excellent dans l’art de se faire passer pour autres, et que les victimes sont déstabilisées par le fait d’échanger avec leurs agresseurs. OK pour discuter, mais l’agresseur échange avec un·e professionnel·le d’un côté, et la victime fait de même de son côté. Bien souvent, la médiation est une nouvelle violence. Si je résume son propos tel que je l’ai compris : pas de médiation quand il y a violence. Cela s’appelle « Violences sexuelles : « Suffit-il de quelques échanges pour restaurer l’humanité commune ? ». Ici.
• « L’impact psychotraumatique des violences sur les enfants : la mémoire traumatique à l’œuvre » de Muriel Salmona, paru dans La revue de santé scolaire & universitaire, Janvier-Février 2013, n° 19, pp. 21–25. Elle explique pourquoi il faut parfois plusieurs dizaines d’années pour qu’une victime prenne conscience des violences incestuelles ou incestueuses qu’elle a subies. Elle explique aussi ce qui peut se jouer quand, bien des années après, le trauma est réactivé par des situations qui s’en rapprochent, situations qui peuvent paraître comme anodine pour quelqu’un·e d’extérieur. Là.
• « Quand on te fait du mal », livret co-écrit par Muriel Salmona et Sokhna Fall, et illustré par Claude Ponti (2022), à destination des enfants de la maternelle au CE2. Il permet de mieux comprendre ce qui se joue dans la tête d’enfants qui ont vécu ou qui vivent des violences. Le livret leur demande à un moment de trouver une personne ressource à qui il pourrait se confier. Il est distribué gratuitement par l’association Mémoire traumatique et victimologie, et il est téléchargeable ici-même.
• « En bon père de famille » de Rose Lamy, sur tous les processus qui font qu’on ne parle que très difficilement des violences intra-familiales, car après tout, chacun·e y ferait comme il/elle veut… Alors que non : le respect de chacun est précieux, même dans le huit-clos familial.
Mon bon ami ajoute ceci :
Sur le même thème, ils m’ont été conseillés mais je ne les ai pas encore lus
- Le berceau des dominations – Anthropologie de l’inceste, de Dorothée Dussy (2013), réédité en 2021 chez Pocket.
- La Familia grande, de Camille Kouchner (2021), au Seuil.
- La fabrique des pervers, de Sophie Chauveau (2016), chez Gallimard.
- Le consentement, de Vanessa Sprigora (2020), chez Grasset.
Et quelques conseils pour essayer d’avancer et de s’en sortir :
- Former les jeunes générations, par exemple avec l’épisode 42 d’un podcast à soi de Charlotte Bienaimé intitulé Autodéfense des enfants et qui parle du programme CAP en téléchargement ici, ou ci-dessous).
- Parler quand on s’en sent capable, ne pas rester seul·e avec ces problèmes, et se tourner vers des associations ressources.
- Dans ces familles bancales, l’incesteur·euse a des comportements déviants : il voit l’autre comme un simple objet dont il peut disposer. Quand quelqu’un·e commence à dénoncer ces violences dans la famille, voici les réponses habituelles qu’on peut s’attendre à le voir utiliser pour se défendre.
- La manipulation : il/elle va arranger les faits ou s’arranger avec des personnes pour masquer ou atténuer la violence dont il/elle seul·e est responsable.
- L’intimidation : il/elle va chercher à faire peur à la personne qui parle.
- Le narcissisme : il/elle va chercher à se faire briller, en utilisant les bénéfices de comportements qui sont mis en place par d’autres, et par exemple se ré-approprier les attitudes positives associées à la victime.
- La victimisation : il/elle va se faire passer pour la victime de l’histoire, ou dire qu’il/elle ne comprend pas pourquoi il/elle est accusé·e.
Dans un article de Brigitte Moltrechet (que l’on entend dans 20 000 Lieues sous ma chair, épisode 1, cf. ci-dessous) et ses collègues, Climat incestuel : proposition d’objectivation des critères de définition à partir de jeunes orientés en institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP), paru dans Neuropsychiatrie de l’Enfance et de l’Adolescence en 2019 (ici), une liste de 12 items a été produite. Je ne sais pas s’ils tiennent tous solidement la route scientifiquement, mais ils m’ont été très utiles. Les voici :
- Item 1 : Enfant qui dort dans la chambre parentale
- Item 2 : Proximité physique excessive
- Item 3 : Attention excessive au corps du jeune
- Item 4 : Promiscuité parents-enfants
- Item 5 : Non respect d’un lieu intime pour la toilette
- Item 6 : Non autorisation à penser par soi-même
- Item 7 : Confidence sur la vie sexuelle et affective
- Item 8 : Attention excessive à la sexualité du jeune
- Item 9 : Confusion des places
- Item 10 : Exhibition
- Item 11 : Sexualité par procuration
- Item 12 : Intrusion dans l’intimité
Compléments de Richard
Effectivement, ces critères sont assez spongieux, et fleurent bon l’héritage freudien. Le problème, c’est que la littérature en français sur le sujet est très psychanalytique. Les ressources plus solides sont malheureusement en anglais, on m’indique par exemple :
- Antons, S., Brand, M. Diagnostic and Classification Considerations Related to Compulsive Sexual Behavior Disorder and Problematic Pornography Use. Curr Addict Rep 8, 452–457 (2021). https://doi.org/10.1007/s40429-021–00383‑7 (là)
- Swaminath S, Simons RM, Hatwan ML. Understanding Pedophilia : A Theoretical Framework on the Development of Sexual Penchants. J Child Sex Abus. 2023 Jul-Dec;32(6):732–748. doi : 10.1080/10538712.2023.2236602. Epub 2023 Jul 18. PMID : 37463124. Je n’ai pas encore l’article au complet, je le demande aux auteurices, mais il y a une revue de l’article ici.
En termes d’associations, on m’a parlé
- du réseau CAP (dont parle « un podcast à soi »)
- de l’association BOUCAN, à Alès,
- de SOS inceste, à Grenoble.
- Ancrage, asso d’autodéfense féministe, à Grenoble aussi (et ailleurs je crois)
J’ajoute pour ma part un livre
- Purulence, d’Amoreena Winkler, Ego comme X (2009) (sur un contexte très particulier, celui de la dérive sectaire des Enfants de Dieu). Attention c’est très très très dur. J’en avais fait un article là.
- Une internaute ajoute L’inceste, de Christine Angot (1999). Ca me fait penser derechef à l’épisode de Mansplaining, de Thomas Messias, intitulé « Il est temps que nous écoutions Christine Angot nous parler de l’inceste » (Slate, 2024, ici) et qui parle aussi de ce documentaire de 2024 « Une famille » (je n’ai ni lu l’un ni vu l’autre).
- On nous glisse l’existence du livret du juge Édouard Durand 160000 enfants, violences sexuelles et déni social, Collection Tracts (n° 54), Gallimard (fév. 2024).
Des films
- Festen, de Thomas Vinterberg (1998) (attention la gifle)
- Seul contre tous, de Gaspar Noé (1998) (attention, un des pires films que j’ai vu – et j’en ai vu des sordides. Il y a un court-métrage qui le précède, qui s’appelle Carne, 1991)
- Incendies, de Denis Villeneuve (2010) (magnifique mais pas joyeux du tout non plus, vous êtes prévenu·e).
Et quelques podcasts
- TDI : survivre aux violences dans l’enfance, avec Maïlé Onfray, dans Méta de choc (très très dur !)
- L’inceste (4 épisodes), de Johanna Bedeau, dans LSD, la série documentaire, France Culture.
- Inceste : entendre la parole des victimes pour repenser l’éducation, l’ordre social, la justice, dans Être et avoir, France Culture.
- Inceste et pédocriminalité, la loi du silence (#24), dans Un podcast à soi, Arte Radio, déjà cité.
- Les Cris, série documentaire d’Alexandre Mognol, Atelier Frissonne.
- Juger l’inceste, dans Esprit de justice, France Culture, par Antoine Garapon.
- Qui sont les incesteurs ? Dans Les couilles sur la table #71, par Victoire Tuaillon avec Dorothée Dussy comme invitée.
- On m’indique Silence Radio : Inceste et silenciation familiale (2 épisodes), sur Arte Radio, mais je ne l’ai pas encore écouté.
- 20 000 lieues sous ma chair, de Caroline Pothier, dans Le coeur sur la table (2024).
- Annabelle Lion m’indique les ressources en direction des enfants de Mai Lan Chapiron, à voir ici et là : Le loup. Je viens de le lire, c’est explicite, je vais le tester sur mes mômes.
- Et j’ajoute ce bouleversant témoignage d’Anaïs Watterson, Un chemin étroit taillé dans la falaise, les phobies d’impulsion.
Merci à Myriam Prévost, Maïa X, Lætitia Guillaume, Annabelle Lion et autres contributeurices anonymes pour les ajouts de références.
Bonjour, je recommande aussi le livre « L’inceste » de Christine Angot
je le mets. Merci !
Bonjour Richard, j’ajoute le dernier podcast du coeur sur la table, 20 000 lieues sous ma chair https://www.binge.audio/podcast/le-coeur-sur-la-table/20–000-lieues-sous-ma-chair-par-caroline-pothier et les ressources en direction des enfants de Mai Lan Chapiron => https://www.oveo.org/les-violences-sexuelles-expliquees-aux-enfants-outil-de-prevention-le-loup/ et https://www.leloup.org/
Le film de Jeanne Herry (pas vu) qui parle de justice restaurative. « Nassim, Issa, et Thomas, condamnés pour vols avec violence, Grégoire, Nawelle et Sabine, victimes de homejacking, de braquages et de vol à l’arraché, mais aussi Chloé, victime de viols incestueux, s’engagent tous dans des mesures de Justice Restaurative. » https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=299938.html
Même si j’entends vos réserves quand à la psychanalyse, je crois qu’il est indispensable de lire le livre très simplement titré : « l’inceste » de Bruno Clavier.
Il y décrypte très clairement tous les mécanismes sous jacents, la puissance du déni et de l’amnésie et forcément l’incompréhension à admette l’inceste.
Il fait d’ailleurs une analyse critique de la théorie psychanalytique dont il démontre la construction sur le déni par Freud des violences sexuelles subies par son propre père et l’impact de ce refoulé sur les theorisations qu’il a formulé ensuite, ce qui me semble un travail de remise en cause courageux de sa part.
Il développe dans le livre suivant : « ils ne savaient pas : pourquoi la psy a négligé les violences sexuelles ».
Bien sûr je suis partial, mais je pense que son travail est une vraie contribution sur le sujet dans la sphère psy actuelle.
merci à vous. J’espère avoir le temps d’aller compulser ça !
(mais je précise quand même que la psychanalyse freudienne, ce ne sont pas des « réserves » que j’ai : c’est une théorie factuellement obsolète. Exposé le plus concis sur le sujet, chez Méta de Choc, Jacques Van Rillaer). Amicalement